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À Vitry-sur-Orne, en Moselle, plusieurs lieux publics ont été mis en accessibilité, à commencer par la mairie avec sa rampe d’accès. © Élise Descamps

#MarchesAttaque : quand une petite commune joue le jeu

Trop compliqué, trop cher, trop peu demandé… Des excuses habituelles pour ne pas mener les travaux d’accessibilité, même s’ils sont obligatoires, des établissements recevant du public ou encore de la voirie. Et si l’on partait dans une commune qui estime que c’est compliqué mais possible, plus cher mais justifié, peu demandé mais légitime ? En cette semaine d’opération #MarchesAttaque à l’initiative d’APF France handicap, direction Vitry-sur-Orne, en Moselle, 3 000 habitants.

Une rampe d’accès à la mairie au début des années 2000. Une autre à l’église il y a cinq ans. Un ascenseur pour la bibliothèque à la même date. La cour de l’école mise à niveau, il y a trois ans, par ajout de trois centimètres de macadam partout. Des W.-C. accessibles, un comptoir abaissé, le changement de toutes les portes, des luminaires sur télédétection au centre socioculturel en 2019. D’autres toilettes à la mairie la même année. Mais aussi des rampes au périscolaire, de la signalétique adaptée… Le village de Vitry-sur-Orne, à 25 km de Metz, n’a pas attendu la loi de 2005 pour penser accessibilité. Et les améliorations se poursuivent au fur et à mesure.

« Une partie du mérite revient à la loi, qui définit tout précisément, car cela ne tombe pas toujours sous le sens si on n’est pas soi-même en difficulté, même si j’y suis sensible, notamment du fait que j’étais travailleur social », commente le maire, Luc Corradi. Il le reconnaît « la présence au conseil municipal de Suzanne Barbenson, en fauteuil, a aidé ». Une élue qui est aussi représentante départementale de l’association APF France handicap.

« Un effort considérable »

Parmi les investissements à venir : la mise en accessibilité du gymnase et des vestiaires et deux rues dont le trottoir est aujourd’hui trop étroit pour les fauteuils électriques, obligeant les intéressés à se déplacer sur la route. Ou encore quelques corrections de “loupés”, comme les nouvelles tables de postes informatiques à la bibliothèque, pas assez larges.

Quant aux transports à la demande, inexistants dans ce secteur rural, ils devront être discutés dans le cadre de l’intercommunalité. Il n’empêche, « la commune a fait un effort considérable, beaucoup plus que certaines communes bien plus importantes », salue Suzanne Barbenson.

Trottoirs abaissés et élargis pour une meilleure circulation des personnes en situation de handicap. © Élise Descamps

 

« Une question humaine et philosophique »

Font partie des sujets de satisfaction : les W.-C. du centre socioculturel. La Rolls-Royce des toilettes, avec un dégagement à gauche, à droite, et devant, pour s’adapter aux possibilités de transfert de tous, une cuvette pas trop basse, un miroir pas trop haut… La note : 50 000 €. « C’est une question humaine et philosophique. Il faut savoir ce que l’on veut. Dans la vie tout est question de choix. Donc oui, le surcoût est globalement de 15 à 20 % pour tout, mais on étale en programmes pluriannuels », commente le maire.

Pouvoir choisir la vie au village

Certains travaux n’étant pas de la responsabilité municipale ont aussi été réalisés, comme le trottoir devant le Proxi Market. Luc Corradi le reconnaît « l’accessibilité n’est jamais dans les conversations dans le monde rural. Vouloir le faire n’est pas dans les automatismes ». Pourtant, il refuse de donner des leçons. « C’est aussi aux personnes de mener le lobbying, que les gens sachent demander, même si c’est un droit. » Pour Suzanne Barbenson, en tout cas, avoir le choix de son lieu de vie, pouvoir habiter son village natal, loin de la grande ville qui lui déplaît, est des plus précieux.

Semaine Action Mobilités Accessibilité du 26 au 30 avril

Pour rappeler que c’est en mettant tous les progrès bout à bout que le quotidien des personnes en situation de handicap peut changer, APF France handicap mène une semaine d’Action Mobilités Accessibilité du 26 au 30 avril. Initiatives sur tout le territoire. #MarchesAttaque

A propos de Elise Descamps

Journaliste société, un pied dans le Grand Est, le cœur au plus près de ceux qu’elle interroge.

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Un commentaire

  1. Jacques Fournié, Moselle

    Quand la ténacité des bénévoles arrive à permettre de belles réalisations ! Merci aux élus de cette petite commune qui croient au service d’un intérêt général bien pensé pour leurs administrés, et pour tous le monde ! « Quoi qu’il en coûte »… Merci à Suzanne, opiniâtre bénévole et présidente des APF en Moselle ! Et merci à Thierry, le professionnel de la bande, actif et efficace pour une mobilisation autour de #MarchesAttaque en Lorraine-Nord et Moselle. Via Moselle TV s’est aussi fait l’écho de cette campagne. Bravo. L’étape suivante : relayer l’exemple de Vitry-sur-Orne auprès des élus de nos intercommunalités ?

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