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Soixante équipes de collégiens et de lycéens de toute la France ont participé au concours Science Factor. © DR

Science Factor : quand collégiens et lycéens innovent pour le handicap

Remis le 26 mai, les prix Science Factor récompensent les idées d’innovation citoyennes portées par des collégiens et des lycéens. Parmi les 60 projets candidats, certains explorent des solutions pour les personnes en situation de handicap. Une balançoire motorisée ou une application de communication avec les personnes autistes en font partie. 

Un chausson antichute pour les seniors, une balançoire motorisée adaptée aux fauteuils roulants, une montre qui déclenche une musique quand celui ou celle qui la porte a des troubles du comportement… Depuis dix ans, le concours Science Factor invite collégiens et lycéens à plancher sur des innovations visant une forte utilité sociale.

Objectif : prendre conscience que la science peut transformer la société, et que les filles y ont toute leur place. Les prix ont été remis aux sept lauréats le 26 mai (il est possible de revoir la cérémonie). Cette année, parmi les 60 projets candidats figurent ainsi une dizaine de propositions dédiées aux personnes malentendantes, à la mobilité réduite, ayant des difficultés cognitives…

Former des équipes handivalides

Un prix spécial récompense les projets handinumériques. Et les organisateurs du concours incitent à la constitution d’équipes handivalides, quand une classe compte des élèves en situation de handicap ou par des partenariats avec des classes Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire). Ainsi 21 % des équipes sont handivalides. Parfois même, les projets poursuivent ces deux objectifs à la fois.

C’est le cas de la balançoire électrique imaginée par quatre élèves de 3e du Havre. « Je suis autiste et une autre élève du groupe était dyslexique et dysorthographique. Nous avons voulu travailler sur le handicap, mais pas le nôtre », raconte Alexis.

Les balançoires accessibles aux fauteuils roulants existaient déjà. Ils ont imaginé le petit plus qui fait la différence. Un moteur, permettant de se balancer en toute autonomie, après une simple pression sur un interrupteur. « Nous nous sommes documentés sur la réglementation en matière de sécurité, sur les normes d’accessibilité. C’est très intéressant », poursuit Alexis.

Réfléchir et créer pour aider

Autre projet du même collège : Autistic app (par l’équipe Autis’team). Cette application pour smartphone vise la communication avec des personnes autistes. « Erwan, dans notre classe, est autiste. Il ne parle pas beaucoup, ne va pas vers les autres. Nous avons réfléchi avec lui à ce qui pourrait l’aider », raconte Esnamur.

Grâce à un logiciel de création d’applications très simple, le groupe a pu créer une ébauche. « Erwan s’est impliqué. Nous avons mieux compris, par nos recherches, le fonctionnement de son cerveau, et nous nous parlons plus. Nous n’aurions pas pu faire cela sans lui », poursuit-elle. Ce projet a remporté, le 26 mai, le prix de la catégorie Handinumérique.

Associer les personnes concernées

Claudine Schmuck dirige Global Contact, cabinet d’études sur l’emploi et la formation des femmes et des jeunes dans les filières scientifiques, techniques, high-tech et innovation, qui organise le concours Science Factor avec plusieurs ministères.

« Les défis d’aujourd’hui gagneront à être relevés de manière inclusive », indique-t-elle. C’est-à-dire : avec les filles, les jeunes de réseaux d’éducation prioritaire (40 % des candidats au concours), ceux en situation de handicap. « Les solutions seront d’autant plus utiles qu’elles associent les personnes concernées. »

Cela nécessite un important travail d’impulsion. Tous les ans, les organisateurs du concours contactent de nombreuses classes Ulis pour les convaincre de participer.

Shalimao, un projet en cours de développement

L’objectif de Science Factor est de donner goût à la science, mais aussi de repérer et d’accompagner la concrétisation de projets utiles. Ainsi, Shalimao, lauréat du prix Handinumérique 2019, est en cours de développement avec Sopra Steria. Imaginée par des élèves de 4e, 3e et d’Ulis en REP+ à Roubaix, cette application vise à aider les élèves souffrant de dyspraxie – notamment, à se repérer et à se déplacer dans les établissements scolaires. Elle comprend une application de guidage, l’emploi du temps et les plans du collège, et bénéficie de l’accord de la rectrice de Lille.

 

A propos de Elise Descamps

Journaliste société, un pied dans le Grand Est, le cœur au plus près de ceux qu’elle interroge.

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Un commentaire

  1. Bagnol Christiane

    Ma question va vous paraitre idiote mais j’ai la sclérose en plaque et j’ai mes mains qui sont engourdies et je ne peux pas m’en servir comme je veux.Pour écrire un calvaire pour coudre je n’y arrive plus,l cuisine mon mari m’aide un peu mais c’est pour étendre le linge je n’arrive presque plus à les pincer alors si vous pouviez inventer un système plus pratique.Merci d’avance et excusez moi si je vous ai importuner!

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