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IME Moussaron : l’administrateur provisoire confirme la maltraitance institutionnelle envers des enfants handicapés

Il a parlé Alain Dewerdt. Pour la première fois dans un entretien accordé à Sud-Ouest (voir vidéo ci-dessous), jeudi 23 janvier.

Administrateur provisoire de l’Institut médico-éducatif de Moussaron (IME), à Condom, dans le Gers, son intervention était très attendue. Lui qui a été nommé, début décembre, par l’Agence régionale de santé (ARS) Midi-Pyrénées, à la tête de cet établissement convaincu de « maltraitance institutionnelle » dans un rapport de cette même ARS.

Moussaron = d’autres établissements, un amalgame à éviter

« Tout ce qui est dans ce rapport est vrai », explique-t-il, en précisant toutefois que ces « dysfonctionnements » concernent « seulement une partie de la maison, (…) ce qu’on appelle le bâtiment ancien. Au niveau de la qualité de l’hébergement, de l’intimité, notamment au moment des toilettes (…), il doit être entièrement revu ». Cette bâtisse abrite 47 des 83 résidents et va bientôt être fermée pour travaux. C’est là qu’ont été filmées les images du documentaire sur la maltraitance des enfants handicapés, diffusé dimanche 19 janvier par M6 dans Zone interdite.

Alain Dewerdt ne nie pas cette réalité mais il veut « à tout prix éviter l’amalgame » avec d’autres affaires de maltraitance, évoquées dans le documentaire. À Moussaron, il n’y a pas de « violence physique ou verbale » des salariés envers les résidents. « Au contraire (…), j’ai pu constater que la relation des professionnels avec les résidents était de qualité, bienveillante, patiente. » Ici, explique Alain Dewerdt, on a à faire à ce que l’ARS « a appelé de la maltraitance institutionnelle, un terme qui signifie un certain nombre de dysfonctionnements ».

Sangles, réveils systématiques la nuit…, des pratiques à proscrire

Cette « maltraitance institutionnelle » ne vient pas uniquement de la vétusté des locaux. De nombreuses règles de fonctionnement, inadaptées, sont aussi en cause. Le rapport de l’ARS pointe les sangles et lits-cages imposés aux enfants durant la nuit sans aucune évaluation individuelle ni prescription médicale en amont (p. 17) ou encore les réveils systématiques, la nuit, « au motif de l’apprentissage de la propreté » (p. 24). La liste n’est pas exhaustive et la responsabilité de la direction, restée en place, mais sous l’autorité de l’administrateur provisoire, est clairement engagée. Franck Seuret

 

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