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Pour l'Agefiph, il est question d'encore mieux travailler, et plus collectivement, pour bien identifier les besoins des entreprises et y répondre. © G. Loucel

Didier Eyssartier, DG de l’Agefiph : « Plus nous allons progresser, plus les 6 % s’avéreront insuffisants. »

Pour Didier Eyssartier, directeur général de l’Agefiph, les mesures annoncées par le gouvernement le 5 juin pour la réforme de l’emploi sont équilibrées. Mais quelques incertitudes demeurent et des propositions pour l’avenir restent à imaginer.

Faire-face.fr : Le gouvernement a communiqué mardi 5 juin le résultat de la première phase de concertation autour de la réforme de l’emploi des personnes handicapées. Quelle est votre première réaction ?

© Sylvie Scala

Didier Eyssartier : Cela me semble assez équilibré et empreint d’une certaine ambition. La simplification de la déclaration pour les entreprises est une bonne chose. Réaffirmer le quota de 6 % est important. Certes, le seuil n’est pas abaissé et seules les entreprises comptant vingt salariés et plus restent soumises à l’obligation d’emploi mais toutes, quelle que soit leur taille, devront déclarer la part de leurs effectifs en situation de handicap au 1er janvier 2020.

C’est un outil de pilotage intéressant. Enfin, que les comptes soient faits par entreprise et non plus par établissement permettra de renforcer le niveau de contribution à verser en cas de non-respect de l’obligation d’emploi.

Nouvelle offre de services

On voit aussi poindre la possibilité de supprimer les métiers dispensés de l’obligation d’emploi. Tout ceci me semble porteur d’évolutions pour les entreprises et nous voulons les accompagner au mieux dans le développement de leur politique d’emploi. Nous avons en ce sens mis au point cette année une nouvelle gamme de services, comme des outils d’autodiagnostic.

F-f.fr : Les mesures annoncées vous semblent-elles en mesure de garantir la survie de l’Agefiph ? Autrement dit, de sécuriser le financement de la politique de l’emploi des personnes handicapées ?

D.E : Les grands principes législatifs sont posés mais le calcul fin de la contribution de chaque entreprise relève du niveau réglementaire, pas de la loi. Donc tout est possible, que les montants restent en l’état ou qu’ils soient minorés. Je crois qu’il ne faut pas trop les modifier pour que cela reste incitatif pour les entreprises.

Répondre aux besoins des entreprises et de compensation pour les personnes

Les choix que va faire le gouvernement ne sont pas encore très clairs pour nous sur la façon dont il envisage de redonner du souffle à notre fonds d’insertion. Pour le moment, on n’a pas d’annonce sur le niveau de financement ou sur l’impact global de cette réforme.

Pour autant, je suis serein. L’État nous demande de répondre aux besoins des entreprises et de compensation pour les personnes. Compte tenu de ses ambitions, il ne pourra que veiller à notre pérennité.

F-f.fr : Pourtant ces mesures semblent bien minces au regard de l’importance des enjeux. Un taux de chômage à 19 %, plus de 500 000 personnes handicapées inscrites à Pôle emploi…

D.E : Cette réforme va dans le bon sens. Est-elle suffisante ? L’histoire le dira. Pour notre part, nous devons encore mieux travailler, et plus collectivement, pour bien identifier les besoins des entreprises et y répondre.

Et la réflexion doit se poursuivre pour trouver des moyens d’inciter celles qui atteignent le quota de 6 % à continuer sur ce chemin. Parce que plus nous allons progresser, plus les 6 % s’avéreront insuffisants.

A propos de Sophie Massieu

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Un commentaire

  1. Bonsoir, bête ou trop vieux peut-être, mais je n’ai rien compris au titre qui reprend la dernière phrase du dernier § du DG de l’Agefiph. Que veut-il dire?

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