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Sophie Cluzel : « Tant qu'on sera sur un système précaire, avec des contrats aidés, cela ne fonctionnera pas. »

Accompagnement des élèves handicapés : Cluzel veut sortir rapidement de la précarité

2018 sera l’année du recrutement de 11 200 AESH pour accompagner les élèves handicapés. 3 200 de plus qu’en 2017. Ces salariés sont sous contrat Éducation nationale et non en contrat aidé. La sortie progressive de la précarité devrait permettre d’améliorer le dispositif d’accompagnement. Même si de nombreuses questions demeurent en suspens.

Sophie Cluzel souhaite aller plus vite. « On accélère la tendance pour basculer sur une vraie professionnalisation. » La secrétaire d’État chargée des personnes handicapées a assuré, lundi 4 décembre sur RTL, qu’11 200 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) allaient être recrutés en 2018.

30 000 AESH et 50 000 contrats aidés aujourd’hui

Aujourd’hui, deux types d’intervenants se côtoient dans les écoles. 30 000 AESH, en contrat à durée déterminée de trois ans maximum, renouvelable une fois, ou à durée indéterminée. S’y ajoutent 50 000 contrats aidés, de six à vingt-quatre mois, destinés à des personnes rencontrant des difficultés dans l’accès à l’emploi.

En 2016, François Hollande, alors président de la République, avait décidé d’« engager la transformation progressive des contrats aidés en contrats d’AESH. » De 2016 à 2020, chaque année, 11 200 contrats aidés à temps partiel (vingt heures par semaine) devaient être transformés en 6 400 contrats AESH équivalent temps plein (35 heures par semaine).

Moins de précarité mais…

Les contrats AESH sont certes moins précaires que les contrats aidés. Mais il leur faut enchaîner six ans de CDD avant d’accéder à un CDI. Les temps partiels sont souvent imposés, le niveau de formation exigé continue à faire débat, etc. Un collectif a d’ailleurs lancé une pétition, début octobre, pour dénoncer la maltraitance socio-économique des personnes en charge de l’accompagnement des élèves handicapés.

« Nous restons sur notre réserve suite à l’annonce de Mme Cluzel, commente le Collectif AESH France. Pas de détails assez concrets qui nous permettent d’avoir un espoir que les choses évoluent à notre avantage. » 

10 900 créations d’AESH inscrites au projet de loi de finances

Le projet de loi de finances pour 2018, qui devrait être adopté par le Parlement dans les jours à venir, va plus loin. Il prévoit bien ces 6 400 créations de postes au titre de la poursuite du plan de transformation des contrats aidés en AESH mais aussi 4 500 recrutements supplémentaires d’AESH. Soit 10 900 au total. Peu ou prou ce qu’a annoncé Sophie Cluzel sur RTL, lundi matin (11 200). Pour mémoire, en 2017, l’Éducation nationale affirme avoir créé 8 000 postes d’AESH. Le gouvernent « accélère » donc bien « la tendance ».

« Professionnaliser les accompagnants. »

Pourquoi ? « Tant qu’on sera sur un système précaire, avec des contrats aidés, cela ne fonctionnera pas, répond Sophie Cluzel. Selon la secrétaire d’État, cette précarité explique les difficultés de recrutement auxquelles se heurte le ministère de l’Éducation nationale. « Les budgets [pour ces contrats aidés] ont été sanctuarisés (…) mais on n’arrive pas à recruter (…) sur certains bassins d’emploi », assure-t-elle.

Le fait que l’accompagnement repose sur des contrats aidés rend également beaucoup plus difficile la gestion des effectifs. Le ministère doit en effet jongler en permanence avec les échéances. Ce qui contribue aussi à expliquer les nombreux couacs qui émaillent les rentrées.

Des besoins en constante augmentation

« Mais vu que les besoins d’accompagnement continuent à augmenter chaque année, les effectifs actuels ne suffiront pas à couvrir les besoins, note Marion Aubry, la vice-présidente de l’association Toupi. À raison de 20 000 notifications supplémentaires des Maisons départementales des personnes handicapées et d’un poste équivalent temps plein (ETP) pour deux à trois élèves, il faudra 7 à 10 000 ETP de plus à la rentrée 2018. Combien y aura-t-il de contrats aidés l’année prochaine ? » Franck Seuret

Vers une école inclusive ?

Sophie Cluzel a également publié, dans la soirée du 4 décembre, un communiqué détaillant un plan pour rendre l’école plus inclusive. Certaines mesures avaient déjà été dévoilées lors du Comité interministériel du handicap, le 20 septembre : créer 250 unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) dans les lycées d’ici 2022 ; doubler d’ici 2020 le nombre d’unités d’enseignement externalisées qui accueillent, au sein de l’école, des enfants accompagnés par les établissement spécialisés…

« Ce plan reprend de nombreuses demandes du Conseil national consultatif des personnes handicapées, commente Bénédicte Kail, la conseillère nationale éducation de l’APF. Mais la mise en œuvre s’annonce délicate car différents acteurs doivent aller dans le même sens : les universités, pour la formation des enseignants ; les collectivités locales, pour la mise à disposition de salles de classes, etc. » Au moins, le cap est-il fixé.

A propos de Franck Seuret

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17 commentaire

  1. Je suis en contrat AESH et je ne touche pas le SMIC! C’est scandaleux! Et pourtant, je ne suis pas en contrat aidé. J’ai fait deux ans d’ AVS en contrat aidé et trois années en étant recruté par l’inspection académique. Qu’on soit en contrat aidé ou embauché par l’inspection académique, notre situation est toujours aussi précaire! Je demande au ministre de cesser cette hypocrisie ou bien cette langue de bois. Car pour recruter plus d’AESH, il faudrait les rémunérer décemment! Très cordialement Madame la ministre,

  2. Malgré notre situation précaire c est un vrai métier d être aseh il faut posséder pleins de qualités humaines et certaines valeurs et nous touchons même pas le smic dur de s assumer financièrement car il faut un véhicule pour pouvoir se rendre dans les écoles et tout ca a un coup à bon entendeur

  3. Ce que ne dévoile pas effectivement madame Sophie Cluzel, c’est:
    -11 200 agents AESH en contrat aidé (type CDD droit privé) pourront accéder à un contrat éducation nationale (type CDD droit public) et 9 800 agents AESH en contrat aidé actuellement en poste seront invités à rejoindre Pôle emploi (du fait d’un contingent réduit de 50 000 contrats aidés en 2017-2018 à 30 500 contrats aidés pour l’année scolaire 2018-2019)

    – Pour compenser cette perte de 9800 agents AESH en contrat aidé, il est bien prévu la création de 4500 ETP AESH contrat éducation nationale (droit public) mais elle ne couvrira nullement les besoins sauf à envisager certainement des accompagnants AESH plus précaires en terme de rémunération et en condition de travail (accompagnement de plusieurs élèves avec affectation sur plusieurs écoles)

    L’affirmation qu’un contrat AESH éducation (type CDD/CDI droit public) serait moins précaire est tout simplement du mensonge éhonté et à renvoyer 9800 agents AESH en contrat aidé en 2018 à la case pôle emploi, cela ne contribue nullement à rendre une société plus inclusive pour des élèves qui auront à subir des ruptures d’accompagnement.

  4. Bonsoir,

    Merci d’avoir cité notre pétition dans votre article.

    Bien cordialement,
    AESH Loi 2005

    https://www.petitions24.net/stop_a_la_maltraitance_socio-economique_des_aesh#form

  5. Vu la situation actuelle étant moi même À.E.S.H on se retrouve confronté avec de plus en plus d’enfants en situation d’handicap et autres problèmes sociaux…on devrait être mieux considéré et travailler à temps complet, 20h par semaine loin d’être suffisant pour suivre les enfants correctement surtout quand on intervient sur deux écoles…

  6. Bonsoir!amis plein de courage…oui,de courage,car comment se dire que l’on est utile avec 737e par mois???on nous le rabache assez quand on veut ou doit « s’offrir »de quoi en vivre!nous sommes respectivement des aides de tous les jours,des éducateurs,des parents de substitution,des écoutes,des références,des psychologues,des copains tout en se faisant respecter…et j’en passe et j’en passe…à oui,j’oubliais…parfois des esclaves d’instits en mal d’achats sur internet et qui ne fout rien!ce n’est sûrement pas perso,c’est une constatation d’une fénéante notoire que les inspecteurs feraient mieux de surveiller… bref…aesh,en 24h semaine,on en fait facile le double physiquement,émotionnellement et sentimentalement…car oui,nous les accompagnons ces ptits lous mais nous les respectons et les aimons…ils nous le rendent bien…heureusement,car cela compense le salaire minable que nous touchons!!!!bref…nous sommes utiles,voire indispensables pour tout le staff de l »école…je pensais qu’ils avaient compris…ceux d’en haut qui ne vont sur le terrain que pour être pris en photo ou pour être élus!!! Je ne m’attends pas à grand chose mais mon idéal aurait été qu’on ne nous prenne plus pour des pions,des « avs »comme l’on nous nomme!!que c’est péjoratif… bref…quelque soit ces 24h,bien remplies,un salaire de tps compleg ne serait vraiment pas de trop avec le diplome qui va avec…perso…5 ans de contrat «  » » »aidé » » » » et 2 ans d’aesh me laisse une expérience et une façon d’être bien supérieures à celles de certaines instit!!!!
    Merci!!!

  7. Vu les compétences requises pour être AESH, un salaire à temps complet paraît être le moins qu’on puisse attendre de l’éducation nationale qui devrait avoir honte de payer ces personnels 650 euros par mois.

  8. La précarité ne vient pas que des cui. Les contrat aesh cdd le sont aussi.
    Le problème de recrutement vient aussi du fait que pour un 20h le salaire est d environ 682 euros un contrat aesh avec le même nombre d heure est d environ 560 euros.
    Pour celles à qui on a proposé de passer en CDD beaucoup on dit non au vu de la perte de salaire.
    Quand on sait que les dsden demandent en plus de faire une voir deux heures de plus par semaine non rémunérées ça n aide pas. Et je passe les autres difficultés rencontrées.
    Nous n avons encore que peu de reconnaissance de notre métier.
    Notre image est souvent ternie et cela passe bien-sûr par notre médiocre salaire.
    Les promesses électorales sont déjà loin.En revanche nous nous sommes sur le terrain et accompagnons nos petits protégés avec tout notre professionnalisme et l amour de cette profession mais soyons lucides ce n est pas notre salaire qui nous permet de vivre décemment et encore moins d obtenir du respect.
    A bon entendeur.

  9. AVS en CUI depuis 1 an, je travaille 24h pour 20h payes au tarif de 673€ net . Je ne comprends pas que dans certaines académie ils sont payés 24h pour 24h travaillés ?

  10. Bonjour à toutes et tous je suis aesh depuis 7 ans et donc en cdi depuis septembre.20h/ sem 609 euros je bénéficie de rsa sinon ce n’est pas jouable ( en vivant seule)si par miracle nous passions à 35 h quelles pourraient être nos fonctions sur les 15 h supplémentaires ?

  11. bonjour j’ai fait 2ans de contrat aidés actuellement je suis aseh avec un contrat 20h semaine soit 620e par mois.j’adore ce métier je m’occupe de 3 enfants dans la même classe j’ai envoyé un mail à l’inspecteur pour augmenter mon contrat de 4h car comment peut-on aider des enfants en grandes difficultés avec 20h semaine! je pense qu’ il faut revoir les contrats pour certaines aseh moi je vis seule avec un enfant

  12. merci de supprimer commentaire nasli je veux pas etre sur internet merci de votre comprhésion je m’entends bien mes collegues et moi avec l’inspection académique

  13. bonjour, voilà plus de 6 ans que je suis AESH maintenant et mon expérience commence à réellement compter (positionnement professionnel, lien avec les enseignants, connaissance de différents handicaps et du travail des professionnels type orthophonistes ou des équipes de SESSAD, expérience dans certains aménagements utiles pour beaucoup et faciles à mettre en oeuvre…). Malgré ces compétences, nous n’avons aucune reconnaissance (salaire minable, formation éclaire qui ressemble plus à une information, difficulté des enseignants à nous entendre et à se saisir de notre expérience) et je ne parle pas du collège qui semble juste nous tolérer… D’autres pays, comme l’Italie, je crois, sont beaucoup plus ambitieux. Les accompagnants sont réellement formés et reconnus. Enfin, même dans les ouvrages spécialisés, on déplore très souvent le manque de formation des enseignants mais rarement un mot sur les aesh… nous sommes invisibles et toujours aussi précaires (en CDI certes mais à 720 euros environs par mois pour 24h, et je n’ose pas regarder la grille d’évolution de carrière pour ne pas partir en courant !!). A bon entendeur…

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