Réparer le cerveau grâce au lysat plaquettaire ?

Publié le 20 septembre 2021 par Olivier Clot-Faybesse

Soigner différentes maladies neurologiques à l’aide du lysat plaquettaire, cocktail universel de protéines issues du sang ? C’est ce qu’expérimentent des chercheurs français avec ce mélange aux vertus thérapeutiques. Favorisant la protection et la régénération cellulaire, cette approche pourrait traiter des atteintes neurologiques comme la maladie de Charcot (SLA).

Le lysat plaquettaire. Sous cette appellation se trouve un mélange de molécules issues de plaquettes sanguines. Il contient notamment des éléments ayant un potentiel bénéfice thérapeutique chez l’homme. « Les plaquettes favorisent la cicatrisation des plaies et la réparation des tissus », précisent David Blum et Thierry Burnouf, deux chercheurs de l’Inserm, coresponsables de travaux dédiés*, récemment publiés.

« C’est pourquoi leur lysat contient une centaine de facteurs de croissance, de protéines, de substances nutritives et de molécules anti-inflammatoires réparatrices. » Une manne facile à se procurer, puisque la source n’est autre que le don de sang. Mieux encore, les plaquettes sont issues de la partie du sang non utilisée pour la transfusion.

Lysat plaquettaire et médecine régénérative

L’utilisation du lysat plaquettaire s’expérimente déjà dans le traitement de l’arthrose ou dans la prise en charge des traumatismes crâniens. Dans ce second cas, justement, les expériences menées dans un modèle animal (souris) ont livré des résultats prometteurs. Par voie intranasale, le lysat plaquettaire a été appliqué au contact de la plaie neuronale dans le cerveau.

Avec des bénéfices significatifs : « Grâce à ce traitement, les souris ont développé beaucoup moins de troubles moteurs que les animaux qui n’ont pas reçu le lysat, expliquent les deux scientifiques. Dans le site lésé, leur niveau d’inflammation et de stress oxydant est aussi moindre. Alors que l’expression de protéines responsables du fonctionnement synaptique – c’est-à-dire de la communication entre neurones – est, quant à elle, supérieure. »

Un effet neuroprotecteur général

Si, pour l’instant, les chercheurs étudient l’intérêt du lysat pour limiter les séquelles d’un traumatisme crânien, cette stratégie pourrait bénéficier à d’autres maladies du système nerveux central. En effet, la biothérapie par lysat plaquettaire ne cible pas un mécanisme spécifique, mais un ensemble complémentaire de voies de signalisation impliquées dans la neuroprotection du cerveau.

Ainsi, un essai clinique devrait démarrer, d’ici trois ans, chez des patients atteints de la maladie de Charcot (SLA), caractérisée par une dégénérescence des motoneurones. D’autres projets concernent les maladies de Parkinson et d’Alzheimer. Enfin, les molécules bioactives contenues dans le lysat pourraient retarder le vieillissement cérébral, en prolongeant la production de nouveaux neurones.
Reste à vérifier et à valider chez les patients ces différentes pistes prometteuses.

*Collaboration entre la France (laboratoires, unités Inserm, université et CHU de Lille) et Taiwan (Taipei Medical University).

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