Accueil > Santé > Sclérose en plaques : une nouvelle voie pour lutter contre la maladie ?
Un lymphocyte (en jaune) interagissant avec d’autres cellules de l’immunité © CIML/Inserm/CNRS/H. Lelouard

Sclérose en plaques : une nouvelle voie pour lutter contre la maladie ?

En activant les récepteurs de certains lymphocytes, les mécanismes auto-immuns associés à la sclérose en plaques peuvent être modulés. Avec comme bénéfice de proposer de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Utiliser le système immunitaire pour lutter contre… une maladie immunitaire ? C’est, en effet, la nouvelle piste thérapeutique envisagée pour combattre la sclérose en plaques (Sep). Dans cette maladie auto-immune chronique, un dysfonctionnement conduit les cellules de l’immunité à se retourner contre la myéline. Cette substance protectrice forme une gaine autour de nos fibres nerveuses. Les responsables de sa destruction sont des lymphocytes dits effecteurs. Ce sont donc eux qui, dans la Sep, génèrent une inflammation et déclenchent les symptômes des patients.

Une question d’équilibre entre lymphocytes

Pour réguler les processus inflammatoires, notre organisme fait appel à d’autres lymphocytes, des régulateurs, capables de moduler l’activité des lymphocytes effecteurs.

Afin de mieux comprendre ce phénomène de régulation, une équipe française de l’Inserm, dirigée par Benoît Salomon, a essayé d’en préciser les mécanismes. Elle a observé que dans le système nerveux central, l’action protectrice des lymphocytes régulateurs augmente en présence d’une protéine inflammatoire appelée TNF.

Une molécule pour deux récepteurs

Ce facteur TNF n’est pas un inconnu. Il est impliqué dans plusieurs autres maladies auto-immunes. Pourtant, bloquer le TNF est contre-indiqué dans la Sep car cela peut en aggraver les symptômes.

Comment expliquer une telle contradiction ? « Le TNF aurait un rôle pro ou anti-inflammatoire selon le contexte, précise Benoît Salomon. Cela peut s’expliquer par l’existence de deux types de récepteurs du TNF sur les cellules immunitaires : TNFR1, médiateur de l’inflammation, et TNFR2, un régulateur. »

Justement, les chercheurs de l’Inserm ont démontré, dans le modèle animal, que les cellules régulatrices déficientes pour le TNFR2 perdent une partie de leur capacité à contrôler la maladie. Ainsi, souligne le scientifique : « Leur rôle semble donc primordial lors de la seconde phase de la maladie, celle où les symptômes sont présents. »

Vers le développement de nouveaux traitements dans la Sep ?

Enfin, et c’est là le plus important, les chercheurs ont montré qu’il est possible expérimentalement d’atténuer les symptômes de la maladie grâce à l’administration d’une molécule activatrice des récepteurs TNFR2.

« On peut imaginer le développement de deux nouvelles familles de médicaments contre la Sep, suggère Benoît Salomon. Avec d’un côté, des anticorps capables de bloquer les récepteurs TNFR1, afin de limiter le phénomène inflammatoire. Et de l’autre, des anticorps qui activeraient les TNFR2, et donc la régulation de l’inflammation. »

Si les résultats le confirment, ces recherches pourraient aboutir à de nouvelles approches thérapeutiques.

A propos de Olivier Clot-Faybesse

Journaliste aides techniques, sciences, santé et recherche.

Lire aussi

Dessine-moi un visage [France 5] : quatre enfants en quête de leur identité

Diffusé mardi 15 juin, le documentaire Dessine-moi un visage* raconte l’histoire de Clara, Ninon, Gabriel …

Un commentaire

  1. collavet.sylvie@orange.fr

    ma sep a été diagnostiqué en décembre 1996 j’avais alors 29 ans
    Durant 2 ou 3 ans j’ai fais des poussées qui se résorbaient grâce à des bolus de cortisone. Comme je récupérais toujours totalement très bien mon neurologue m’a proposé l’interféron ! En mars 2000 je débutais le traitement à raison d’une piqure dans le haut des fesses que me faisait une infirmière tous les mardi entre 18 et 20h. J’ai très bien supporté le traitement pendant 9 ans. Puis en 2011 elle a évolué alors que ma sep avait la forme rémittente elle est désormais de forme secondaire progressive ! j’ai désormais une vessie qui ne se vide pas complètement alors je suis obligée de me sonder sur les toilettes. Je prends 3 cachets le matin et 4 le soir. Je ne me plains pas car je connais des personnes qui sont plus handicapé que moi.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial