La salle de change ou des toilettes pour tous

Publié le 20 avril 2021 par Corinne Manoury

Le concept est désormais bien connu des Britanniques. Ils ont 1 500 salles de change sur leur territoire. Ces espaces, qui combinent toilettes et vestiaire pour les personnes ayant un handicap lourd, n’existent pas en France. Plus pour longtemps ! À Nancy comme à Arras, les salles de change ont été proposées au budget participatif. Et ont été choisies par les habitants.

Lundi 19 avril, le conseil municipal de Nancy a inscrit la création d’une salle de change à son budget. Elle devrait voir le jour au second semestre 2021. Le temps de décider où la salle doit être implantée, pour répondre le plus largement aux besoins des personnes amenées à l’utiliser. Elle est l’un des 25 projets retenus par les Nancéiens, appelés à se prononcer pour la première fois sur un budget participatif de 800 000 euros.

Cependant, à Nancy, comme partout ailleurs dans l’Hexagone, très peu de personnes connaissent ce concept développé outre-Manche. Hélène Havage, la Nancéienne qui l’a proposé, l’a elle-même découvert, il y a seulement trois ans, au cours d’un déplacement professionnel. Elle travaille, en effet, pour une entreprise lorraine spécialisée dans la vente de matériel médical et de maintien à domicile. « Ça m’a interpellée de voir qu’en Angleterre, il y avait déjà 1 500 salles de change, et rien ici ! » dit-elle.

Gros problème de toilettes et pas de solution

Avec un collègue, elle réfléchit alors à une salle de change “made in France”, prend contact avec des associations, des parents… Ce sont ces derniers qui, le plus massivement, confirmeront qu’il y a « un gros problème, mais pas de solution » avec les toilettes à l’extérieur.

Sonia Allaoui est l’une d’entre elles. Cette habitante d’Arras, dans le Pas-de-Calais, est la maman de Liam, un garçon polyhandicapé de 11 ans. Elle aime les sorties au musée, voyager… Et n’entend pas s’en priver. Pourtant, elle galère depuis longtemps pour changer son fils. « Dans le coffre de ma voiture ou par terre, ce n’est confortable ni pour lui ni pour moi », déplore-t-elle. À Arras, elle a donc également proposé la salle de change au budget participatif. Elle a aussi contacté le Louvre-Lens et l’aéroport de Lille.

Un équipement approprié : lève-personne, table de change…

©Handiroom

La salle de change est, en effet, adaptée aux personnes qui portent des protections urinaires comme à celles qui ne peuvent pas se transférer seules sur les toilettes. Cet espace de 12 m², au lieu de 3 m² pour des  toilettes PMR, peut accueillir un utilisateur et jusqu’à deux accompagnants. Il dispose, entre autres, d’un lève-personne, d’une table de change, d’un lavabo réglable en hauteur.

« Tout le monde n’a pas forcément besoin des mêmes équipements. L’idée est donc que partout où l’on implante les salles de change, les personnes concernées soient impliquées. Pour trouver la meilleure configuration », explique Hélène Havage. Handiroom a néanmoins été élaboré comme un projet clé en main, avec éventuellement une formation des personnes à l’utilisation et un contrat de maintenance.

Rêvons un peu et imaginons donc que demain, il y ait des salles de change partout, en ville, à l’hôpital, à la piscine, dans les centres commerciaux… Les habitants de Nancy et Arras ont posé les premières pierres pour que ce rêve devienne réalité.

Comment 4 commentaires

J’ai fait un rêve. ….. enfin, il commence à se réaliser pour certains.
Quel bonheur et reprise de dignité, de liberté pour les PME lourdement handicapés.

Un ensemble complet peut couter A.P.P combien?Est-il possible d’avoir les prix approximatifs des différents éléments constitutifs de cet ensemble.Mon épouse est hemiplégique depuis 22ans .Moi mème a presque 75ans je cherche des adaptations pour me faciliter le quotidien.Merci d,avance pour une réponse rapide Mr GENTNER Bernard

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