La France qui (se) bat : ces bénévoles sans lesquels les associations ne pourraient pas mener leurs actions
Derrière les milliers d’initiatives qui font vivre les territoires, créent du lien et contribuent à soutenir les plus fragiles, il y a des bénévoles. Sans eux, de nombreuses associations ne pourraient tout simplement plus continuer à mener leurs missions. La campagne La France qui (se) bat, portée par le Mouvement associatif et France générosités, à laquelle s’associe APF France handicap, rappelle leur rôle essentiel. Faire-face.fr donne la parole à quatre d’entre eux.

74 % des Français estiment que les associations contribuent au maintien du lien social là où ils vivent, selon l’édition 2025 du baromètre du lien social d’Ipsos-CESI, école d’ingénieurs pour le groupe Ebra. Pourtant, le soutien financier et politique nécessaire à leur action n’est pas toujours à la hauteur, loin s’en faut.
À l’occasion du 125e anniversaire de la loi du 1er juillet 1901 sur la liberté d’association, qui tombe précisément ce 1er juillet, le Mouvement associatif et France générosités ont lancé au début du mois de juin, une grande campagne de mobilisation : La France qui (se) bat. Comme le cœur des bénévoles, symboles d’une société vivante et solidaire. Parce que 89 % des associations fonctionnent sans aucun salarié, portées uniquement par ces personnes bénévoles qui donnent de leur temps gratuitement. Sans elles, bon nombre d’actions essentielles dans l’accompagnement de personnes fragiles ou en difficulté disparaîtrait. David, Gildas, Agnès et Jacquie ont choisi de s’engager pour les autres.
Sans David, Lydie n’aurait jamais visité le château de Tournon-sur-Rhône (Ardèche)
« Je suis porteur au sein de l’association Portez-moi pour un rêve. J’ai découvert ses actions à travers les réseaux sociaux il y a un an. Donner la possibilité à des personnes en situation de handicap de visiter des monuments ou des sites naturels inaccessibles, l’idée m’a tout de suite plu. Quand on est valide, on ne prend pas forcément conscience que certains sont privés de droits essentiels comme l’accès à la culture et au patrimoine. Il y a quelques jours, nous avons porté Lydie Tournier, conseillère municipale en fauteuil roulant, pour qu’elle visite le château-musée de Tournon-sur-Rhône, en Ardèche, où elle réside. Elle n’y était jamais allée à cause des nombreuses marches. J’espère que cette action aidera à sensibiliser à la question de l’accessibilité pour tous.
Depuis que je me suis engagé comme bénévole, j’ai vécu des moments très intenses comme la descente dans le Gouffre de Padirac dans le Lot ou l’ascension d’une des tours de Notre-Dame de Paris. On a parfois du mal à retenir nos larmes face à l’émotion des personnes avec lesquelles on partage ces découvertes. » David Arnaud, 45 ans.
Sans Jacquie, Christine n’aurait pas appris la couture (Tarn)
« Accorder du temps aux autres m’a toujours semblé normal. Et j’espère que, lorsque j’en aurais besoin, je pourrais à mon tour compter sur des bénévoles. À Albi, deux jours par semaine, je tiens la caisse de la friperie solidaire initiée par la délégation APF France handicap du Tarn. J’anime aussi des ateliers couture une fois par mois.
On me dit souvent que j’ai le contact facile. C’est vrai que j’aime aller vers les gens. Lors des ateliers couture, chacune fait selon ses capacités, comme Christine, l’une des habitués. À elle comme aux autres, je montre, je donne un petit coup de main. Mais j’ai un principe : ne pas faire à la place des autres. Chaque participante doit être fière du sac ou du bandeau pour les cheveux qu’elle a confectionné elle-même et qu’elle rapporte à la maison. » Jacquie Quéré, 66 ans.
Sans Gildas, Noémie ne se serait pas lancée dans le bénévolat en tandem avec Maelys (Ain)
« Je suis heureux d’avoir contribué en 2025-2026 à l’expérimentation du nouveau programme Duo J dans l’Ain. Cette initiative permet à deux jeunes, dont l’un en situation de handicap, de s’engager ensemble dans des activités bénévoles. Investi depuis de très nombreuses années, notamment au sein d’APF France handicap, participer à cette initiative de France Bénévolat a donné un nouveau souffle à mon engagement.
Constituer des binômes, les accompagner dans leurs missions sur le terrain m’a beaucoup apporté. Je me suis senti utile. Par exemple, avec Maelys et Noémie, porteuse d’un handicap moteur, nous avons réalisé des collectes alimentaires et tenu une billetterie lors d’un événement. Côtoyer des jeunes, c’est vivifiant ! Et puis il faut regarder vers l’avenir et trouver de nouveaux bénévoles. L’expérience devrait être reconduite à la rentrée et étendue à d’autres départements. » Gildas Burel, 45 ans.
Sans Agnès, l’association Une étincelle d’espoir pour Soan ne fonctionnerait pas aussi bien (Seine-Saint-Denis)
« J’ai accepté de devenir la secrétaire de l’association Une étincelle d’espoir pour Soan après avoir rencontré sa fondatrice, Jennifer Camara, elle-même maman d’un enfant atteint d’une maladie rare et de troubles du neurodéveloppement. Nous menons différentes actions en faveur des enfants malades ou en situation de handicap et de leurs familles, en Seine-Saint-Denis. Je m’occupe des démarches administratives, de la diffusion des informations aux bénévoles. Et aussi des demandes de financement, indispensables surtout dans ces temps compliqués pour les associations.
C’est un travail de l’ombre et cela me va bien. J’aime donner de mon temps et mettre mes compétences aux services des autres mais ce n’est pas dans ma nature de me mettre en avant. J’essaie d’être aussi disponible que possible, même si c’est parfois difficile quand on doit gérer aussi sa vie professionnelle et personnelle. Mais avec un peu d’organisation, j’arrive à tout concilier. » Agnès Hannon fait partie des sept lauréats du Trophée du bénévolat remis en juin 2026 par le conseil départemental de Seine-Saint-Denis.
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