Aidants : au travail, reprendre la main

Publié le 6 octobre 2021 par Elise Descamps

6 octobre, Journée nationale des aidants. Et toujours le même constat : pas facile pour eux de concilier vie professionnelle et vie personnelle. Une question pourtant majeure dans le monde du travail où un actif sur cinq accompagne un proche en perte d’autonomie ou malade. Sigrid Jaud connaît cette réalité pour avoir accompagné pendant quinze ans sa mère atteinte d’un Parkinson. Pour aider les entreprises à s’emparer de cette situation, elle a cofondé l’agence de conseil en ressources humaines Les Aidantes & Co. Elle produit aussi le podcast Plan Aidants. Elle livre à Faire-face.fr ses conseils aux aidants salariés.

Sigrid Jaud, cofondatrice de l’agence conseil salariés aidants Les Aidantes & Co.

Faire-face.fr : Les proches aidants n’osent souvent pas, mais doivent-ils parler de leur situation familiale au travail ?

Sigrid Jaud : C’est en effet souvent un sujet tabou. Moi-même j’ai repoussé le plus longtemps possible le moment de le dire à mes collègues et supérieurs. Je ne voulais pas prendre le risque que l’on ne me confie plus les dossiers intéressants, de peur que je ne sois pas fiable. Mais quand on en parle, on amène aussi souvent une libération plus large de la parole. C’est bénéfique pour tous.

Je ne dirais pas qu’il le faut à tout prix. Tout dépend de la situation, de la relation de confiance que l’on a nouée avec son manager de proximité ou le service RH. Il n’est pas facile de parler de son intimité, et il faut prendre la peine de repérer le bon interlocuteur. Dans tous les cas, il faut éviter d’attendre d’être dans une situation d’urgence. Mieux vaut prévenir que guérir.

Amener à une prise de conscience

F-f.fr : Comment les salariés aidants peuvent-ils pousser leur entreprise à être plus “aidante” justement ?

S.J : Justement en essayant d’en parler. Sinon l’entreprise ne prend pas conscience du problème. Car évidemment, se mettre en arrêt maladie brutalement, désorganiser tout un service, ce n’est pas une solution.

Il faut en parler pour permettre à l’entreprise de s’adapter : organiser un aménagement des horaires de travail, parfois une réduction du temps de travail, entre autres mesures. Les petites entreprises qui peinent à embaucher, par exemple, préfèreront toujours un aidant moins présent qu’un aidant absent.

Ensuite, on peut demander ce qui a été mis en place : a-t-on fait appel à un cabinet de sosie RH spécialisé ? Que proposent les organismes de prévoyance ? Et, pourquoi pas, apporter sa pierre dans le cadre des accords d’entreprise qualité de vie au travail, par exemple. Pour cela, le salarié peut sensibiliser les différents acteurs de la construction de ces dispositifs : RH, assistante sociale, représentants du personnel…

Les aidants, des chefs de projet au quotidien

F-f.fr : Comment les aidants peuvent-ils valoriser positivement leur expérience personnelle en entreprise ?

S.J : Les aidants, dans leur accompagnement au quotidien, développent de nombreuses compétences. Coordonner les professionnels de santé, les interventions des aides à domicile, de l’ambulancier, gérer les comptes… : tout cela en fait de véritables chefs de projet.

On parle également de “soft skills” comme l’empathie, la patience, la résilience, la ténacité, des qualités extrêmement appréciées dans le monde du travail. Commencer par les lister permet d’envisager de manière plus sûre une évolution professionnelle.

En entretien, si on se sent en confiance, pourquoi ne pas expliquer tout ce que cette expérience nous a apporté ? La transparence est appréciée. Pour s’y préparer, il est possible d’en parler avec d’autres aidants, comme par exemple dans le groupe Facebook privé “Aidants et bien plus” qui est dédié aux aidants “actifs et positifs”.

Si on reste à son poste, on peut aussi s’investir sur des missions spécifiques. Par exemple, être un salarié facilitateur en cas de conflits, avec la capacité d’écouter et de dénouer des tensions, ce qui est très valorisant.

Lire le guide Les Proches Aidants pour les nuls

La collection Pour les nuls s’adresse aux proches aidants avec une foule de conseils, d’informations mises à jour sur les dernières dispositions législatives et divers contacts. Un opus écrit par deux aidants : Marina Al Rubaee, cofondatrice de l’agence Les Aidantes & Co, et Jean Ruch, fondateur de Familles Solidaires.

Lire particulièrement les pages 121 à 141, consacrées à la conciliation entre la vie personnelle et la vie professionnelle. Elles listent les dispositifs et acteurs, les conseils pour aborder son manager, les pistes pour identifier ses compétences.

Les Proches Aidants, coll. Pour les nuls, First éditions, 11,95 €.

Comment 1 commentaire

Il devrait y avoir des postes amenager pour les aidant. Moi je suis maman d un ado de 12 ans qui est polyhandicape je suis ade medico psychologique. Mon fils est dans un centre là journee. J ai donc du temps libre mais les employeur me fermé les portes ils n essai même pas de comprendre la situation et de savoir comme je peut m organiser. . Il est vrai pour moi qu Il est difficile de ne pas travailler en plus à 45 ans et n ayant pas travaillé depuis 10 ans c est pas facile le moral en prend un coup

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