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Selon l'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes), seulement 45 % des femmes en fauteuil roulant participent au dépistage du cancer du sein, contre 80 % dans la population totale.

Le handicap entrave le dépistage des cancers

Cancers du col de l’utérus, du sein ou du côlon : les personnes en situation de handicap vivant à domicile se font moins dépister que le reste de la population, souligne une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).

En juin 2013, le rapport Jacob dénonçait l’insuffisance des actes de prévention pour les personnes en situation de handicap. Deux ans plus tard, l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes) le confirme. Dans une étude publiée le 11 juin, elle démontre les écarts de recours – flagrants – à certains actes de prévention entre le public handicapé et le reste de la population.

En moyenne, environ 80 % des Français participent aux dépistages organisés des cancers du col de l’utérus (1) et du sein (2), 42 % à ceux du côlon et 45 % renouvellent leur vaccin contre l’hépatite B tous les dix ans. Mais lorsqu’un handicap est déclaré, le recours à ces actes chute significativement, de façon plus ou moins importante selon le type de déficiences.

Frottis, mammographies en manque d’accessibilité des structures de soins

Pour le col de l’utérus, par exemple, le taux moyen de dépistage diminue de 21 points pour les personnes déclarant « au moins une limitation visuelle » et de 17 points en cas de handicap moteur. Concernant la prévention du cancer du côlon et le vaccin contre l’hépatite B, la participation des personnes déclarant « au moins une limitation motrice » est inférieure de 13 points au reste de la population.

Ces difficultés d’accès aux dépistages sont renforcées pour les personnes en fauteuil roulant : leur taux de consultation reste inférieur de 14,5 points pour les frottis, de 25 points pour les mammographies et de 27 points pour les tests Hemoccult (côlon). « L’intégration de variables sociales (revenus supérieurs, diplômes, etc.) modifie peu ce différentiel négatif de recours », observent les chercheurs qui concluent à la « persistance d’un problème d’accessibilité physique aux structures de soins dispensatrices de ces actes ».

Bénéficiaires de l’AAH en manque d’accès à l’information

L’étude pointe d’autres facteurs pour expliquer la faible participation des personnes handicapées à ces actes pourtant intégralement pris en charge (sauf le frottis) : certains, spécifiques, comme « les difficultés de réalisation du test Hemoccult », et d’autres qui le sont moins. Elle avance, ainsi, la méconnaissance du handicap par les professionnels de santé, la tarification inadéquate des consultations nécessairement plus longues ou encore le manque d’information et d’accès aux soins des plus défavorisés, comme les bénéficiaires de l’AAH.

Cette situation demeure d’autant plus préoccupante qu’avec l’allongement de l’espérance de vie, les personnes handicapées « sont désormais exposées aux mêmes pathologies du vieillissement que le reste de la population ». Dans ce contexte, insistent les auteurs, « les accès à la prévention et au dépistage constituent des leviers permettant d’éviter une dégradation prématurée de leur état de santé ». Aurélia Sevestre

(1) Les frottis cervico-vaginaux sont recommandés aux femmes âgées de 25 à 64 ans tous les trois ans.

(2) Première cause de mortalité des femmes par cancer en France, avec 12 000 décès par an. Les mammographies sont préconisées tous les deux ans pour les femmes âgées de 50 à 75 ans.

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