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Une déclaration de consensus international, publiée en janvier dernier et désormais disponible en français, lutte contre les fausses idées véhiculées sur le TDAH.

Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité : 208 affirmations anti-idées reçues

Maladie d’enfant, “dans la tête”, inventée pour cacher en réalité un manque d’éducation… Nombreuses sont les idées reçues persistant sur le TDAH. Pourtant, la recherche est affirmative : ce trouble est multiforme, multifactoriel, et doit être pris au sérieux. Une déclaration de consensus international de la Fédération mondiale du TDAH, récemment publiée, fait le point sur 208 certitudes.

Handicap invisible, le TDAH (trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) est sujet aux approches contradictoires et aux idées reçues. Pourtant, 79 chercheurs, auteurs d’études portant chacune sur a minima 2 000 participants, et venant de 27 pays et six continents, ont réussi à se mettre d’accord sur 208 affirmations. La Fédération mondiale du TDAH a publié cette déclaration de consensus international en janvier. Elle est depuis peu disponible en français.

La définition consensuelle retient le terme de handicap. Le TDAH est un « trouble chronique dans lequel des symptômes d’inattention et/ou d’hyperactivité/impulsivité inappropriés par rapport au développement entraînent un handicap dans de nombreux aspects de la vie ».

Ni nouveau, ni rare

Parmi les principaux enseignements, on peut retenir que le TDAH n’est pas nouveau, la littérature médicale le décrit depuis 1775. Il n’est pas non plus rare : il survient chez 5,9 % des jeunes et chez 2,5 % des adultes dans le monde.

Son origine est multifactorielle. Il ne vient pas que de l’environnement de la personne (son éducation, son cadre de vie…). Il a aussi des origines génétiques. En effet, la comparaison de l’imagerie de personnes avec un TDAH à celles sans TDAH révèle de petites différences dans la structure et le fonctionnement de leur cerveau.

Obésité, asthme, allergies… : autant de risques accrus

Les conséquences de ce trouble ne sont pas seulement l’inattention. Les personnes qui en sont atteintes présentent aussi un plus grand risque d’obésité, d’asthme, d’allergies, de diabète, d’hypertension artérielle, de psoriasis, d’épilepsie, d’infections sexuellement transmissibles, d’anomalies de l’œil, de troubles immunitaires, métaboliques, et du sommeil.

Elles courent également un risque accru de troubles liés aux jeux de hasard ou à la consommation de substances, de blessures accidentelles, de sous-performance scolaire, de chômage, de grossesse chez les adolescentes, de difficultés à se socialiser, de délinquance et de suicide.

Et les médicaments dans tout ça ? Selon les chercheurs, le bien-fondé de certains d’entre eux est prouvé par des essais cliniques randomisés contrôlés (protocoles de recherches cliniques). Leurs effets indésirables sont généralement bénins. Encore donc des idées reçues à bousculer.

Mais la déclaration de consensus est surtout riche du grand nombre d’études qu’elle cite, focalisant sur des aspects bien spécifiques. C’est en allant dans le détail que les stéréotypes peuvent tomber.

A propos de Elise Descamps

Elise Descamps
Journaliste société, un pied dans le Grand Est, le cœur au plus près de ceux qu’elle interroge.

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