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Lorsqu'une personne radicalisée sera admise en soins psychiatriques sans son consentement, le préfet en sera informé.

Des associations dénoncent un amalgame entre personnes radicalisées et malades psychiques

Un récent décret autorise le croisement entre deux fichiers. Celui des malades admis en soins psychiatriques sans leur consentement et celui des personnes radicalisées. Associations de patients et de professionnels demandent son abrogation.

« Non, les personnes qui vivent avec une maladie psychique ne sont pas des terroristes. » Dans un courrier adressé au Premier ministre, le 13 mai, six associations de patients, de familles et d’acteurs de la santé mentale (Unafam, Santé mentale France, Advocacy, Fnapsy, etc.) réclament l’abrogation d’un décret « indigne de notre pays », publié au journal officiel le 7 mai.

Deux fichiers très différents

En effet, le texte « autorise la mise en relation entre les données enregistrées dans les traitements Hopsyweb et FSPRT ». Le premier, créé en 2018,  contient des informations personnelles sur les malades faisant l’objet de soins psychiatriques sans leur consentement.

Le second, créé en mars 2015, est le fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste. Il recense nominativement les citoyens engagés dans un processus de radicalisation religieuse. Et qui paraissent susceptibles de vouloir prendre part à des activités à caractère terroriste.

Le préfet informé pour les personnes radicalisées

Concrètement, il y aura croisement entre les noms, prénoms et dates de naissance des deux fichiers. Et dès que des personnes radicalisées figurant dans le FSPRT seront admises en soins psychiatriques sans leur consentement, le préfet recevra l’information.

« Ce décret renforce la stigmatisation. » 

Lorsque les malades atteints de troubles psychiques vont très mal, ils sont souvent dans l’incapacité de demander à se faire soigner. « C’est pour cette raison, que nous, parents, conjoints, frères, sœurs, enfants, acteurs du social, sommes amenés à signer des soins sans consentement, argumentent les six associations. Ce décret renforce la stigmatisation vis-à-vis des personnes présentant des troubles mentaux. » Elles dénoncent « cet amalgame psychiatrie-dangerosité ».

« Chaque personne se retrouve suspecte. »

« Chaque personne hospitalisée sans son consentement, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le terrorisme, se retrouve suspecte », abonde le syndicat des avocats de France.

De nombreux syndicats et associations de professionnels de la psychiatrie demandent également l’abrogation de ce décret. 

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