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Le bénéfice de de la réduction des heures d’aide humaine est insignifiant pour le budget des départements mais dramatique pour les allocataires concernés. © DR

Handicap et PCH : l’aide humaine ne plombe pas les budgets des départements

De nombreux départements cherchent à réduire le volume d’heures d’aide humaine attribué aux allocataires de la PCH, au motif que cela leur coûterait trop cher. Pourtant, l’analyse de leurs budgets montrent que ce poste représente moins de 2 % de leurs dépenses annuelles.

« Contenir la montée en charge de la PCH. » Le département du Nord ne s’en cache pas, comme le démontrait faire-face.fr dans un récent article. Il veut réduire la charge financière de cette prestation de compensation du handicap qui sert à financer essentiellement des aides humaines. Quitte à tailler dans les plans de compensation attribués aux personnes ayant de fortes limitations d’activité. « Et c’est une tendance de fond dans de nombreux départements », souligne Malika Boubékeur, la conseillère nationale compensation d’APF France handicap.

Les 93 % de la PCH sont consacrés à l’aide humaine

Pourtant, le poids financier de l’aide humaine reste relativement limité. En 2018, selon les données rendues publiques par l’Assemblée des départements de France (ADF), la PCH équivalait à 2,85 % des dépenses totales hors remboursement de dette.

Mais pour être juste, il faut déduire la part que la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) rembourse aux départements, soit 30 %. Et prendre en compte le fait que l’aide humaine représente 93 % de la prestation, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Ces ajustements faits, le poids réel de l’aide humaine tombe à 1,85 %.

Une étude basée sur des données officielles en accès libre

Les travaux beaucoup plus fins, menés par un militant de la compensation, que faire-face.fr a pu consulter et vérifier, permettent de confirmer cette fourchette nationale. Et de dresser le tableau, département par département.

Ce militant s’est basé sur des données officielles en accès libre. D’un côté, les dépenses d’aide sociale des départements, en 2018, collectées par la Drees (fichier séries longues). Elles détaillent, entre autres, le montant brut de l’aide à domicile (1), dont 93 % est constitué d’aide humaine.

De l’autre, l’ensemble des dépenses de chaque conseil départemental, rendues publiques par la direction générale des collectivités locales (voir page 10). Il a ensuite rapporté l’une à l’autre pour mesurer le poids de la PCH aide humaine dans le budget.

Des écarts importants selon les départements

Résultat moyen au niveau national : 1,75 %. Soit peu ou prou le pourcentage (1,8 %) que les données communiquées par l’ADF permettent de calculer.

Mais cette moyenne cache de fortes disparités : de 3,6 % à 0,3 %, d’un territoire à l’autre. Dans le Nord, par exemple, elle atteint 2,6 %. Ces écarts peuvent s’expliquer par des facteurs socio-démographiques, comme l’âge de leur population notamment (plus les habitants sont âgés, plus le pourcentage de personnes handicapées est élevé). Mais aussi par leur politique d’attribution de la PCH.

Des économies réalisées insignifiantes

Dans tous les cas, non, l’aide humaine n’est pas un gouffre financier pour les départements. La réduction des heures d’aide humaine est donc insignifiante dans leurs budgets, alors qu’elle peut avoir des conséquences dramatiques pour la vie des personnes en situation de handicap.

Des emplois créés et non délocalisables

De plus, la PCH n’est pas une prestation sociale « détournable” pour faire ou acheter autre chose que ce pour quoi elle a été attribuée. Même si ce n’est pas sa fonction première, elle finance donc des emplois non délocalisables. C’est tout à la fois un droit, consacré par la loi de 2005, et un investissement.

A propos de Franck Seuret

Journaliste éco-social et documentariste. Spécialiste de la politique sociale du handicap.

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4 commentaire

  1. Merci pour cet article intéressant.
    On vient de me réduire la PCH pour mon fils qui ne peut pas vivre seul. J’ai du arrêter mon travail. Je me retrouve avec moins de 600€.
    Lorsque mon fils était en foyer pour adultes handicapés et accueil de jour, ça coûtait 5000€ par mois.
    On préfère donner 5000€ a des établissements où mon fils n était pas heureux et ne pratiquait aucune activité que donner 900€ a une mère qui souhaite aider son enfant. Vive la France !

  2. Pour mon fils nous n’avons que 390 €/mois hors que je suis obligé de m’en occuper tous les jours j’ai même plus d’emploi à cause de son handicap depuis 21 ans et ils appel ça de l’aide humaine je trouve ça honteux car j’estime quand temps que parents d’enfants avec un handicap c’est un emploi très fatiguant et on en fait des heures on devrait avoir un minimum de reconnaissance et de respect car personne n’a envie d’avoir un enfant handicapé et personne ne travaille pour la somme de 390€ pour 16 heures de travail

  3. Tout à fait,
    Il y a des écarts mais non seulement incompréhensibles dans les territoires mais dans les villes.

    Concernant la PCH,
    Il faudrait que les personnes puissent réaliser des projets extension, refaire une pièce, pour des personnes handicapées sans que ce soit « un chantier » paperasseries phénoménal à accomplir.
    Par exemple, elles déposent leur propre projet réalisé sans demander ça ou ça.

    @Mr Marchand
    Comme je suis d’accord avec Vous,
    Tout au long de sa Vie, mon fils n’a eu de cesse à être surveillé, il a du être contraint de passer des hospitalisations, des bilans, des consultations avec plusieurs pathologies (cœur, poumon, scoliose… etc…), bref sa mère était là depuis sa naissance jusqu’à maintenant.
    A l’époque, personne ne nous avait orienté déjà sur ses droits. Cela a été de bouche à oreilles que l’on a pu savoir qu’il pouvait prévoir à une AEH par la CDES (appelée ainsi à l’époque).
    Pourtant opéré du cœur à neuf mois, avec plusieurs pathologies toutes aussi compliquées, un dossier avait été rejeté sans qu’on sache pourquoi et qu’on puisse voir notre enfant ! alors nous avions fait un recours gracieux, bizarrement qui a été de suite accepté.
    Ma femme n’a pas pu travailler puis notre autre enfant avait souvent été délaissée et l’Etat n’a rien fait afin qu’il y ait des aides et des formulaires !

    Il faut dire aussi que j’ai eu la chance d’avoir une femme qui tenait bon et qui faisait elle-même les papiers.
    Dossier cardio, dossier pneumo, dossier réanimaiton, dossier orthopédie… que sais-je encore !

    @Marchand
    Vous citez :
    « On préfère donner 5000€ a des établissements où mon fils n était pas heureux et ne pratiquait aucune activité que donner 900 € a une mère ».

    J’avais entendu que dans un établissement seulement 5 % de l’AAH était donnée et le reste était donné à un foyer.
    Tout le monde sait qu’un enfant a des repères chez soi et le vit mieux, tout le monde sait qu’il est plus épanoui.
    Lorsqu’il ne peut travailler il le serait mieux mais qu’il ne le peut pas ?

    Parfois, la personne perçoit même moins en PCH !
    Elle aura sacrifier une belle carrière, un emploi qu’elle a aimé afin de contribuer au bien être de son fils qui aura et est encore à protéger.

    Les trajets en VSL sont plus rémunérés alors qu’en voiture particulière non, trouvez l’erreur.
    Heureusement que le VSL fait l’affaire, ce qui n’est pas toujours le cas.

    Les grilles PCH et aidants seraient à revoir à la hausse.
    Lorsqu’on se base pour les heures que leur donne pour l’hygiène, le laçage de chaussure, la toilette, mais pas sur les problèmes de santé à la maison, cela devient compliqué.
    Il faudrait revoir tout le parcours d’une Vie où l’on n’a pas octroyé à l’aidant ce qu’il aurait eu droit.
    Mais ça, ce serait un trop long combat.

    Il faudrait aussi que la PCH soit après la retraite validée comme garder une AAH mais ça, nous avons bien vu un désintéressement total de Mme Cluzel que je trouve aigrie ! … et non représentante des personnes handicapées.

    Notre fils vit depuis plus de 32 ans chez Nous et a plus de 80 % handicap !

    Nous n’avons de cesse de se dire ce que son avenir serait si nous n’étions plus là.

  4. oui c est obérant que l on ne veuille pas entendre la notion de ménage dans cette fameuse pch c est a la personne en situation de handicap de s adapter !!!!!!! comme d habitude……..

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