Accueil » Emploi » Moins d’accidents de travail mais davantage de travailleurs handicapés
Moins d’accidents de travail mais davantage de travailleurs handicapés
La fréquence des accidents du travail est tombée de 120 pour 1 000 salariés en 1946 à moins de 34 en 2016.

Moins d’accidents de travail mais davantage de travailleurs handicapés

Publié le 14 septembre 2017

La fréquence des accidents de travail n’a jamais été aussi basse depuis 1946 montre une étude de l’Assurance maladie. Mais cette tendance, positive, n’empêche pas le développement des inaptitudes, qui alimente l’explosion du nombre de personnes reconnues handicapées.

« Un niveau historiquement bas. » En 2016, la branche accidents du travail/maladies professionnelles (AT/MP) de l’Assurance maladie a enregistré 626 000 accidents du travail et de trajet ayant donné lieu à un arrêt de travail ou à une incapacité permanente. Soit 33,8 pour 1 000 salariés. Un peu moins que l’année précédente (33,9).

Ce bon résultat, rendu public jeudi 14 septembre par l’Assurance maladie-risques professsionnels, s’inscrit dans une tendance longue à la baisse. Le taux de sinistralité s’élevait à 43 en 2002 et à 120 en 1946, l’année de création de cette branche.

Du mieux aussi pour les maladies professionnelles

Du côté des maladies professionnelles, la situation s’améliore également. L’inversion de tendance survenue en 2012 et 2013 se poursuit en 2016 : le nombre de nouvelles maladies professionnelles, c’est à dire ayant donné lieu à un premier versement de prestations cette année-là, a baissé de 4,3%.

Les secteurs traditionnellement à risque reculent

« Cette tendance à la baisse tient, d’une part, à la recomposition sectorielle de l’emploi, explique, dans Alternatives économiques, Gérard Vindt, auteur de nombreux ouvrages d’histoire économique. Des secteurs à risque ont vu le nombre de leurs salariés décroître, en particulier dans l’industrie, alors que le développement du tertiaire signifiait plus d’emplois de bureau, où les accidents sont moins fréquents. Mais cette baisse est aussi à mettre au crédit de politiques de sécurité au travail. »

Trois fois plus d’accidents dans les services à la personne

« Il ne faut toutefois pas négliger l’importance de la fraude en matière de déclaration », poursuit Gérard Vindt. Les employeurs cotisent en effet en fonction de leur sinistralité. 5 à 6% des accidents ayant entraîné un arrêt ne seraient donc pas déclarés comme accidents de travail.

De plus, certaines branches, y compris dans le tertiaire, continuent à faire figure de très mauvais élèves. L’aide et le service à la personne, par exemple, ont comptabilisé, en 2016, 96 accidents du travail pour 1 000 salariés, soit trois fois plus que la moyenne !

Deux fois plus de travailleurs reconnus inaptes chaque année

Par ailleurs, même si la fréquence des accidents du travail diminue, le nombre de travailleurs reconnus inaptes à leur poste n’a jamais été aussi important. Chaque année, quelque 150 000 viennent grossir les rangs, deux fois plus qu’il y a dix ans. La moitié des inaptitudes seraient dues à des accidents de la vie courante, une maladie cardio-vasculaire, etc ; l’autre, à des facteurs d’origine professionnelle, pas toujours reconnus comme tels.

2,7 millions de personnes handicapées, chez les 15-64 ans

Cette progression de l’inaptitude est liée à la forte intensification du travail, depuis le milieu des années 80. Et puis la population active vieillit. Le recul de l’âge de la retraite n’arrange rien. Résultat : le nombre de personnes reconnues handicapées augmente fortement.

En 2015, dernière année pour laquelle les statistiques sont disponibles, 2,7 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans avaient une reconnaissance administrative de leur handicap. Soit 300 000 de plus qu’en 2013. Ce phénomène alimente l’explosion du chômage des travailleurs handicapés. Le nombre de demandeurs d’emploi avoisine les 500 000. Un niveau historiquement haut. Franck Seuret

Déposer un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*