Rentrée scolaire et handicap – « En tant qu’AESH, j’ai l’impression d’être totalement transparente »

Publié le 6 septembre 2023 par Franck Seuret
« Je vois bien que ma présence peut être très importante pour les élèves handicapés. Les cours dont s'est fait virer cet enfant autiste que j'accompagnais sont ceux auxquels je n'assistais pas, faute d'heures en nombre suffisant ! »

Sophie Naman est accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) à Marseille. Convaincue de la nécessité d’épauler au mieux ces enfants et ces ados, elle démarre sa huitième année à ce poste. Elle déplore cependant que de nombreux professionnels de l’Éducation nationale ne reconnaissent pas le rôle des AESH à sa juste valeur.

« Je suis un pion sur un échiquier. Mon planning bouge en permanence, au gré des contraintes du Pial*, le Pôle inclusif d’accompagnement localisé, qui gère les AESH sur plusieurs établissements d’un secteur. Bien sûr, je suis affectée en priorité auprès des mêmes élèves, mais il arrive souvent que je doive boucher un trou, ici ou là.

« Mes compétences et mon métier ne sont pas reconnus »

Beaucoup de professeurs me considèrent comme une intruse, un élément perturbateur au sein de leur classe. Il est rare qu’ils prennent en compte les besoins particuliers des élèves que j’accompagne, même si, heureusement, quelques-uns y sont attentifs et fournissent, par exemple, des cours sur support numérique ou bien encore une fiche en double. En tant qu’AESH, j’ai l’impression d’être totalement transparente, ignorée, que mes compétences et mon métier ne sont pas reconnus.

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« Au collège, la coordinatrice du Pial ne me conviait pas aux réunions pédagogiques »

Lorsque j’étais au collège, la coordinatrice du Pial ne me conviait pas aux réunions pédagogiques concernant les enfants que j’accompagnais. Je n’avais pas non plus accès à leur dossier scolaire. Selon le ministère, les AESH sont pourtant censés être reconnus comme des membres à part entière des équipes éducatives. C’était loin d’être le cas.

Dans ce même collège, lorsque je me suis plainte des conditions d’accompagnement des élèves de la classe Ulis où j’intervenais régulièrement, la coordinatrice du Pial m’en a éjectée. J’avais notamment fait remarquer qu’il fallait davantage de temps pour aider une élève à déjeuner, car elle avait du mal à déglutir. Je soutenais que c’était à nous de nous adapter à son rythme et pas le contraire. Était-ce trop demander ?

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« Les professeurs ne voulant pas d’AESH dans leurs cours obtiennent toujours gain de cause »

Cela me choque aussi que les professeurs ne voulant pas d’AESH dans leurs cours obtiennent toujours gain de cause. Le Pial répartit alors mes heures différemment, quitte à me faire assister à des cours où je ne sers pas à grand-chose. Seuls les parents qui s’investissent à fond et font pression sur la direction de l’établissement parviennent à faire respecter les besoins de leur enfant.

Pourtant, je vois bien que ma présence peut être très importante pour les élèves handicapés. C’était notamment le cas auprès de Valentin, un ado autiste que j’ai accompagné au collège. Mon rôle était de le canaliser, d’éviter qu’il s’éparpille trop. Les cours dont il s’est fait virer, ce sont des cours auxquels je n’assistais pas, faute d’heures en nombre suffisant !

« J’ai proposé à la proviseure d’encadrer des ateliers de soutien aux devoirs »

Je me souviens aussi de cette jeune fille au lycée hôtelier dans lequel je travaillais l’an passé. Elle n’arrivait pas à retenir les consignes que le professeur de pâtisserie donnait au début de l’atelier. Je la guidais donc, en détaillant les étapes au fur et à mesure.

Mais beaucoup d’enseignants refusaient que j’assiste à leurs cours de pratique professionnelle. Je me suis retrouvée avec des trous dans mon emploi du temps. J’ai alors proposé à la proviseure d’encadrer des ateliers de soutien aux devoirs, pour les élèves en situation de handicap. Elle a accepté parce qu’elle fait partie de ces professionnels de bonne volonté que j’ai eu la chance de croiser. Je peux être bien davantage qu’un simple petit pion. »

Comment 1 commentaire

Bonjour ,je voudrais savoir pourquoi la visite médicale obligatoire tous les 5 ans pour conducteurs n’est pas remboursable par la sécurité sociale 36€ inadmissible ! Il faut que l’association handicap de France s’occupe de ça
Merci

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