Accueil > Santé > L’échographie pour mieux soigner la dystonie

L’échographie pour mieux soigner la dystonie

Maladie rare et insuffisamment connue, la dystonie entraîne des contractions musculaires intermittentes perturbant les mouvements du quotidien. La toxine botulique, injectée directement dans les muscles, soulage les symptômes. Un traitement efficace qui vient d’être rendu nettement moins douloureux grâce à l’échographie.

Non, le Botox ne sert pas qu’à adoucir les rides. Cette substance d’origine bactérienne, appelée aussi toxine botulique, est capable de paralyser les nerfs moteurs. Elle reste donc avant tout un traitement médical de première ligne pour lutter contre certaines maladies neurologiques, dont la dystonie. Cette atteinte multiforme résulte d’un signal anormal envoyé par le cerveau à certains muscles qui se mettent en retour à se contracter de façon inappropriée. Conséquences : des postures anormales ou des mouvements involontaires invalidants et parfois douloureux.

Injecter une toxine pour relaxer

Si la toxine botulinique représente le moyen le plus efficace de juguler les symptômes de la dystonie, c’est en raison de l’effet de relâchement musculaire qu’elle entraîne. Son action évite ainsi les spasmes et, par conséquent, son injection est particulièrement recommandée dans le cas des formes dites ʺfocalesʺ, c’est-à-dire localisées à un ou plusieurs groupe(s) de muscles. Comme ceux du cou (dystonie cervicale ou torticolis spasmodique), des paupières (blépharospasme), des mains (crampe de l’écrivain) ou encore des cordes vocales (dysphonie spasmodique). Comme le souligne d’ailleurs le Professeur Pierre Krystkowiak, neurologue au CHU d’Amiens, « dans le cadre de la dystonie focale, le moins bon des résultats avec la toxine est presque toujours meilleur que le meilleur des résultats avec les médicaments. »

L’échographie pour des injections mieux ciblées

La méthode couramment utilisée pour réaliser ces injections se fait sous électromyographie (EMG). Stimuler électriquement le muscle permet de mieux le délimiter avant de procéder à l’infiltration. Cependant, cette localisation peut s’avérer parfois difficile. En effet, le tissu musculaire est très dense sur certaines parties du corps, obligeant parfois à réaliser plusieurs piqûres douloureuses pour traiter la « bonne » zone.
Face à un tel contexte, une méthode innovante a été mise au point. Au préalable, un kinésithérapeute identifie les zones à traiter chez le patient. Ensuite, le neurologue utilise un échographe pour visualiser avec précision dans chaque zone la position des différents muscles. Si besoin, le patient peut être sollicité, par exemple, en pliant le pouce, les muscles responsables de la flexion étant délicats à cerner.
Le médecin obtient de la sorte une vue d’ensemble et les veines et artères sont contournées pour éviter un hématome. Les injections, mieux ciblées, deviennent ainsi plus efficaces, plus rapides et moins douloureuses.

Une pathologie méconnue

La dystonie touche 45 000 personnes en France. Elle concerne aussi bien les hommes que les femmes de tout âge et peut même se déclarer chez les enfants. Cette pathologie est méconnue du grand public comme des médecins généralistes. C’est pourquoi l’errance diagnostique des patients reste trop longue, pouvant aller jusqu’à deux ans, avec des orientations parfois erronées. Contractions musculaires intermittentes et mouvements anormaux sont souvent mal interprétés et confondus avec des tics, de la nervosité, une maladie de Parkinson ou encore une addiction (alcool ou stupéfiants).
Si une dystonie est suspectée, il faut consulter un neurologue spécialiste des troubles du mouvement. De plus, Amadys, l’association de personnes atteintes de dystonie, offre sur son site internet et via une ligne téléphonique dédiée (09 71 59 14 70), informations et conseils. O. Clot-Faybesse – Photo  DR : injection de toxine botulique sous échographie pour traiter une dystonie de la main

A propos de Valérie Dichiappari

Valérie Dichiappari
Rédactrice en chef.

Lire aussi

Douleurs neuropathiques : deux nouvelles pistes thérapeutiques

Des chercheurs français viennent d’identifier deux pistes pharmacologiques prometteuses pour traiter les douleurs causées par …

5 commentaire

  1. Avatar

    Dans votre article, vous parlez que d’autres maladies neurologiques pourraient en bénéficier.
    Lesquelles ?

    Cordialement,

    CARDINET P

  2. Avatar

    je suis atteint de troubles de déglutition liés à une myosite à inclusion, maladie rare et pour
    l’instant sans traitement de fond.

    des injections botuliques me sont recommandées. La méthode présentée sous echographie est elle indiquée de prêt ou de loin avec ma pathologie?

    Cordialement,
    Jean-Claude Defrenne

  3. Avatar

    Est-ce possible qu’une infiltration de botox dans les muscles longs du cou provoqué des troubles de la deglution?

  4. Avatar

    J’ai la dystonie cervicale depuis déjà 28 ans j’ai des injections botulique depuis environ 17 ans ça me soulage de mon tremblement hériditaire de la tête parfois mais pas à chaque fois.J’aimerais bien avec de la documentation pour de nouveaux traitements.Merci!

  5. Avatar

    il y t il un neurologue qui fait des injection de toxine botulique dans le coup sous échographie sur Angers

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial