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Artiste-peintre, Priscille Deborah compte récupérer dextérité et précision avec sa future nouvelle prothèse. © Yannick Pons

Priscille Deborah sera la première Française à recevoir une prothèse bionique de bras

Le 21 novembre dernier, l’artiste-peintre Priscille Deborah s’est fait opérer à la clinique Jules Verne de Nantes en vue de disposer d’une prothèse bionique du bras droit dans quelques mois. Une première en France.

Faire-face.fr : Amputée depuis douze ans des deux jambes et du bras droit, vous disposez déjà d’une prothèse myoélectrique. Comment vous êtes-vous retrouvée dans ce projet ?

Priscille Deborah : Le prothésiste qui me suis depuis des années m’en a parlé il a presque cinq ans. Il se trouve en effet que j’étais la bonne candidate. Ma prothèse actuelle n’est pas très pratique au quotidien.

Elle est équipée de deux capteurs qui détectent l’activité électrique de mon biceps et de mon triceps pour ouvrir ou fermer ma main. Récupérer une pièce de monnaie, un geste simple, me prend beaucoup de temps. Du coup, je ne m’en sers presque pas. Je privilégie ainsi mon bras gauche alors que j’étais droitière avant mon accident.

Cicatrisation et repos pendant cinq mois

F-f.fr : En quoi a consisté votre récente opération ?
P.D : C’est la première étape du protocole. Il s’agit d’une opération de réinnervation musculaire ciblée appelée TMR (targeted muscle reinnervation). Les Dr Edward de Keating-Hart, chirurgien de la main et des nerfs périphériques à la clinique Jules Verne de Nantes, et Dr Jérôme Pierrart, chirurgien à la Clinique de la Main à Paris, ont réalisé cet acte chirurgical lourd. L’objectif : réactiver certains nerfs sectionnés en les connectant aux muscles du moignon. Maintenant, il faut attendre que ceux-ci repoussent pour que je puisse bénéficier de la prothèse.

F-f.fr : Prochaine étape ?
P.D : La cicatrisation et le repos pendant cinq mois environ. Quand les nerfs auront repoussé, je pourrai commencer la rééducation à raison d’une semaine par mois à Nantes pendant deux ans. Le cerveau doit en effet réapprendre à transmettre des informations aux nerfs pour qu’ils envoient une décharge électrique au muscle.

Ainsi, il pourra se contracter, ce qui appuiera sur le capteur et déclenchera le mouvement. La prothèse sera équipée de cinq capteurs au lieu de deux dans les autres prothèses ce qui multipliera les possibilités.

Faire bouger les pouvoirs publics

F-f.fr : Combien coûte une telle prothèse ?
P.D : Environ 80 000 euros. L’opération et la rééducation sont remboursées par la Sécurité sociale. Pour la prothèse elle-même, fabriquée par l’entreprise allemande Ottobock,  je suis soutenue par des initiatives privées, comme l’Albi Run Urbain. C’est une course solidaire qui aura lieu le 12 avril 2019 à Albi.

Je vais me battre ensuite pour faire bouger les pouvoirs publics, afin d’aider d’autres personnes amputées à bénéficier de cette prothèse. C’est important pour que les personnes handicapées retrouvent une vraie vie sociale.

F-f.fr : Avez-vous pensé à quoi vous servira cette prothèse quand vous serez appareillée ?
P.D : À effectuer beaucoup de gestes de la vie quotidienne évidemment ! Porter le cartable de ma fille quand elle sort de l’école, faire la cuisine… Je suis aussi très sportive et avec deux bras, je peux imaginer tester de nouvelles activités, comme le handbike ou le handibasket qui pour l’instant ne me sont pas permises. Et bien sûr, cette nouvelle prothèse me sera très utile dans mes projets artistiques de peinture et de sculpture.

A propos de Claudine Colozzi

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