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Zone interdite sur la maltraitance d’enfants handicapés : Carlotti veut améliorer les dispositifs d’alerte

Le documentaire sur les centres qui maltraitent les enfants handicapés, diffusé dimanche 19 janvier sur M6, continue de faire des vagues. Invitée de l’émission C à vous, sur France 5, mardi 21 janvier (à partir de 29.57 min sur le replay), la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, est revenue sur le cas de l’Institut médico-éducatif (IME) de Moussaron à Condom, dans le Gers. Suite à l’enquête de l’agence régionale de santé qui avait révélé « une situation de maltraitance institutionnelle », et sous la pression d’un collectif d’associations et syndicat, elle a placé cet établissement sous administration provisoire, le 27 novembre. « Mais j’ai découvert après que c’était la troisième enquête » qui pointait les mêmes dysfonctionnements (la quatrième en fait, après celles de 1997, 2001 et 2002, NDLR).

Un tiers seulement des établissements se plient à une enquête externe et objective

« Il y a des dispositifs d’alerte et finalement on se rend compte que ça passe à travers, a déploré Marie-Arlette Carlotti. Au-delà de l’émotion que [ce documentaire] a suscité, cela aura servi au fait que je remette les choses à plat. Un exemple : on demande aux établissements de fournir à l’ARS une enquête externe faite par une structure objective, et je constate que c’est un tiers des établissements qui le font. J’exigerai que la loi soit respectée. »

Ces images « ne sont pas les pires »

Lundi 20 janvier, toujours dans C est à vous, la présentatrice de Zone Interdite, Wendy Bouchard, avait précisé, à propos de la séquence du documentaire consacrée à Moussaron : « Les images que vous avez vues ne sont pas les pires. On a vraiment des moments indignes où les enfants font leurs excréments au milieu de chacun, prennent des douches nus, garçons et filles mélangés… »

2,9 millions de téléspectateurs ont regardé ce documentaire qui a suscité de nombreuses réactions d’indignation, sur Twitter notamment. Mais aussi sur le site www.faire-face.fr.

Des familles divisées : certaines soutiennent la direction de Moussaron et vont créer une association

Quant aux familles de résidents, elles étaient divisées, avant même la diffusion de l’émission. Quelques-unes ont retiré leurs enfants de l’IME suite aux révélations du collectif d’associations et syndicat, mi-novembre : le documentaire les a confortées dans leur décision. D’autres soutenaient la direction. Brigitte et Jean-Luc Pflieger, dont la fille réside toujours à l’IME, regrettaient notamment dans une récente interview à Sud-Ouest qu’il y ait « un amalgame entre des maltraitances institutionnelles suspectées et des maltraitances ». Aujourd’hui, Jean-Luc Pflieger ne souhaite pas faire de commentaires sur le documentaire. « Les parents s’exprimeront dans le cadre d’une association qui devrait être prochainement créée », a-t-il précisé à La Dépêche. Franck Seuret

 

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