La hausse des salaires de 183 € gagne peu à peu les établissements pour personnes handicapées

Publié le 12 novembre 2021 par Franck Seuret
Pour les soignants des ESMS privés, la revalorisation devait initialement intervenir le 1er janvier 2022. Le Gouvernement a finalement débloqué les financements au 1er novembre.

Les salaires dans les établissements et services médico-sociaux publics ont augmenté de 183 € en juin ou en octobre derniers. Dans le secteur privé, le Gouvernement a débloqué les financements nécessaires uniquement pour les soignants à partir du 1er novembre. 

Le Ségur fait peu à peu tache d’huile. Lundi 8 novembre, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé que les personnels des établissements pour personnes handicapées financés par les départements – les foyers de vie, essentiellement – allaient, eux aussi, voir leur salaire augmenter. Les aides-soignants, infirmiers, aides médico-psychologiques… vont donc toucher 183 € nets de plus par mois en novembre. La “revalorisation Ségur”.

Établissements de santé et Éhpad : + 183 € ou + 160 € pour tous

En juillet 2020, le ministre de la Santé, Olivier Véran, et une majorité de syndicats signaient en effet les accords du Ségur de la santé. Ils prévoyaient, entre autres, une revalorisation de 183 € nets par mois, au 1er décembre 2020, pour tous les personnels hospitaliers paramédicaux (infirmiers, aides soignants…) et non médicaux (agents techniques, administratifs…) des établissements de santé (hôpitaux, cliniques…) et des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Éhpad) publics et privés non lucratifs (associatifs). Le secteur privé lucratif n’était pas en reste avec une hausse de 160 €.

En revanche, ces accords ne concernaient pas les personnels des établissements et services médico-sociaux (ESMS) qui accompagnent les personnes handicapées. Au risque de rendre encore plus difficiles les recrutements dans un secteur qui peinait déjà à embaucher. Le Gouvernement a donc progressivement accepté d’étendre la revalorisation Ségur.

ESMS rattachés à un établissement public : + 183 € pour tous

Un premier accord est signé en février 2021, applicable au 1er juin. Il concerne tous les agents des établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) rattachés à un établissement public de santé ou à un Éhpad public.

ESMS publics financés par l’Assurance maladie : + 183 € pour les soignants

Mai 2021, c’est au tour des ESMS publics non rattachés à un établissement de santé ou à un Éhapd – et financés pour tout ou partie par l’Assurance maladie – de participer à la danse. La hausse de 183 € est entrée en vigueur le 1er octobre 2021. Les aides-soignants, infirmiers, kiné, ergothérapeuthes mais aussi aides médico-psychologiques (AMP), accompagnants éducatifs et sociaux (AES), auxiliaires de vie sociale (AVS)… en bénéficient.

ESMS privés : + 183 € pour les soignants…

Par ailleurs, les partenaires sociaux et le Gouvernement ont signé un accord de méthode en mai 2021. Ce texte porte sur les ESMS privés à but non lucratif financés par l’Assurance maladie (Fam, Mas, Ésat…). Il invite syndicats et patronat à entrer en négociation. Et l’État s’engage à financer une augmentation de 183 € par mois… uniquement pour les aides-soignants, infirmiers, ergothérapeutes, etc.

« Pour eux, il convient d’agir en priorité face aux démissions et aux tensions de recrutement (…) et aux logiques concurrentielles d’ores et déjà constatées entre établissements », souligne l’accord de méthode. S’y ajoutent quand même les AMP, les AVS et AES. 

… mais pas pour les éducateurs et les moniteurs

En revanche, les métiers de l’accompagnement (éducateurs, moniteurs d’atelier…), eux, en sont écartés. Pourquoi ? Parce qu’ils « ne son pas exposés aux mêmes logiques concurrentielles avec les hôpitaux, Éhpad et autres établissements » ciblés par les accords du Ségur de la santé. La revalorisation de leur salaire se fera « selon un calendrier pluriannuel à négocier ». 

« L’objectif, c’est d’obtenir une revalorisation salariale équivalente à ces 183 € dans le cadre d’une convention collective unique qui fusionnerait les quatre conventions existantes, précise Clotilde Cornière, secrétaire nationale de la CFDT santé-sociaux. Cela concernerait aussi le personnel administratif, les cuisiniers… Mais pour le moment, les discussions sont au point mort. » Donc, pour les éducateurs et autres métiers d’accompagnement pas de coup de pouce financier dans l’immédiat.

Deux mois d’avance sur le calendrier

« Cette différence de traitement va poser problème dans les établissements où ces catégories de personnels travaillent côte à côte », s’inquiète Jean-Marc Durin, président de l’Union intersyndicale des secteurs sanitaires et sociaux et directeur d’une association gestionnaire de deux structures.

Pour les soignants, la revalorisation devait initialement intervenir le 1er janvier 2022. Le Gouvernement a finalement débloqué les financements au 1er novembre. Et, comme Jean Castex l’a annoncé le 8 novembre, il a accepté d’étendre la revalorisation Ségur aux établissements pour personnes handicapées financés par les départements. Une mesure de bon sens.

Hausses aussi dans l’aide à domicile

Les salaires des employés des services associatifs d’aide à domicile et des services de soins infirmiers à domicile relevant de cette branche ont augmenté de 13 à 15 % le 1er octobre. Une hausse financée par l’État et les départements.

L’augmentation sera plus mesurée pour les salariés des particuliers employeurs. Mais la nouvelle convention leur garantit une meilleure rémunération les jours fériés et la nuit à partir de janvier 2022.

Comment 2 commentaires

Pas sûrs que les ESMS fonctionnent longtemps sans éducateurs et moniteurs!

Certains établissements en Bretagne ont déjà supprimés les accueils temporaires faute de ces deux catégories, laissant les parents dans un désarroi indescriptible, et sans autre solution que de devoir cesser leur activité professionnelle, créant de nouveaux aidants précaires.

Il aurait mieux valu revaloriser les salaires pour tout le monde, cela aurait été plus attractif, là, ça ne va que décourager les jeunes qui auraient opté pour cette voie, plutôt que de laisser ça à la négociation!

La différence des classes n’est pas prête de disparaitre!

Et les services généraux (cuisine, lingerie, entretien…)qui travaillent aussi auprès des personnes ????

En fait il ne faut pas une hausse de salaire mais un important abaissement des charges sur l alimentaire, les carburants, le prix EDF, etc…..ça toucherait tt le monde (salariés et peu importe le titre d emploi, retraités, personnes handicapées …)

Ce serait égalitaire et juste pour tous
Merci
Bk

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Politique de Confidentialité de Google et l'application des Conditions d'Utilisation.

Sujets :
Autonomie