Les pensions d’invalidité, reflet des inégalités sociales

Publié le 9 octobre 2025 par Emma Lepic
Les femmes en invalidité perçoivent des pensions inférieures à celles des hommes, de 15 % en moyenne. © AdobeStock

Des femmes plus que des hommes… avec des indemnités inférieures. Mais aussi des bénéficiaires moins diplômés que la population générale. La nouvelle étude de la Drees, organisme public de statistiques, rendue publique le 8 octobre, dresse le profil des pensionnés d’invalidité, miroir d’une société française inégalitaire.

Près de 830 000 (828 400 précisément) personnes percevaient une pension d’invalidité au 31 décembre 2020. C’est le premier enseignement de la nouvelle étude de la Drees, organisme public de statistiques, publiée le 8 octobre, et basée sur les données de l’ensemble des régimes des retraités en 2020. Mais au-delà de ce chiffre global, cette enquête souligne plusieurs déséquilibres.

54 % de femmes

D’abord celui entre les genres. Les femmes représentent ainsi plus de la moitié (54 %) des allocataires. Et leurs rémunérations sont en moyenne inférieures de 15 % à celles des hommes. Selon les auteurs de l’étude, cet écart traduit les inégalités salariales qui ont précédé la mise en invalidité.

Le niveau d’études apparaît aussi très inégalitaire. Les non-diplômés représentent presque un quart des allocataires (23,6 %) alors qu’ils sont 14,7 % dans la population générale. Très logiquement et inversement, les diplômés de l’enseignement supérieur sont 5,2 % à toucher une pension d’invalidité, alors qu’ils composent 14,5 % de l’ensemble de la population. Pour les premiers, un travail pénible, peu qualifié, physique, peut contribuer à expliquer des inaptitudes au travail.

15 ans, la durée moyenne d’indemnisation 

Ce type d’emplois est plus fréquent dans le secteur privé. Rien d’étonnant donc à ce que l’âge d’entrée dans l’invalidité de ces salariés s’avère légèrement inférieur (53 ans) à celui des anciens fonctionnaires (56 ans). En moyenne, souligne l’étude, les personnes restent en invalidité pendant 15 ans avant de basculer vers la retraite, et la pension à taux plein pour inaptitude qui en découle.

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