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Neurone exprimant la protéine huntingtine mutée (en rouge), à l’origine de la maladie de Huntington. Sa mutation la rend dysfonctionnelle et fait qu’elle s’accumule dans le noyau (bleu) du neurone pour former un agrégat (tache jaune/blanche). © Frédéric Saudou.

Maladie de Huntington : protéger les neurones du cerveau

Nouvel espoir dans le traitement de la maladie de Huntington. Une molécule protégeant le cerveau de la mort neuronale est en cours d’évaluation préclinique. Cette piste thérapeutique pourrait être proposée aux patients dans les années à venir.

Pathologie héréditaire, la maladie de Huntington se caractérise par la destruction des neurones dans plusieurs régions cérébrales. Par quel mécanisme ? En réduisant le transport dans le cerveau d’un facteur de croissance neuronal appelé BDNF (1). Son rôle est fondamental car il « nourrit » nos neurones. Plus précisément, il les aide à survivre et à ce qu’ils se connectent bien entre eux.

Avec une faible quantité de BDNF arrivant dans le cerveau (sous le seuil normal), une partie des neurones va mourir. Conséquence chez l’homme : une dégénérescence neuronale qui touche les fonctions motrices, cognitives et psychiatriques.

Une molécule pour favoriser la croissance de neurones

Pour corriger cette anomalie, des chercheurs français (2) ont travaillé à restaurer la bonne circulation du BDNF. Chose faite grâce à une molécule appelée ML348, capable de rétablir expérimentalement le bon transport du facteur de croissance des neurones. Cette stratégie s’est révélée payante aussi en dehors des éprouvettes.

En effet, l’injection de ML348 chez un modèle animal (souris) atteint de la maladie de Huntington a permis de réduire les symptômes. « La molécule ML348 a réduit les troubles comportementaux moteurs et psychiques, permettant aux animaux de retrouver une activité proche des souris normales non-malades », explique le professeur Frédéric Saudou, un des auteurs de l’étude.

Vers la fin de leur dégénérescence ?

Si le chemin à parcourir est long avant d’en faire un médicament pour l’Homme, plusieurs indicateurs sont encourageants. Dont le fait que cette molécule ait la même incidence sur les neurones humains que sur ceux de souris. Reste à évaluer le comportement de la molécule dans l’organisme, sa sécurité d’emploi, ou encore les doses efficaces.

Mais si ces résultats se confirment, ML348 pourrait devenir le premier traitement neuroprotecteur contre la maladie de Huntington, épargnant certains neurones de la dégénérescence. Avec peut-être à la clé un ralentissement de la progression de la maladie.

Pas de guérison possible à ce jour

Pour rappel, la maladie de Huntington tire son origine d’une mutation d’une protéine du transport cellulaire, la huntingtine. Elle débute habituellement entre 30 et 50 ans. Bien que rare, la maladie de Huntington concerne en France environ 18 000 personnes (porteuses du gène muté), dont 6 000 sont malades. Les 12 000 autres seront touchées dans les années qui viennent. Si les traitements actuels soulagent certains troubles ou ralentissent la maladie, ils ne modifient malheureusement pas son cours.

(1) Facteur neurotrophique issu du cerveau (acronyme anglais de Brain-Derived Neurotrophic Factor).
(2) Collaboration entre équipes de l’Inserm, de l’Institut de neurosciences de Grenoble (Université de Grenoble Alpes), du CEA et du CNRS.

 

 

 

A propos de Olivier Clot-Faybesse

Journaliste aides techniques, sciences, santé et recherche.

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