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Nathalie Birault revendique son appartenance à l’Économie sociale et solidaire. Ses bijoux sont fabriqués dans une usine collaborative et montés par des travailleurs d’Ésat. © DR

Des bijoux innovants et solidaires pour embellir les prothèses auditives

Des bijoux fantaisie et tendance destinés aux personnes portant des prothèses auditives ou des implants cochléaires mais pensés pour tous. La nouvelle marque made in France s’appelle Odiora. Une jeune femme, elle-même malentendante, en est l’initiatrice.

À Tahiti, des fleurs de tiaré ornent souvent l’oreille des habitants de cette île de la Polynésie française. En signe de bienveillance, d’acceptation de l’autre et d’élégance. Quand, Nathalie Birault, la fondatrice d’Odiora, y fait un voyage en 2000, c’est le déclic. Malentendante depuis l’âge de 12 ans, implantée cochléaire depuis 2015, cette ancienne webmaster et diplômée des Beaux-Arts s’est toujours évertuée à « customiser » son handicap.

Valoriser le handicap sans le stigmatiser

Elle revient en France avec une idée. Elle veut s’inspirer de cet usage tahitien pour créer des bijoux adaptés à tous types d’appareils auditifs et implants cochléaires. Sans oublier les oreilles des personnes n’ayant pas de surdité. Elle y voit une manière d’aider les personnes sourdes ou malentendantes à accepter leur handicap et de changer le regard des entendants sur leur appareillage.

« J’aspire à valoriser le handicap sans le stigmatiser. Tout le monde peut mettre mes bijoux en solidarité avec les personnes en situation de handicap mais aussi en tant qu’accessoires de mode. » Des bijoux aussi faciles à porter qu’une paire de lunettes.

Lever les freins esthétiques et psychologiques

Une histoire formidable sur le papier mais pas facile à concrétiser. « C’est long à mettre en place », confie-t-elle, en dépit de premiers bons échos. Pour trouver des acheteurs, rien de tel que les rencontres en direct : ambassadrices dans des associations de malentendants, participation à des salons, expositions… L’entrepreneuse doit aussi sensibiliser les audioprothésistes, se faire remarquer, trouver des partenariats*.

C’est déjà gagné sur Internet avec par exemple oditif.fr qui lui permet d’élargir la distribution de ses produits. Reste qu’elle ne vit pas encore de son activité. « En statut de micro-entreprise, j’aimerais pouvoir passer en société par actions simplifiée (SAS). » Autrement dit, faire grossir son chiffre d’affaires.

L’entrepreneuriat social à cœur

Toutefois, ce n’est pas son unique préoccupation. Nathalie Birault revendique en effet son appartenance au secteur de l’Économie sociale et solidaire. Ses bijoux sont conçus dans son atelier lyonnais implanté dans l’usine collaborative YouFactory et des travailleurs handicapés de deux Ésat de la région, qu’elle forme elle-même, en assurent le montage.

Elle se fait fort de proposer une production responsable et recourir aux nouvelles technologies (impression 3 D et laser), d’opter pour des matériaux de qualité (cuir, nacre, feutrine, satin, plexiglas, silicone…) et des systèmes d’accroche compatibles avec tout appareil et implant, léger, doux et sans risque d’allergie. « Je les teste moi-même et je peux faire du sur mesure. »

Les prix varient entre 25 et 45 € TTC. Et, messieurs, rassurez-vous, Nathalie Birault ne vous oublie pas. Pour vous, elle a en tête un modèle inspiré des Tiki, statues omniprésentes en Polynésie française. La mission de ces représentants des dieux ou des génies : protéger les habitants ou éloigner les mauvaises énergies.

*La marque a notamment obtenu le prix Noise décerné par une association étudiante d’innovation sociale et environnementale et le prix Handi-entrepreneur d’Atos.
Elle bénéficie du soutien de la Fondation Banque populaire, de la Fabrique Aviva, du Village des Créateurs de Lyon ou de Ronalpia, incubateur d’entreprises sociales et solidaires.

A propos de Elise Jeanne

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