À quand la vaccination pour les personnes déficientes intellectuelles ? 

Publié le 12 mars 2021 par Franck Seuret

Les personnes avec des déficiences intellectuelles font partie des catégories les plus à risque de mourir du Covid-19. Mais elles n’ont pas encore le droit à la vaccination… sauf si elles vivent en Mas ou en Fam.

Les publics éligibles à la vaccination s’élargissent progressivement… Mais les personnes porteuses de déficiences intellectuelles ne sont toujours pas concernées. Pourtant, l’étude Epi-phare, publiée le 8 février, a montré qu’elles présentent sept fois plus de risques de décéder du Covid-19 que l’ensemble de la population.

Un vaccin pour les autres mais pas pour elles

Plus étonnant encore, parmi les sept catégories de patients les plus vulnérables identifiées dans cette étude, que ce soit pour le risque d’hospitalisation ou de décès, c’est la seule à ne pas encore avoir accès à la vaccination !

Source : Maladies chroniques, états de santé et risque d’hospitalisation et de décès hospitalier pour COVID-19 lors de la première vague de l’épidémie en France : Étude de cohorte de 66 millions de personnes. Réalisée par Epi-phare, groupement d’intérêt scientifique créé par l’Assurance maladie et l’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm).

Pas de vaccin dans les foyers de vie, les Ime ou à domicile

Certes, depuis début février, les résidents des Foyers d’accueil médicalisé (Fam) et des Maisons d’accueil spécialisées (Mas) bénéficient d’un programme de vaccination. Les personnes porteuses de déficiences intellectuelles y sont donc vaccinées. Comme les autres.

Mais celles qui vivent en foyer non médicalisé ou en institut médico-éducatif n’y ont pas accès. Ni celles vivant à domicile. À moins qu’elles soient âgées de 50 ans à 74 ans et atteintes de comorbidités, comme l’ensemble des Français.

La Haute autorité de santé alertée

« Depuis la publication de l’étude Épi-phare, nous demandons à Sophie Cluzel d’ouvrir la vaccination à toutes les personnes ayant des déficiences intellectuelles. Quel que soit leur lieu de vie », précise le docteur Christian Biotteau, administrateur de l’Unapei.

Lundi 8 mars, l’association Toupi a alerté la Haute autorité de santé. Elle lui demande de préconiser l’inclusion de la déficience intellectuelle dans la liste des pathologies à très haut risque. Ce qui donnerait accès au vaccin à ces personnes extrêmement vulnérables.

Mas et Fam : un peu moins d’un résident sur deux vacciné

Selon Sophie Cluzel, 24 600 résidents de Mas et Fam ont au moins reçu leur première dose de vaccin. Soit 46 % des 53 000 personnes y vivant.

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