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Une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron était de financer « des appels à projet pour le développement d’appareils médicaux (mammographies, scanners...) adaptés et innovants ». Sera-t-elle tenue ? Le plan ne le dit pas.

ʺMa santé 2022ʺ et handicap : des remèdes et des maux

Emmanuel Macron a présenté, mardi 18 septembre, sa stratégie gouvernementale en matière de santé. Avec des annonces prometteuses mais rien de spécifique sur le handicap. Réactions d’Aude Bourden, conseillère nationale santé d’APF France handicap.

Pour Aude Bourden, la création d’assistants médicaux est un point positif. Ils pourraient, entre autres, aider au déshabillage et à la manutention.

Faire-face.fr : Vous avez assisté à la présentation des 54 mesures du plan ʺMa santé 2022ʺ. Quelle est votre impression générale sur la stratégie qu’elles reflètent ?
Aude Bourden : Les grandes orientations de ce plan s’avèrent intéressantes et certaines sont importantes pour les personnes en situation de handicap (PSH). En particulier, le développement des pratiques coordonnées, via des coopérations en proximité. Cela permet aux professionnels de santé d’ajuster leur action en fonction des autres prises en charge déjà existantes.

Importante aussi la création des assistants médicaux. Ils pourraient accorder du temps supplémentaire aux personnes en ayant besoin. Objectif : les mettre en confiance ou les accompagner dans leurs besoins plus spécifiques. De même, il était crucial de revenir sur la tarification à l’acte ou à l’activité (T2A). Elle est inadaptée à la prise en charge des malades chroniques et d’un certain nombre de personnes en situation de handicap. Malgré tout, rien de spécifique n’a été dit sur le handicap. Pourtant, il est important que chaque point soit toujours décliné en pensant à ce public.

Les nouveaux centres de santé et leurs équipements doivent être accessibles

F-f.fr : Quels points appellent une vigilance pour éviter que les personnes en situation de handicap soient les grandes oubliées de ce plan ?
A.B : L’accessibilité des nouveaux centres ou maisons de santé est un bon exemple. Leur création constitue un atout à la condition qu’ils soient accessibles de même que leurs équipements. Une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron était d’ailleurs de financer « des appels à projet pour le développement d’appareils médicaux (mammographies, scanners…) adaptés et innovants ». Il faudrait donc que le renouvellement du parc des équipements médicaux ne se fasse qu’avec des équipements accessibles. Un exemple classique : l’appareil de mammographie inadaptée aux femmes en fauteuil roulant.

Le président de la République annonce le conditionnement de certaines aides financières aux pratiques de coordinations. Or, ces aides devraient aussi être conditionnées à l’accessibilité. Sans quoi « garantir un accès à une médecine d’excellence quel que soit son état de santé » restera un slogan et les soins en proximité un vœu pieu.

La formation des professionnels de santé au handicap ne doit pas être oubliée

F-f.fr : La Fehap aurait souhaité que le secteur médico-social soit davantage mis en avant par le président. Concernant les aspects de « pratiques coordonnées » justement, quel serait votre souhait ?
A.B : Lorsqu’ Emmanuel Macron a évoqué la coordination, elle concernait essentiellement les professionnels du milieu sanitaire. Lorsqu’il a été question du secteur médico-social, seuls les Éhpad ont été visés, donc des personnes âgées. Rien par exemple sur l’accompagnement au domicile dont la médicalisation se pose de plus en plus avec acuité.

Cela amène à pointer une autre faiblesse absente de ce plan. Il s’agit du manque de formation des personnels de santé au handicap. Or, cette formation reste essentielle pour comprendre les difficultés liées au handicap, le contexte de vie des patients et ainsi mieux répondre à leurs besoins.

F-f.fr : Parmi les mesures prometteuses, vous citiez la création d’assistants médicaux. Qu’en espérez-vous ?
A.B : Leurs missions et leur formation restent à définir. Mais si les assistants médicaux permettent de décharger les médecins du temps d’accueil et viennent en renfort en post-consultation, c’est évidemment intéressant. Ils seront davantage dans un lien de proximité et les patients en situation de handicap en ont besoin.

Ils pourraient constituer, par exemple, une aide au déshabillage et à la manutention, à la prise en compte des aspects administratifs de l’affection de longue durée (ALD). Et pourquoi pas orienter le patient vers des structures associatives. Le médecin n’aurait plus alors qu’à se concentrer sur les aspects médicaux, techniques et sur sa relation au patient. Tout le monde devrait en sortir gagnant.

A propos de Adélaïde Robert-Géraudel

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3 commentaire

  1. Mme Charrier Bouillet

    En ALD utilisatrice d’un fauteuil roulant électrique ,pour des raisons personnelles j’ai dû me résoudre à vivre dans une Ehpad ( suite à l’évolution de ma maladie neurologique,évolutive,génétique rare, j’ai atteint l’âge de la retraite,et je rajeunis la moyenne d’âge des résidents ( environ 90 ans)ce n’est pas ce qui me gêne le plus c’est plutôt la contrainte des horaires) et les difficultés d’access de la voirie et des trottoirs (les conducteurs de travaux semblent avoir « oublié « leur obligation de rendre access la montée et descente des trottoirs…Ne parlons pas du non respect de l’access des lieux publics, de la propreté ni de l’obligation à tout véhicule circulant sur les trottoirs de ne pas rouler à plus de 10km/h,et interdiction aux vélos de rouler sur ces lieux réservés en principe aux piétons ( donc aussi aux personnes âgées utilisatrices,possibles,de cannes ou déambulateur…Merci de penser aux personnes handicapées et vieillissantes.

  2. Rebonjour je suis hors sujet mais ca n’enlève rien à ce que j’ai dit plus haut.Bien sur qu’il serait souhaitable que TOUS les centres médicaux qui vont ouvrir possèdent le maximum de matériel access pour le plus grand nombre de personnes différentes (dont les porteurs de handicap (pour consulter un ophtalmologue il faut que j’aille à la Salpetriere,service Babinski ou il y a du mat pour les personnes en fauteuil)

  3. Il faut plus aide comme pour les centres anti douleur il ya de plus en plus de demandeur donc une prise en charge qui moins bien faite on doit tout calculer tout faire pour aider les patients. Accès fauteuils partout c devrai être obligatoire et PENALISER FORTEMENT tous ceux qui on pas fait.

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