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Trouver un emploi qui corresponde à ses aspirations et ses capacités : un défi bien souvent difficile quand on est jeune et en situation de handicap.

SEEPH 2020 – Jeunes, handicap et emploi : l’équation à multiples inconnues

La jeunesse en situation de handicap est-elle doublement en difficulté au regard de l’emploi ? Mardi 17 novembre, APF France handicap organisait avec les Actualités sociales hebdomadaires, un webinaire sur le sujet. Et dégageait quelques pistes pour aider ces jeunes à trouver leur place dans le monde du travail.

Pas facile d’être jeune en 2020. Encore moins lorsqu’on est en situation de handicap et qu’on veut travailler. Océane Michel, 23 ans, peut en témoigner. « On a fini par me dire qu’il valait mieux que je reste chez moi, dit-elle. Avec un handicap lourd, on vous soupçonne toujours de déficience intellectuelle. Du coup, on vous infantilise et on vous maintient dans l’assistanat. »

Avec un handicap invisible, Adelina Bouilly, 24 ans, a eu plus de chance. Mais des difficultés néanmoins, lorsque diplômée, elle a cherché du travail. Les offres adaptées, elle ne les doit, en effet, qu’à la rencontre avec un conseiller Pôle emploi lui même en situation de handicap invisible.

Frapper à la bonne porte

Selon Marie-Pierre Toubhans, coordinatrice du collectif Droit au savoir, ces problèmes renvoient à la capacité du système éducatif à répondre à la singularité et à la diversité. « Il existe des passerelles, des écoles de la seconde chance, dit-elle. Mais ces dispositifs ne sont pas toujours visibles et varient selon les territoires. » Pas simple, donc, de frapper à la bonne porte.

Comme celle de la Plateforme Appui Conseil, qui, en Isère, a accompagné la scolarité de Mathis Rouveure. À 19 ans, après un CAP, le jeune homme est actuellement en apprentissage. La force de la plateforme, selon Éric Burdin, son directeur adjoint, ce sont ses équipes pluridisciplinaires qui partent des capacités des jeunes et s’attachent très vite à « mettre en place les moyens de compensation ». C’est aussi un réseau de 350 employeurs handi-accueillants : entreprises privées, associations, Ésat, etc.

Partir des capacités et répondre aux besoins

Partir des capacités, donc, mais aussi des besoins. Pour structurer sa future plateforme ressources, la direction régionale Hauts-de-France-Picardie d’APF France handicap a ainsi interrogé 66 jeunes. Et souvent, ces derniers ont exprimé le souhait de rencontrer un adulte qui travaillait avec le même handicap qu’eux. « Si leur niveau de qualification est souvent faible, ils veulent avancer et faire valoir leurs compétences », explique Samuel Carvin, chargé de mission.

Et pourquoi pas leurs talents, comme l’illustrait à travers l’exemple de Myriam, Jacques Dangleterre, de Convergence 93, le réseau des missions locales de Seine Saint-Denis. Dans ce département, a été mis en place un accompagnement renforcé d’un an à destination des jeunes en situation de handicap sortis du système scolaire. Myriam, qui en a bénéficié, suit aujourd’hui une formation d’agent d’accueil. Mais elle aime aussi dessiner et s’est révélée douée pour les imitations.

Dernière piste évoquée au cours de ce webinaire, celle des CDD Tremplin, mis en œuvre notamment par APF Entreprises. Une réponse concrète vers l’emploi en milieu ordinaire.

A propos de Corinne Manoury

Corinne Manoury
Journaliste action sociale, handicap et nouvelles technologies.

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