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Les personnes atteintes d'obésité errent souvent de régimes en régimes, encore considérés comme seule solution à la prise de poids.

L’obésité, une maladie à traiter comme telle

Perdre du poids n’est pas qu’affaire de volonté. Pour lutter contre les préjugés et assurer une prise en charge globale de l’obésité s’ouvre à Montpellier, le 1er février, un centre de santé innovant. Objectif :  prévenir et traiter ce qui n’est pas encore considéré comme une maladie digne de soins. 

En France, l’obésité n’est pas considérée comme une pathologie à part entière. C’est là son principal problème. Selon la Ligue contre l’obésité, 67 % des Français pensent, en effet, que perdre du poids est une question de volonté. Ce qui revient à dire que les personnes atteintes d’obésité sont responsables de leur situation.

Est-il donc si étonnant, alors, qu’elles soient autant stigmatisées ? Elles sont 72 % à se dire victimes de racisme anti-gros. Surtout lorsque la communication gouvernementale renforce les préjugés, en ne basant la lutte contre l’obésité que sur l’alimentation et l’activité physique.

Alimentation, sommeil, traumatismes … : une maladie complexe et multifactorielle

C’est donc pour « traiter enfin l’obésité comme une maladie. Une maladie digne de soins », selon les mots d’Agnès Maurin, directrice de la Ligue contre l’obésité, que s’ouvre le 1er février Obésanté. Un centre pluridisciplinaire réunissant autour de médecins généralistes un psychiatre, un psychothérapeute, une diététicienne, un enseignant en activité physique adaptée, un tabacologue, une infirmière, une coordinatrice de parcours…

« L’obésité est une maladie complexe et chronophage, qui génère beaucoup d’errance médicale », explique Mélanie Delozé, gestionnaire du centre. Elle cite, dans les multiples facteurs qui en sont responsables, l’alimentation, les perturbateurs endocriniens, mais aussi les médicaments, le mauvais sommeil, les traumatismes… Et enfin les régimes qui ont, de surcroit, pour effet délétère, de générer une mauvaise estime de soi.

Psychologie, diététique, activité physique : une prise en charge globale et adaptée

« Là, les patients pourront bénéficier de consultations longues, poursuit-elle. Et s’appuyer sur le triptyque psychologie, diététique, activité physique. » Tous les professionnels intervenant chez Obésanté seront en effet salariés. De manière à ce qu’ils puissent prendre le temps. Mais aussi que la consultation de paramédicaux, non remboursée par l’Assurance maladie, ne soit pas un obstacle financier.

Précarité et obésité vont en effet de pair. Ce n’est donc pas un hasard si le premier centre Obésanté s’est ouvert à La Mosson, quartier prioritaire de la ville de Montpellier. D’ailleurs, la patientelle visée n’est pas seulement celle des personnes en obésité. « On pourra venir pour une gastro-entérite, une consultation en pédiatrie, et avoir à Obésanté son médecin traitant, précise Agnès Maurin. L’idée est aussi de faire du repérage. »

De nouveaux centres experts en prévision

En 2022, la Ligue contre l’obésité prévoit de nouvelles ouvertures de centres Obésanté. À Dax, dans les Landes, Villefranche-sur-Saône, près de Lyon, et Valence, dans la Drôme. L’objectif, à terme, est d’en avoir dans tous les départements où la ligue dispose d’une antenne. Autres chantiers, la création d’un diplôme universitaire d’obésitologie et l’obtention d’une tarification forfaitaire de l’Assurance maladie pour la prise en charge de l’obésité.

A propos de Corinne Manoury

Corinne Manoury
Journaliste action sociale, handicap et nouvelles technologies.

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