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À Évry, Christine bataille pour faire accepter son chien d'assistance dans les commerces et restaurants. Or, la loi est de son côté.

Chiens d’assistance : Christine combat les discriminations

Son chien d’assistance a changé sa vie. Mais Christine doit se battre pour l’emmener dans tous les lieux accueillant du public, comme la loi le lui autorise. À Évry, dans l’Essonne, sa récente déconvenue au supermarché Lidl pourrait bien servir à d’autres. Elle nous livre ses conseils pour ne rien lâcher.

Faire-face.fr : À quelles difficultés est confronté(e) un(e) propriétaire de chien d’assistance ?

Christine : Très souvent, les commerces et restaurants connaissent le chien guide d’aveugle et l’acceptent sans difficulté. Mais beaucoup moins le chien d’assistance, en cas de handicap moteur. Je dois souvent expliquer pourquoi je rentre avec ma chienne, montrer ma carte Handi’chiens. Parfois, on me refuse l’entrée. Les restaurants me demandent souvent de manger en terrasse même quand il ne fait pas froid.

La semaine dernière, je suis pour la première fois allée chez Lidl. La responsable a demandé au vigile de me faire sortir. J’ai voulu lui parler mais elle m’a fermé la porte au nez. Comme j’étais avec mon auxiliaire de vie et sa stagiaire, l’une a pu sortir avec la chienne et l’autre m’aider à faire mes courses. Mais c’est anormal.

L’aide de Handi’chiens

Faire-face.fr : Pourquoi votre chienne d’assistance vous est-elle indispensable, y compris dans les commerces ?

Christine : Je me suis battue pour avoir mon appartement, quand je vivais en foyer. Mais sans ma chienne, je n’aurais pas pu y rester seule. Elle ouvre et referme la porte quand je sors, ramasse ce que je fais tomber, attrape le téléphone… Elle se frotte contre moi pour me prévenir des crises d’asthme.

Dans les magasins, elle attrape ce qui est à sa hauteur, trop bas pour moi qui ne peux pas me pencher. Sinon, j’aurais besoin d’une auxiliaire de vie pour faire mes courses. Nous formons un binôme. Sans elle, je me sens fragile. Cela peut provoquer des crises d’angoisse tandis qu’elle m’apaise. En plus, je vis mieux le regard des autres, fixé plus sur elle que sur moi.

Faire-face.fr : Que conseilleriez-vous à des propriétaires de chien d’assistance victimes de discrimination ?

Christine : Si présenter la carte de bénéficiaire d’un chien d’assistance ne suffit pas, il faut prioritairement prévenir Handi’chiens. En 2013, l’association avait appelé le supermarché Carrefour pour leur expliquer que non, ma chienne n’y était pas interdite. Depuis, elle est devenue la mascotte du magasin et des caissières ! En cas de récalcitrants, on peut appeler la police. Mais elle ne se déplace pas toujours, par méconnaissance de la loi.

Un très bon moyen de faire valoir ses droits est de contacter la presse. Après ma mésaventure avec Lidl, j’ai prévenu Le Parisien, qui a tout de suite rédigé un article. Résultat : le magasin m’a présenté des excuses et je devrais prochainement rencontrer la direction de l’enseigne, avec Handi’chiens, pour exposer cette problématique. Mon objectif serait qu’ils affichent des étiquettes dans les entrées de tous les magasins de France pour rappeler l’autorisation des chiens d’assistance.

Retrouvez informations, conseils et témoignages sur la façon dont les animaux nous aident à vivre mieux dans le dossier sur les animaux de compagnie, qui paraîtra dans le magazine Faire Face, fin octobre et sera en téléchargement sur ce site.

A propos de Elise Descamps

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