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L’alimentation constitue le troisième poste de dépenses le plus important selon le rapport 2015 de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Les ménages y consacrent de 14 à 22 % de leurs ressources. ©Sébastien Le Clézio

Le salaire minimum ne permet pas de vivre dignement en France, selon l’Onpes

L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes) a évalué les besoins de différents ménages « pour une participation effective à la vie sociale ». Ses conclusions rejoignent les enquêtes de l’Insee : pour joindre les deux bouts en France, le salaire minimum (1 136 nets/mois) ne suffit pas. Un célibataire doit gagner 1 424 €, un couple avec deux enfants, 3 284 €.

Comment vivent les trois millions de salariés au Smic en France ? Mal ! Pas une révélation mais une confirmation, en espèces sonnantes et trébuchantes, qu’apporte le 9e rapport annuel de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes) sur les « budgets de référence », rendu public vendredi 7 mars. Le salaire minimum (1 136 € net par mois) ne permet pas de vivre dignement. Il manque, à la fin du mois, au moins 300 € dans le porte-monnaie pour y parvenir.

Pas de voiture, pas de vacances

Pour déterminer ce minimum, l’Observatoire a pourtant laissé de côté tout superflu. Pour différents types de foyers (personne seule active, retraitée, couple d’actifs sans enfant, avec deux enfants, etc.), il a défini un panier de biens et de services jugés « nécessaires » : disposer d’une voiture pour ses déplacements, d’une chambre par enfant de sexe différent et de plus de 6 ans ou encore de pouvoir partir en vacances une semaine par an pour les retraités.

Les budgets de référence ainsi établis pour vivre dignement s’élèvent à 1 424 € par mois pour une personne active habitant seule dans un logement social, mais à 1 571 € si elle loue dans le privé

 Le budget de référence selon la configuration familiale et le type de logement

  Famille monoparentale avec deux enfants Couple avec deux enfants Couple sans enfant Personne seule active Couple de retraités
Budget avec logement social 2 599 € 3 284 € 1 985 € 1 424 € 2187 €
Budget avec logement privé 2 830 € 3 515 € 2 133 € 1 571 € 2 437 €

 

Le logement, poste de dépense le plus important

D’une façon générale, le poste de dépense le plus important reste, sans surprise, le logement : il représente 46 % du budget de référence d’un retraité vivant seul dans un logement privé. Deuxième poste budgétaire, le transport représente 21 % du budget d’un célibataire actif. L’alimentation – de 14 à 22 % du budget d’un ménage selon sa configuration – arrive en 3e place.

La moitié des familles monoparentales avec deux enfants sous le seuil de pauvreté

La méthode retenue par l’Observatoire permet de mieux comprendre comment une famille, ou une personne seule, sans être pauvre, se trouve conduite à renoncer à certains biens et services pourtant jugés nécessaires pour vivre décemment, que ce soit par manque de ressources, d’appuis familiaux ou de voisinage, ou à cause de l’inaccessibilité de certains services de base (crèche, santé…).

« Au-dessus des seuils de pauvreté monétaires*, et en-deçà de ces budgets de référence, se situe une fraction non négligeable de familles qui, sans être pauvres, éprouvent à des degrés divers des manques et des privations, voire un sentiment d’exclusion », souligne les auteurs du rapport. Et de révéler, à titre d’exemple, que les familles monoparentales avec deux enfants vivent soit sous le seuil de pauvreté (55 %), soit ne disposent pas d’un budget suffisant pour vivre décemment (40 %).

Aurélia Sevestre

* Le seuil de pauvreté monétaire à 60 % du revenu médian s’établit à 993 € nets par mois en France pour une personne vivant seule.

A propos de Aurélia Sevestre

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3 commentaire

  1. Un peu choquée par cet article quand on sait que dans le milieu associatif lié au social et à la défense des personnes le salaire de leurs salariés faisant un plein temps (35 h par semaine) est inférieur au salaire minimum cité dans l’article :  » pour joindre les deux bouts en France, le salaire minimum (1 136 nets/mois) ne suffit pas ». Et souvent inférieur à presque 100 € de moins par mois

  2. Madae,monsieur
    Je sollicite aupres de vos services un grand secour je suis dans une situation difficiles et grave,je suis mere de 3enfants un litige avec la caf qui bloque toutes mes prestation aucun revenu en se moment mon bailleur menace de m’expulser de mon appartement que je vie depuis 13an.
    A ce jour je suis malade je sais pas ou aller.
    Cette acharnement est du a une separation en mauvais termes,violence insultes je suis seul pour proteger ma famille.
    Je meme souhaiter partir de la ville d’evry je fais une demande de logement dans le sud de la france mon dossier doit passer en commission manque de chance j’ai une dettes sur mon logement actuel.
    Ceci dit je demande la solidarite aupres de vous pour mettre ma famille a l’abris et partir.
    Le fait que mon aide au logement est suspendue aucune prestation l’hpithese avance un manque de document la caf d’evry me fais vivre juste une souffrance est de la misere a ma famille.
    J’ai recu vos coordonner par le cite solidarite femmes
    J’espere que une personne pretera une etude bienveillante a ma demande je prie.
    Ayant confiance a votre humanite je serai tres reconnaissante d’une reponse rapide est favorable en voys remerciant d’avance
    Je vous prie madame,monsieur l’expression de ma tres haute consideration hassani

    • Bonjour,

      Nous vous invitons à prendre contact avec la délégation APF de l’Essonne car ici nous sommes un magazine et nous ne pouvons pas faire grand-chose. Voici le numéro et l’adresse :
      DÉLÉGATION DÉPARTEMENTALE APF
      14 rue Antonio Vivaldi
      91280 SAINT PIERRE DU PERRAY
      tél. : 01 60 78 06 63
      La rédaction

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