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Dès 2007, la Haute autorité de santé avait souligné les risques liés aux prothèses de hanche métalliques et en 2012, une alerte générale avait été lancée en 2012 dans les pays anglo-saxons © Depardieu M./Inserm

Prothèses de hanche métalliques : un nouveau scandale ?

Les prothèses de hanche à articulations métalliques se retrouvent dans le collimateur de la justice. La raison ? Elles nuiraient à la santé des personnes implantées. Des dangers connus depuis longtemps d’après certains avocats qui, au nom de leurs clients, portent aujourd’hui plainte contre l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé et les fabricants.

16 décembre 2014 : l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) déconseille officiellement le recours aux prothèses de hanche métalliques en alliage de chrome et de cobalt. En cause, des risques d’empoisonnement liés à un taux de cobalt anormalement élevé dans les os et le sang. Cette forte concentration, quatre fois la dose maximale admise, résulterait des frottements entre les deux parties de l’implant (de type « couple de frottement métal/métal »). Les ions métalliques ainsi libérés entraîneraient, avec le temps, des problèmes neurologiques, endocriniens et cardiaques.

Recommandations trop tardives selon les victimes

Face à ce constat, que reprochent les victimes de telles intoxications aux autorités sanitaires françaises ? Tout simplement, un retard dans leur mise en garde puisqu’il aura fallu attendre fin 2014 pour indiquer aux chirurgiens orthopédistes d’éviter l’ensemble des prothèses de hanche métal/métal. Et ce alors que de multiples études sur la dispersion de particules métalliques dans le sang des porteurs ont été publiées dans les années 2000.

D’ailleurs, la Haute autorité de santé (Has) française avait, dès 2007, souligné : « Toutes les études comparatives montrent des concentrations sanguines et urinaires d’ions chrome et cobalt significativement plus élevés » pour les prothèses métal/métal implantées. Surtout, une alerte générale avait été lancée en 2012 dans les pays anglo-saxons. Notamment à la suite des résultats d’une étude autrichienne réalisée entre 2003 et 2011 et révélant des taux de révision très supérieurs par rapport aux dispositifs céramique/céramique.

Querelles d’experts en perspective

À travers leur plainte contre l’ANSM  et son assignation en référé devant le Tribunal de grande instance de Bobigny, les avocats des patients concernés parlent aussi de négligence ainsi que de possibles failles de surveillance de ce dispositif médical. Comme souvent, la situation est complexe. Tout d’abord, peu de porteurs sont en fait concernés, le type couple de frottement métal/métal ne représentant que 2 % du total des prothèses de hanche implantées. En outre, il semblerait que le relargage d’ions métalliques dans l’organisme concerne essentiellement les dispositifs d’un diamètre supérieur à 36 mm. Il est d’ailleurs conseillé aux porteurs d’effectuer un dosage systématique, pour lequel il semble, en France, ne pas y avoir de consensus. En effet, trop d’incertitudes planent sur la qualité des dosages et sur les seuils d’alerte à retenir.

Un précédent à la fin des années 70

Sans préjuger des suites judiciaires, le plus surprenant est que ce n’est pas la première fois qu’un problème d’usure des prothèses de hanche défraie la chronique. La première génération en métal avait été retirée du marché à la fin des années 70 en raison de l’apparition de débris métalliques dans l’articulation. Ces derniers rongeaient l’os, ce qui fragilisait la fixation de la prothèse, finissant par la desceller. Leur usinage a donc été revu. Pour laisser place au chrome et au cobalt, l’alliage actuellement sur la sellette… O. Clot-Faybesse

A propos de Olivier Clot-Faybesse

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6 commentaire

  1. Mon épouse a reçu une prothèse métal métal en 2007, et maintenant elle a un dosage sanguin 120 fois supérieur à la normale, des douleurs permanentes et la hanche qui grince!!

    • Bonsoir mon conjoint opérer en septembre 2014 avec douleur intense taux cobaltemie 305,50 on attends l opération vite une plainte à été déposé inadmissible

  2. Mon opération eu lieu en 2009 et j’ai dèvelopper des problèmes neurologiques dit fybromialgie et cela est intense,je ne Peru’s rester assise dans un endroit plus que 30 min sinon j’ai des douleurs atroces et des grincements et craquement dans l’os du fémur.

    • Bonjour Ruth,
      Comment allez-vous ?
      J’ai été opéré en 2008 et depuis deux ans environ de grosses douleurs surtout à la fesse, à l’aine et à la hanche.
      J’ai depuis deux ans également de grosses douleurs articulaires et musculaires. On me dit que j’ai une polyarthrite rhumatoide invalidante ! Je commence à comprendre maintenant d’où viennent toutes mes douleurs, car mon taux de cobalt est trop élévé !
      Cet été ma prothèse à fait des grincements lors d’une promenade en montagne, ils appelent ceci le « Krick symptôme »

      Ou en êtes-vous ?
      Que était votre taux de cobalt dans le sang ?

      Courage à vous,
      Marion

  3. J’ai été opérée de la hanche fin 2012 – prothèse en titane, chrome, cobalt. C’était une reprise de l’opération 1 1/2 an plus tôt parce que je ne pouvais plus lever la jambe, sans me blesser au niveau de la prothèse.
    Aujourd’hui j’ai développé une intoxication au titane avec les symptômes suivants: asthme, migraines, douleurs articulaires et musculaires, détérioration de et douleur des os (fémur principalement), prédisposition au cancer du colon et à alzheimer. A part le dernier, j’ai depuis 2 ans développé tous ces symptômes. Grâce à la phytothérapie, les symptômes vont mieux – un autre problème s’est amélioré mais subsiste: douleur dans la cuisse qui m’empêche de m’appuyer sur la jambe pliée; donc impossible de me rattraper si je trébuche en rue par exemple.
    Le chirurgien me dit qu’en remplaçant la prothèse (3e opération) , on a de faibles chances d’amélioration mais de grandes chances de détérioration. C’est pourtant la seule issue qu’il me reste ….
    Génial tout ça !!!!!

    • Bonjour Jacqueline,
      Comment allez-vous ? Avez-vous été opérée ?
      J’ai depuis deux ans de grosses douleurs articulaires et musculaires. On me dit que j’ai une polyarthrite rhumatoide invalidante ! Je commence à comprendre maintenant d’où viennent toutes mes douleurs, car mon taux de cobalt est trop élevé également.
      Je vais m’intéresser à la phytotérapie.
      J’ai également de grosses douleurs dans la fesse et dans l’aine.
      Courage à vous,
      Marion

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