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La thérapie génique pour traiter la maladie de Parkinson : premiers résultats encourageants

Un essai clinique réalisé par le biais de l’injection d’un virus génétiquement modifié, le ProSavin, vient de montrer qu’il était possible de soigner des patients atteints d’une forme évoluée de Parkinson. Les bénéfices ? Une motricité retrouvée et une qualité de vie améliorée. Ces résultats, obtenus grâce à une collaboration franco-anglaise entre l’Hôpital Henri-Mondor à Créteil (Val-de-Marne) et l’Hôpital Addenbrookes à Cambridge (Royaume-Uni), donne de l’espoir aux quelque cinq millions de personnes dans le monde, dont 120 000 en France, touchées par cette maladie neurodégénérative.

Produire la dopamine manquante grâce à un virus de cheval

Le principe thérapeutique s’avère assez simple. Comme la production de dopamine, une hormone, baisse et vient à manquer dans les atteintes parkinsoniennes, pourquoi ne pas doper sa fabrication ? Pour cela un virus de cheval, sans innocuité pour l’homme, a été tout d’abord vidé de son « matériel » génique, c’est-à-dire de ses propres gènes. À la place, les chercheurs y ont glissé l’ADN de trois gènes indispensables à la synthèse de la dopamine. Puis, un neurochirurgien a injecté, au cours d’un traitement de haute précision, le virus modifié directement dans le cerveau de quinze patients. Quelques semaines plus tard, ils se sont alors mis à fabriquer et à secréter en continu de petites doses de dopamine.

Des hallucinations et une irritabilité toujours présentes

Le neurochirurgien Stéphane Palfi, chef de l’équipe française de l’Hôpital Henri-Mondor impliquée dans ces travaux, souligne que « les symptômes moteurs de la maladie ont été améliorés jusqu’à douze mois après l’administration du traitement chez tous les patients, voire jusqu’à quatre ans chez les premiers à en avoir bénéficié ». Au-delà de cette période, malheureusement, ces progrès -diminution des tremblements, correction de l’hypertonie plastique causant des pertes d’équilibre…- s’atténuent.

De plus, ce traitement n’agit que sur les symptômes moteurs car leur apparition est liée à la baisse de production de dopamine. Les autres symptômes de la maladie, tels que les hallucinations ou les troubles du comportement (dépression, léthargie…), dont l’origine ne dépend pas de la dopamine, ne sont, par conséquent, pas soignés, alors qu’ils participent également à la grande souffrance des patients.

Ces premiers résultats sont néanmoins encourageants et une nouvelle série d’essais cliniques est prévue avant la fin de cette année afin d’améliorer encore les bénéfices de cette thérapie.

En décembre, une protéine responsable de la maladie identifiée par des chercheurs Inserm

Déjà début décembre 2013, grâce aux travaux de chercheurs Inserm de l’Institut des maladies neurodégénératives de Bordeaux, menés en collaboration avec des équipes espagnoles, une protéine responsable de la maladie de Parkinson avait été identifiée : l’α-synucléine capable, à elle seule, de déclencher la neurodégénérescence associée cette maladie.

Pour que cette protéine particulière propage la pathologie de Parkinson, il faut toutefois qu’elle soit présente dans le cerveau sous forme d’agrégats, et non sous sa forme native (libre) présente naturellement chez n’importe quel sujet sain.

Pour le démontrer, les scientifiques ont injecté de petites quantités du responsable présumé sous sa forme agrégée (récupérée chez des patients décédés) dans le cerveau de souris et de macaques. Quelques mois après, une dégénérescence des neurones typiquement ciblés par la maladie de Parkinson (les neurones dopaminergiques) était observée chez les deux espèces. Ces résultats soulignent l’intérêt thérapeutique de l’α-synucléine. En bloquant son agrégation, la maladie pourrait être prévenue.

O. Clot-Faybesse

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