Innovation et handicap : des béquilles pour marcher les mains libres
Se déplacer avec des béquilles, café à la main… mission impossible ? Plus maintenant ! La start-up Legmio a conçu des béquilles permettant de prendre appui sur les avant-bras pour libérer les mains. L’objectif de cette innovation : retrouver son autonomie dans les tâches simples du quotidien.
Marcher ou boire son café, faut-il vraiment choisir ? Lorsqu’on se déplace en béquilles, des tâches simples de la vie de tous les jours peuvent très vite devenir source de frustration. Pour pouvoir libérer les mains pendant la marche, la start-up Legmio a trouvé la solution : des béquilles permettant de prendre appui sur ses avant-bras lorsque le besoin d’utiliser saisir se présente. « Elles devaient apporter un plus sans se détourner de leur utilisation classique le reste du temps », explique Nicolas Perrin-Gilbert, 41 ans, fondateur de cette société, inventeur et chercheur en robotique à Sorbonne Université / CNRS.
Ces béquilles proposent ainsi deux types d’appui : un pour les mains dans leur utilisation classique, et un autre, plus haut, pour y poser l’avant-bras en mode mains libres. Dans cette seconde position, des sangles s’attachent au niveau des biceps pour maintenir les béquilles en place et « éviter qu’elles cognent partout si on tend les bras », détaille son inventeur. Ce qui arrive lorsqu’elles sont attachées au niveau du coude…
Le changement de position se réalise en quelques secondes. « Et si la personne n’utilise qu’une seule béquille, elle a aussi deux mains libres pour ouvrir une porte ou porter quelque chose. » Des améliorations ont été également apportées pour accroître le confort, comme des poignées adaptées à la forme de la main, des mousses sur les appuis et des points de pressions déplacés pour éviter la compression des nerfs.
Prendre son enfant dans ses bras
Cette solution, Nicolas Perrin-Gilbert l’a d’abord pensé pour lui. Atteint d’un cancer des os à l’âge de 35 ans, en 2020, il a dû apprendre à vivre en béquilles après son opération et sa rééducation. « Je m’y suis habitué, mes mains et mes épaules sont devenues plus résistantes, mais j’ai ressenti une frustration à l’idée d’avoir les mains prises pour toujours. »
Deux ans plus tard, la frustration devient de plus en plus insoutenable. « Je suis devenu papa et un bébé, il faut le prendre régulièrement dans ses bras pour le déplacer. En grandissant, je devais le convaincre de me rejoindre pour changer sa couche car je ne pouvais pas le porter. »
Une commercialisation en 2028
Simples en apparence, ces béquilles ont pourtant demandé de nombreuses tentatives pour trouver la solution idoine. Même si leur inventeur est chercheur en robotique, elles ne comportent ni électronique, ni intelligence artificielle. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. « Mon tout premier prototype était un exosquelette positionné au niveau de mon torse auquel étaient reliées deux béquilles motorisées. Mais le bruit des moteurs, le poids du système, la nécessité de le recharger et la compression exercée m’ont très vite fait abandonner cette idée. » En réalisant d’autres essais, Nicolas Perrin-Gilbert découvre qu’une béquille attachée au niveau du coude se place naturellement vers l’avant lorsqu’on lève le bras. Eurêka !
Depuis un an et demi, il les teste pour les adapter à la vie quotidienne. Début mai, c’est le point final du développement de son invention qu’il présente au concours Lépine, dans le cadre de la Foire de Paris où il remporte une médaille d’or. Prochaine étape : produire une petite série de 50 béquilles « pour débuter leur parcours réglementaire, obtenir leur marquage CE et la reconnaissance dispositif médical de classe 1 », énumère-t-il. Si tout se passe comme prévu, les béquilles seront prêtes à être commercialisées début 2028.
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Le Média Positif 🍀 (@le.media.positif)
Apporter une solution à des besoins concrets
Au-delà des béquilles, Legmio a un objectif plus large de développer des solutions adaptées aux personnes en situation de handicap physique. À commencer, l’année prochaine, par le lancement d’une application d’activité physique adaptée. En attendant la commercialisation de ses béquilles, la start-up travaille également sur un fauteuil roulant électrique dédié au sport. « L’objectif avec Legmio, c’est d’identifier des besoins concrets de personnes en situation de handicap et de trouver une solution économiquement viable. »
Vos avantages :
- Magazine téléchargeable en ligne tous les 2 mois (format PDF)
- Accès à tous les articles du site internet
- Guides pratiques à télécharger
- 2 ans d’archives consultables en ligne
A lire également
Véhicule TPMR : comment faire le bon choix avec Allied Mobility ?
J’irai vivre chez moi [France Télévisions] : quand colocation rime avec émancipation

Faire Face

