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Élèves handicapés : 8 000 auxiliaires de plus pour la rentrée… ou un peu plus tard
Le ministre de l’Éducation nationale annonce que 80 000 personnes accompagneront les élèves handicapés, cette année : 50 000 sous contrat aidé et 30 000 AESH, moins précaires.

Élèves handicapés : 8 000 auxiliaires de plus pour la rentrée… ou un peu plus tard

Publié le 29 août 2017

La promesse que chaque élève handicapé soit accompagné par un auxiliaire de vie scolaire, s’il en a besoin, « sera tenue », assure le gouvernement. Mais il y aura encore des couacs à la rentrée, prévient la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées. Un chantier va être lancé en octobre pour pérenniser ces emplois.

Oui, chaque élève handicapé aura bien un auxiliaire de vie scolaire (AVS), dès lors que la Maison départementale des personnes handicapées a reconnu qu’il en avait besoin. Mais certains de ces AVS ne seront pas encore là le jour de la rentrée… Voilà le message à retenir des récentes interventions du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et de Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées.

80 000 auxiliaires de vie scolaire pour les élèves handicapés

Le ministère de l’Éducation nationale va en effet mobiliser 80 000 personnes, comme l’a confirmé Jean-Michel Blanquer, ce mardi 29 août, en conférence de presse. Sous deux statuts différents comme c’est le cas depuis 2014. Il y aura donc 50 000 contrats aidés (CIU-CAE), de 6 à 24 mois, destinés à des personnes rencontrant des difficultés dans l’accès à l’emploi. Soit peu ou prou le même nombre que l’an passé.

8 000 AESH supplémentaires sur des contrats moins précaires

Le ministère s’appuiera aussi sur 30 000 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Soit, toujours selon le ministère, 8 000 de plus que l’en passé. Ces AESH assurent exactement les mêmes missions que les AVS sous contrat aidé. Mais ils bénéficient d’un contrat moins précaire : à durée déterminée de trois ans maximum renouvelable ou indéterminée.

Ces 8 000 postes supplémentaires « sont des transformations de précédents contrats aidés sur un contrat beaucoup plus pérenne (…), a expliqué Sophie Cluzel, sur France Info, lundi 28 août. On va vers une professionnalisation, une stabilisation du personnel auprès des enfants. »

Un décompte précis en équivalent temps plein

Selon le ministère de l’Éducation nationale, le nombre d’accompagnants équivalent temps plein va passer de 53 394, à la rentrée 2016, à 61 462 à cette rentrée. Soit une augmentation de 8 069 postes équivalent temps plein. Ce nombre est logiquement inférieur à celui des 80 000 accompagnants, car nombre d’entre eux travaillent à temps partiel.

« Il y aura suffisamment d’AVS. »

« Le président de la République s’est engagé à ce que chaque élève en situation de handicap puisse bénéficier d’un accompagnement, précise le ministère de l’Éducation nationale dans un communiqué. Cette promesse sera tenue dès la rentrée 2017. » « Il y aura suffisamment d’AVS », a répété Sophie Cluzel sur France Info.

La secrétaire d’État a toutefois apporté une précision. « Le compte y est. Maintenant peut-être que le jour même de la rentrée, l’AVS ne sera peut-être pas encore recruté, qu’il y aura quelques décalages. Mais l’engagement sera tenu (…) dans les prochains jours de la rentrée. »

Le nombre d’élèves handicapés scolarisés a plus que doublé en 10 ans. Tout comme le nombre d’élèves accompagnés.

Une mission de service public assurée par des précaires

Il en va malheureusement de même chaque année. Certains élèves handicapés doivent attendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant de pouvoir bénéficier de l’accompagnement auquel ils ont droit, puisque la MDPH leur a reconnu ce besoin. Des retards qu’a toujours dénoncés la Fnaseph, l’association que présidait Sophie Cluzel jusqu’à sa nomination au gouvernement.

À sa décharge, comment pourrait-il en être autrement alors que cette mission de service public repose sur des personnels précaires ? L’Éducation nationale embauche des salariés qui n’ont pas vocation à rester. Le ministère doit donc jongler en permanence avec les échéances de leurs contrats. Le tout dans un contexte d’augmentation des effectifs d’élèves handicapés.

Tergiversations autour des contrats aidés

La volonté du gouvernement de limiter le nombre total de contrats aidés ne simplifie pas pas l’affaire. L’association Toupi a publié récemment sur Twitter le courrier qu’une inspection académique a envoyé, vendredi 25 août, à une AVS s’inquiétant de savoir si son contrat aidé allait être renouvelé. « Madame, les avenants n’ont à ce jour pas été envoyés à cause des annonces gouvernementales au sujet des contrats aidés. À ce jour, nous ne savons pas ce qu’il adviendra de ce type de contrat. Nous sommes donc dans l’attente de plus d’informations. »

Depuis, les inspections académiques ont dû recevoir des instructions à en croire les annonces de Jean-Michel Blanquer. Mais le retard pris complique forcément la gestion des effectifs.

« Éviter les ruptures d’accompagnement. »

Tant que l’accompagnement des enfants en situation de handicap n’aura pas été réformé, les rentrées resteront difficiles. Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis qu’il allait « pérenniser ces emplois, les stabiliser ». Ce chantier devrait être lancé très prochainement. Le ministère de l’Éducation a annoncé qu’il allait, avec le secrétariat d’État chargé des personnes handicapées, « travailler, dès le mois d’octobre, pour rénover l’accompagnement des enfants et des jeunes en situation de handicap. »

« Un chantier pour réfléchir à ce statut, à ce cadre d’emploi, à cette possibilité d’éviter les ruptures d’accompagnement entre l’école, les centres de loisirs, les stages, la vie sociale, a précisé Sophie Cluzel, sur France Info. Parce que c’est un vrai besoin de pouvoir fluidifier le parcours des élèves handicapés, qui ne sont pas que des élèves. Ce sont aussi des enfants avec des besoins d’accompagnement sur tout leur temps quand ils sont nécessaires. » Franck Seuret

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