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En Irlande, les médecins appellent à vacciner les personnes obèses en raison de risques accrus d'hospitalisation et de mortalité.

L’obésité, oubliée de la vaccination prioritaire

Nombreuses à développer des formes graves de Covid-19 et à en mourir, les personnes atteintes d’obésité devront pourtant attendre pour se faire vacciner. La Ligue contre l’obésité interpelle le gouvernement sur cette inégalité de traitement.

Les messages ont souvent la même tonalité anxieuse. « J’ai 35 ans et je suis en obésité sévère. Je ne comprends pas à partir de quand je pourrai me faire vacciner », écrit Marie à la Ligue contre l’obésité. Tandis qu’Anaïs, 30 ans, note : « Le 14 janvier, il a été annoncé que les personnes avec des pathologies pourront se faire vacciner, mais je ne vois nulle part les personnes en situation d’obésité. »

La raison de cette absence ? L’obésité n’a pas été retenue comme facteur de risque justifiant une vaccination prioritaire. Une mise à l’écart qui fait bondir la Ligue contre l’obésité.

Record d’hospitalisations et de décès

« Pourquoi, dans son inventaire pathologique, le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale ne se soucie guère des sept millions de Français atteints de la maladie chronique la plus répandue en France ? », demande-t-elle dans un communiqué publié le 18 janvier. Ajoutant pourtant, chiffres à l’appui, que « les personnes souffrant d’obésité détiennent le triste record des hospitalisations et des décès ».

Le 11 janvier, le ministère de la Santé a en effet reconnu que 47 % des patients infectés entrant en réanimation sont en situation d’obésité, indépendamment de l’âge, de l’hypertension artérielle et du diabète. Tandis que le 14 janvier, Santé Publique France, notait que l’obésité concernait 40 % des personnes décédées.

Une vulnérabilité à géométrie variable

« L’obésité est reconnue comme maladie par l’OMS depuis 1997. Mais elle ne l’est toujours pas en France et l’Assurance maladie ne la prend pas en charge », explique Philippe Palat, porte-parole de la Ligue contre l’obésité.

Résultat : la vulnérabilité des personnes obèses, mentionnée au début de la pandémie par le président de la République, a souvent vacillé. Comme pour les mesures d’isolement et de chômage partiel. Les personnes obèses en ont été privées plusieurs mois.

Pour la Ligue contre l’obésité, il est donc impensable que cette pathologie soit « la grande méprisée de la campagne de vaccination anti-Covid ». À l’heure actuelle, une personne de 50 ans en situation d’obésité ne pourrait être vaccinée avant une personne bien portante du même âge. Soit dans la phase 3 de la campagne.

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A propos de Corinne Manoury

Corinne Manoury
Journaliste action sociale, handicap et nouvelles technologies.

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2 commentaire

  1. Avatar

    Parce que les spécialistes du conseil scientifique n’ont pas de personnes obèses parmi leurs patients et n’y ont pas pensé, comme pour les BPCO sous oxygène parce qu’il n’y a pas de pneumologue au conseil scientifique !!

    On marche sur la tête !!

  2. Avatar

    Je souffre d obésité morbide et je n ai plus de vie depuis mars …en tele travail je ne sors quasiment jamais etce vaccin est ma seule chance dun retour à une vie normale …pouvoir retourner chez le kiné faire un tour dans un magasin voir des amis et surtout cesser de me sentir en danger même chez moi car mes enfants adultes vivent chez moi et doivent travailler

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