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L’enquête met notamment en évidence l'état de santé préoccupant de l’ensemble des répondants. 77 % éprouvent de l’anxiété depuis le début de la crise de coronavirus et 66 % se sentent dépressifs.

Un an après le début de la crise, l’isolement des travailleurs handicapés

Retrouver le collectif de travail. C’est la principale attente des répondants à la quatrième enquête Agefiph-Ifop sur le vécu professionnel des personnes handicapées en temps de Covid. Plus anxieuses, elles se sentent aussi plus seules. Et logiquement, moins favorables au développement du télétravail.

Faut-il y voir une urgence à témoigner de l’isolement qu’elles ressentent ? Les personnes en situation de handicap ont été nombreuses à se manifester pour la quatrième consultation de l’Agefiph et de l’Ifop sur leur situation professionnelle. Un an après le début de la crise de Covid-19, elles sont en effet presque 8 000 à avoir répondu. Contre une moyenne de 4 000 pour les enquêtes de mai, juin et septembre 2020.

Une participation record, donc. Mais des profils analogues à ceux des éditions précédentes, selon François Legrand, chef de groupe à l’Ifop, qui présentait, mardi 4 mai, les résultats de ce baromètre. Il s’agit de femmes aux deux-tiers, de plus de 35 ans pour une grande majorité, et de personnes en activité pour près de la moitié. Une population invitée par l’Agefiph, notamment via les réseaux sociaux, à répondre en ligne du 6 au 16 avril 2021.

Davantage fatigués et démotivés

Pour finalement donner à voir un instantané qui n’incite guère à l’optimisme. Du côté des actifs, en effet, les sentiments négatifs prédominent. Fatigue, inquiétude, stress… Les travailleurs handicapés sont à 82 % dans cet état d’esprit, contre 72 % pour l’ensemble des salariés en France. Un écart qui se retrouve dans la baisse de motivation, plus forte chez les travailleurs handicapés (42 % contre 32 %) et plus importante qu’en septembre 2020 (+10 points).

Surtout, les actifs en situation de handicap considèrent à 44 % que la crise a plus contribué à les isoler qu’elle n’a renforcé leur place au sein de leur équipe. Ils n’étaient que 34 % dans ce cas en septembre 2020. Conséquence assez logique de ce sentiment d’isolement, seuls 28 % des travailleurs handicapés souhaitent davantage télétravailler contre 47 % de l’ensemble de la population salariée.

Une santé mentale et physique dégradée

L’enquête met par ailleurs en évidence l’état de santé préoccupant de l’ensemble des répondants. Ils sont 77 % à éprouver de l’anxiété depuis le début de la crise de coronavirus et 66 % à se sentir dépressifs. Ils considèrent également que leur santé mentale s’est dégradée à 47 % et leur santé physique à 46 %. Des chiffres en augmentation puisqu’ils étaient respectivement 29 et 34 % en juin 2020.

Considérant l’avenir, enfin, les personnes interrogées font, encore une fois, part de leur crainte d’être davantage isolées (67 %). Une peur qui supplante celle d’être contaminées (57 %) dans un contexte où peu de travailleurs sont pourtant vaccinés (13 %). Si l’emploi est vecteur d’inclusion, que se passe-t-il quand chacun est renvoyé à travailler chez soi ? C’est bien la question que posent les personnes handicapées.

A propos de Corinne Manoury

Journaliste action sociale, handicap et nouvelles technologies.

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