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Les situations de harcèlement scolaire aboutissent à une souffrance importante pouvant conduire dans de nombreux cas à la déscolarisation, voire au suicide.

Harcèlement scolaire : les enfants handicapés victimes de leur vulnérabilité physique

Le 5 novembre est la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. Environ un enfant sur dix en serait victime durant sa scolarité. Les enfants en situation de handicap n’échappent pas aux moqueries, aux regards insistants et aux humiliations. Des initiatives se multiplient pour améliorer la prise en charge de la souffrance morale de ces jeunes.

« Lorsqu’on est porteur d’une différence physique, vouloir changer le regard de 7,6 milliards d’individus m’a toujours semblé utopique. Apprendre à savoir réagir au regard intrusif qu’on pose sur ma particularité physique me parait plus accessible et bénéfique. Apprendre à guider le regard et la curiosité des autres en faisant respecter sa dignité est essentiel pour ces enfants. » Médecin généraliste et présidente de l’association ANNA, le Dr Béatrice de Reviers sait ce que peuvent subir les enfants porteurs d’un naevus géant congénital.

Créée en 2016,  l’association ANNA soutient et propose des outils aux personnes atteintes d’un handicap esthétique congénital. Notamment des ateliers pédagogiques de sensibilisation pour les scolaires. Car, les praticiens le constatent : les enfants porteurs d’une malformation (fente labio-palatine par exemple) ou d’une vulnérabilité esthétique (malformations cervico-faciales, naevus géant congénital) sont de plus en plus victimes de situation de harcèlement scolaire.

Accompagner la prise en charge médicale d’une réponse sociale

Or, la prise en charge médico-chirurgicale de ces enfants ne doit pas se réduire à des gestes techniques de réparation chirurgicale. Elle doit aussi veiller à ce qu’ils puissent être intégrés dans leur milieu social, leur famille, leur école. Et, ultérieurement, dans leur milieu socioprofessionnel.

C’est pourquoi la Fondation APICIL a décidé de soutenir un projet coordonné par le Dr Isabelle James, chirurgien pédiatre à la Clinique du Val d’Ouest d’Ecully (69). Il consiste à accompagner ces jeunes patients en partenariat avec Chagrin Scolaire, spécialisée dans les souffrances scolaires et l’association ANNA.

Des ateliers pour apprendre à répondre aux harceleurs

Le projet est important car les situations de harcèlement scolaire aboutissent à une souffrance importante des enfants et des familles pouvant conduire à la déscolarisation, voire au suicide. Objectif de ce programme ? Aider à répliquer aux harceleurs grâce à des stratégies de contournement.

Des ateliers ”anti-harcèlement” ont été mis en place pour apaiser la souffrance de ces enfants. Et les troubles relationnels et sociaux générés par le harcèlement scolaire qu’ils subissent. L’objectif est d’obtenir une bonne connaissance de leur pathologie, l’amélioration de leur estime de soi et une meilleure intégration scolaire.  Mieux armés grâce des techniques de communication et des jeux de rôles, les enfants peuvent davantage s’affirmer. Désamorcées, les ”bombes verbales” ont moins de chance de blesser durablement.

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A propos de Claudine Colozzi

Claudine Colozzi
Journaliste société - culture, mettant en valeur des femmes et des hommes au parcours inspirant.

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