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En faisant appel à un assistant sexuel, tout un monde nouveau s'ouvre à Claudia, une jeune femme de 21 ans atteinte de spina-bifida. © B&B Film.

Because of My Body [Arte] : un documentaire à fleur de peau

Tourné en Italie, le documentaire Because of My Body, diffusé sur Arte mardi 2 mai, raconte l’initiation à la sensualité de Claudia, 21 ans, atteinte de spina-bifida. De séance en séance auprès de Marco, assistant sexuel, la jeune femme va partir à la découverte de sa sexualité.

Look gothique, maquillage outrancier, Claudia, 21 ans, est une jeune femme qui désespère de ne pas connaître la vie affective et sexuelle des jeunes femmes de son âge. La faute à son handicap, selon elle. Atteinte d’un spina-bifida, une malformation congénitale de la colonne vertébrale, cette jeune Italienne vivant dans les Abruzzes dépend de sa mère pour tous ses gestes de la vie quotidienne.

Pleine de vie, avide d’expériences, Claudia rêve de connaître l’amour. Et de perdre cette virginité qui lui fait honte. Elle fait appel à Marco, membre de l’association Love Giver, qui va l’accompagner dans la quête de son identité sexuelle et l’exploration de son corps.

Courageuse et émouvante Claudia

Diffusé sur Arte, le documentaire Because of My Body* fait donc le récit de la rencontre entre une jeune femme et un assistant sexuel qui va l’aider à partir à la conquête de la sensualité. Seule contrainte : ne pas tomber amoureux. Mais décide-t-on de l’irruption des sentiments ? Pudique, la caméra de Francesco Cannavà suit les séances entre Claudia et Marco. Au fil des jours, la jeune femme noue des liens avec Marco, puis comprend qu’elle doit s’en détacher. Aidée par l’assistant sexuel qui reste cantonné à son rôle, Claudia fait face à la vague d’émotions qui la submerge.

Lors de la première du film en Italie, Claudia a déclaré : « Les spectateurs doivent avoir le courage de voir ce film qui est puissant, parce que c’est mon expérience personnelle. » La plus courageuse est sans conteste cette jeune Italienne qui ose la mise à nu (au sens propre et figuré). Touchant en plein cœur, le documentaire jette un salutaire coup de projecteur sur la question si sensible  de l’assistance sexuelle.

* Documentaire de Francesco Cannavà. Diffusion mardi 4 mai à 00h05 sur Arte. À visionner aussi jusqu’au 31 juillet 2021 sur arte.fr

A propos de Claudine Colozzi

Journaliste société - culture, mettant en valeur des femmes et des hommes au parcours inspirant.

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6 commentaire

  1. Ce documentaire a été extrêmement intéressant touchant compliqué triste mais tellement intéressant devoir le travail de cet « assistant sexuel spécialisé », je connais pas sa formation en tout cas le type est admirable dans son approche et son aide
    à cette jeune fille.

  2. Émouvant et puissant. A voir absolument sans aucun voyeurisme

  3. Pas du tout d’accord…on ne sait pas très bien quel est le propos du film : parler de l’accompagnement sexuel ? de l’éducation à la sexualité ? Comment et pourquoi cette jeune fille qui a toutes ses facultés intellectuelles et beaucoup de capacités physiques (je parle en connaissance de cause) se retrouve t’elle dans un tel désarroi ? si isolée ? dans un habitat où elle doit se faire porter par sa mère ? Comment se fait-il qu’à 20 ans, alors qu’elle a toutes ses capacités, sa mère l’habille encore ? Comment se fait-il que cet « accompagnant » (qui est pas mal au demeurant) demande de parler en privé à sa mère sur la sexualité de sa fille ?
    La sexualité est une affaire intime et personnelle, elle ne se parle pas avec les parents !. Pour faire de l’éducation sur le sujet, je parle en connaissance de cause.
    La jeune fille crie son désespoir surtout de ne pas être intégrée, reconnue comme une jeune fille aimante, aimable dans son milieu social et regardée par ses pairs comme telle. Ce n’est pas un film sur la sexualité des « handicapés », parce qu’il n’y a pas UNE sexualité des « handicapés » ! C’est un film sur la désolation sociale !

    • Bonjour,

      Je me suis fait exactement la même réflexion !

      J’ai regardé plusieurs fois le documentaire, j’ai tout d’abord été happé par l’émotion en première intention. Puis je me suis mis du côté de Claudia, de Marco, puis de la mère et de sa sœur. J’ai ensuite écouté plusieurs interviews du réalisateur et de Claudia.
      Ce docu est pour moi un coup de maître en ce sens que j’ai ressenti la même émotion qu’avec La Vie d’Adèle…c’est dire qu’on est bien loin du handicap mais plus de l’initiation sexuelle et des premiers amours.

      Déjà, on voit sur youtube qu’avant la réalisation du documentaire, Claudia faisait des clips dès 2017, était en avant sur scène car elle chante avec des valides, nage et a une vie sociale (facebook/instagram). Elle est entourée, sa mère semble l’assister en permanence dans le documentaire. Je pense qu’elle doit la pousser aussi, et sa sœur semble beaucoup plus refermée, à l’écart, en souffrance (obésité).

      De plus, le réalisateur a lancé un casting parmi (de mémoire) 5 personnes porteuses d’un handicap et 8 assistants sexuels potentiels et volontaires dans le cadre de cette formation. C’est le réalisateur qui a choisi Claudia parce qu’elle passe super bien à l’image (et sait en jouer) et créé ce « couple » en espérant que ça match à l’écran ce qui a bien fonctionné pour lui.

      Claudia accepte son handicap, parle très facilement, beaucoup aussi…je pense que le problème vient peut-être de sa mère aussi qui est trop présente et l’empêche de se prendre en main alors qu’elle ne demande que ça. Pour moi, elle présente tous les problèmes qu’une adolescente de son âge sans aucun handicap et dans le désarroi peut avoir comme ne pas avoir de petit copain (ou pas les bons), pas assez d’amis, ne pas se sentir suffisamment entourée, automutilation, etc… Il faut une aide psychologique pour avancer, mais un assistant sexuel ??? A 21 ans, beaucoup de jeunes hommes et femmes valides sont vierges, ça peut aussi leur poser problème et il faut en parler ou se faire aider par un psychologue, mais de là à passer par un assistant sexuel…

      En final, je pense qu’elle a pu tomber amoureuse, comme tout un chacun, mais qu’elle a fait ça au départ pour se faire connaitre aux yeux du grand public beaucoup plus que pour réellement s’initier sexuellement. Je pense que sa famille qui a accepté les caméras a compris l’opportunité pour elle. Claudia est très intelligente, veut se faire connaitre, devenir une porte-parole des handicapés, faire des études, faire de la politique dans ses interviews, se mettre en avant et je pense qu’en final, ce film fera plus plaisir aux personnes valides qu’aux personnes ayant un handicap qui risquent de ne pas s’y reconnaitre car chaque situation est singulière, chaque handicap est particulier, chaque personne est différente et a un contexte différent.

      Bref, je suis mitigé. Mais si on ne se pose aucune question et on ne fait aucune recherche sur Claudia, ça fait illusion !

  4. Il me semble que les intentions du documentariste sont aux antipodes du texte de présentation du documentaire fait par ses diffuseurs.
    Les paroles de Marco en fin de programme « il te faut un autre type d’aide », « tu dois te confronter à tous les autres aspects d’une vie », « on ne construit pas une vie sur le seul aspect de la sexualité », l’effondrement moral de Claudia (filmée DEBOUT dans un coin de pièce nue de tout élément décoratif) dénoncent clairement pour moi la faiblesse – euphémisme poli – de la conception de ce programme d’assistance à la sexualité, totalement déconnecté des difficultés de relations sociales.
    Je perçois les paroles de conclusion du responsable de cette « assistance » à Claudia comme incantatoires, ridicules et son « maintenant vous allez ouvrir les yeux » comme une adresse astucieuse du réalisateur au public.
    Pour moi le pb n’est pas le docu, c’est ARTE, ce sont les critiques professionnels aveugles…

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