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L'entreprise adaptée, un modèle qui permet aux personnes handicapées d'accéder à un emploi durable et de se réaliser comme citoyens, selon l'Unea.

Les entreprises adaptées travaillent à montrer leur réussite

Engagées dans une concertation avec le gouvernement, les entreprises adaptées ont entrepris de recenser leur activité et d’interroger les Français sur leur rôle. Pour montrer leur efficacité dans la lutte contre le chômage et peser sur les financements qui leur permettraient de changer d’échelle.

Elles demandent aux pouvoirs publics de pérenniser leur modèle. Parce qu’il « permet aux personnes en situation de handicap d’accéder à des emplois durables et de se réaliser en tant que citoyen à part entière ». Et pour appuyer cette demande, l’Union nationale des entreprises adaptées, qui tenait jeudi 17 mai une conférence de presse, a présenté des chiffres ainsi qu’une enquête de l’institut CSA.

Les chiffres ? Ce sont 80 emplois créés chaque mois depuis 2010 par 800 entreprises présentes dans tous les secteurs d’activités. Des entreprises ordinaires qui tirent 80 % de leurs ressources de leurs clients. Elles emploient 35 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros.

Un gain social de 11 000 euros par emploi créé

C’est aussi un gain social de 11 000 euros par an pour un emploi créé, selon le cabinet KPMG. Les recettes pour la collectivité générées par le retour à l’emploi (impôts, charges sociales, TVA, etc.) dépassant les aides que versent les pouvoirs publics. Dont l’aide au poste – destinée à compenser la moindre productivité – et la subvention spécifique, qui sert à la formation et à l’adaptation des postes de travail. Une subvention déjà rognée.

Quant à l’enquête, elle a donné la parole aux Français sur l’emploi et le handicap. Sans oublier la pertinence du modèle au regard du chômage massif des personnes handicapées. Il en est sorti – bonne surprise ! – que 2 Français sur 3 connaissent les entreprises adaptées. Qu’ils sont aussi 86 % à estimer qu’elles peuvent être aussi compétitives que les autres, tout en employant au moins 80 % de travailleurs handicapés.

Le travail, facteur d’intégration pour 98 % des Français

La même proportion de personnes interrogées trouve normal que les entreprises adaptées bénéficient d’une compensation financière. Elle juge d’ailleurs que c’est la meilleure solution pour lutter contre l’exclusion du monde du travail des personnes handicapées.

Les sondés reconnaissant à 98% le travail comme un facteur d’intégration sociale. Tandis que pour 77 % l’emploi des personnes handicapées doit être une priorité du gouvernement.

Aujourd’hui, les entreprises adaptées ambitionnent d’obtenir le financement de 10 000 nouveaux postes à l’horizon 2022. Objectif : créer 15 000 emplois. Dans un contexte difficile puisque le gouvernement a déjà baissé la subvention spécifique pour 2018.

Un laboratoire pour innover sur l’inclusion
Faire connaître son modèle, c’est bien. Innover, c’est mieux ! C’est pourquoi l’Unea lance le Lab2i, “laboratoire des innovations inclusives”. Un espace de réflexion pour construire de nouvelles solutions d’accès à l’emploi des personnes handicapées, en milieu ordinaire et avec un contrat de travail durable et de droit commun. Ce Lab2i sera composé de trois collèges : des élus, des experts dont l’anthropologue Charles Gardou et des professionnels, salariés et employeurs.

A propos de Corinne Manoury

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Un commentaire

  1. L’entreprise adaptée est dans le MILIEU ORDINAIRE et les salariés ont un contrat de travail ordinaire, avec droits et devoirs. Si certains rejoignent parfois les entreprises dites classiques, c’est grâce à leur efforts, ceux de l’entreprise et leur évolution in fine. D’autres préfèrent y rester suivant les capacités et leurs désirs. Celle que j’ai crée il y a 25 ans, toujours vivante, est une sarl sur des fonds privés et non pas sur le dos du contribuab le, comme bien des AP de jadis, gérés par des assoc et où pendant des années l’Etat comblaient leurs pertes. Je ne cite personne, j’en ai connu de très près. J’oubliais: chez nous tous les opérateurs atelier sont des PSH.

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