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Pour rencontrer l'âme sœur, Céline préfère éviter les sites de rencontres. Elle craint que son handicap ne l'expose à des abus.

« Femme en situation de handicap, je ne veux pas renoncer à une vie affective et sexuelle. »

Céline, 43 ans, a connu des échecs sentimentaux qu’elle attribue à un manque de confiance en elle dû à son handicap. Autonome dans sa vie personnelle et professionnelle, il ne lui manque que de rencontrer un homme avec lequel elle pourrait construire une relation de couple épanouie.

« Ce n’était pas gagné et pourtant aujourd’hui, je peux dire que je suis satisfaite de la vie que je suis parvenue à me construire : mon propre appartement, un job intéressant dans la fonction publique, une vie sociale et amicale riche…

Même mes troubles psychologiques associés à mon handicap sont désormais stabilisés après de nombreuses années difficiles. Il ne me manque qu’une seule chose : l’amour ! Il n’y a pas si longtemps je n’étais pas loin de penser que j’avais raté ma vie affective et sexuelle.

Régler mon problème de contractures vaginales

Et puis, ma kiné m’a parlé d’une consultation de neurosexualité féminine à l’Hôpital de Garches. J’ai pris rendez-vous. J’en attends beaucoup. En effet, depuis des années, je souffre de contractures vaginales liées à mon handicap. Je n’ai pas confiance en moi. J’ai peur de ne pas satisfaire complètement mon partenaire et de ne pas m’épanouir complètement non plus. Je pensais qu’on ne pouvait rien y faire mais là, l’horizon s’éclaircit. J’ai déjà subi deux opérations pour réduire la spasticité de mes muscles qui m’ont beaucoup aidée à me sentir mieux dans mon corps.

Être à l’aise avec mon corps pour être à l’aise avec les autres

Je suis entièrement convaincue que pour être à l’aise avec quelqu’un, il faut être à l’aise avec son propre corps. Et mon handicap joue beaucoup sur mon manque de confiance en moi. Il faut dire aussi que je ne suis pas très coquette. Je ne suis pas du tout dans la séduction.

J’ai eu des petits copains mais cela n’a jamais duré très longtemps. Mon agressivité, mes colères liées aux troubles psychiatriques dont je souffrais les ont éloignés de moi. Mon handicap faisait écran. Je suis restée en bons termes avec mes ex. L’un d’eux m’a même invitée à son mariage. Aujourd’hui, mon traitement m’a permis de stabiliser ces troubles et je suis peut-être prête à rencontrer quelqu’un.

Fuir les sites de rencontre

Je ne veux pas passer par un site de rencontres. J’ai trop peur de tomber sur un pervers qui voudrait abuser de mon handicap. Quand on est femme et en situation de handicap, on est doublement exposée.

Comment j’imagine mon amoureux ? Curieux, gentil, patient (j’ai besoin de plus de temps que d’autres pour accomplir certains gestes). Par hasard, j’ai discuté avec quelqu’un au cinéma l’autre jour. On a échangé nos numéros de téléphone. Qui sait ? Peut-être allons-nous nous revoir… »

A propos de Claudine Colozzi

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