Fils de Garches pose un regard singulier et percutant sur le handicap

Publié le 21 janvier 2022 par Claudine Colozzi
« On savait bien que tu risquais ta peau à chaque intervention. » Irène Cerquetti et Michel Gendarme, parents du réalisateur de Fils de Garches. © The Kingdom

Réalisé par Rémi Gendarme-Cerquetti, Fils de Garches donne la parole à des adultes atteints de handicaps lourds qui, enfants, ont fréquenté l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches dans les Hauts-de-Seine. Ce long-métrage documentaire est présenté samedi 22 janvier, en avant-première, au Cinéma du Théâtre de La Celle-Saint-Cloud (78). Sortie en salles prévue le 23 mars prochain.

« Il fallait qu’on soit droits pour être comme les autres. » Ou encore : « Ils ont dit à mes parents qu’ils ne devaient pas investir sur moi. » Des phrases comme celles-ci jalonnent Fils de Garches, le premier long-métrage documentaire de Rémi Gendarme-Cerquetti. Un film, au ton singulier et très personnel, traitant du handicap à travers le vécu d’adultes qui se souviennent de leur enfance.

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Le point commun de ces femmes et de ces hommes, mais aussi de leurs parents interviewés ? Avoir fréquenté l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (92), centre de référence dans le domaine du handicap dans leur jeunesse. Un lieu chargé de souvenirs où les soignants « [leur] faisaient mal pour [leur] bien ».

Un regard critique sur le traitement audiovisuel du handicap

Entre déambulation dans les allées de “Garches” et rencontres avec les différents acteurs de cette époque, Rémi Gendarme-Cerquetti, qui a lui-même passé du temps dans cet établissement, livre une réflexion douce-amère sur la manière dont la société considère le handicap. Le ton de Fils de Garches se fait même plus acide en évoquant le traitement médiatique des personnes en situation de handicap – notamment au travers des débuts du Téléthon, en 1992.

À une maman qui affirme que  cette émission « a aidé à faire voir des enfants en situation de handicap. Avant, c’était le monde du silence », il juxtapose des regards plus critiques sur cette exposition télévisuelle compassionnelle. Comment se construire quand on a commencé sa vie avec un manque d’intimité, la douleur omniprésente ? Et un manque d’empathie pour son ressenti corporel ? La question reste d’actualité.

Retour d’image anime une rencontre avec Rémi Gendarme-Cerquetti dans le cadre d’une séance inclusive organisée en partenariat avec le Cinéma du Théâtre de La Celle-Saint-Cloud (78), de 15 h 30 à 18 h 30.
Fils de Garches sera projeté en version audiodécrite pour toute la salle, et sous-titrée pour les personnes sourdes et malentendantes. Salle accessible aux personnes en situation de handicap. Renseignements au 01 30 78 10 73.

Comment 1 commentaire

Bonjour je suis étonnée de la manière dont est présenté Garches. Est-ce que les choses ont empiré à ce point. IMC qualifiée de « légère » (pas à cause de mes moeurs mais au vu de mes handicaps) j’ai passé un an à Garches à Letulle 2 dans le service du Pr Tardieu. C’était en 1960, j’avais 6 ans et j’en garde un super souvenir. Je me rappelle même que la télévision était venue nous filmer. Je me rappelle de beaucoup de bons souvenirs.

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