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La hausse de la CSG ne fera rien perdre aux travailleurs d’Ésat
Pour les travailleurs en Ésat, le gain de pouvoir d'achat ne viendra pas de la baisse des charges salariales mais de la hausse de l'AAH. © Franck Seuret

La hausse de la CSG ne fera rien perdre aux travailleurs d’Ésat

Publié le 11 octobre 2017

Pour compenser la hausse d’1,7 % de la CSG sur tous les revenus le 1er janvier 2018, la rémunération garantie des travailleurs en Ésat va augmenter d’un montant équivalent. Ils vont aussi bénéficier de la hausse de l’AAH et de la prime d’activité. 

Une baisse par ci, un coup de pouce par là… Au final, la hausse de la CSG devrait être neutre pour les travailleurs d’établissements et services d’aide par le travail (Ésat). Le 1er janvier, la contribution sociale généralisée (CSG), qui s’applique sur tous les revenus (salaires, intérêts, pensions, etc.), va augmenter d’1,7 point, comme Faire-face.fr l’a expliqué dans un précédent article. Pourquoi ? Pour alléger les charges pesant sur le travail.

Un gain de pouvoir d’achat pour les salariés…

Les cotisations sociales payées par les salariés du secteur privé vont en effet baisser de 2,2 points au 1er janvier 2018 puis de 0,95 point en octobre 2018, soit 3,15 points au total. Concrètement, ils ne paieront plus les cotisations chômage (2,4 %) et maladie (0,75 %) (2,4 + 0,75 = 3,15). Pour eux, ce transfert d’une partie du financement de la protection sociale vers la CSG va donc se traduire par un gain de pouvoir d’achat. 260 € par an pour un employé payé au smic selon le gouvernement.

… mais pas pour les travailleurs en Ésat

Pour les travailleurs en Ésat, par contre, l’opération s’avère moins avantageuse. En effet, ils sont déjà exemptés de cotisations chômage. Ils vont donc payer le 1,7 % de CSG supplémentaire sur leur rémunération garantie. Mais ils ne vont pas voir leurs charges salariales baisser de 2,4 %.

Pour éviter que ce basculement ne leur coûte donc plus qu’il ne leur rapporte, le dossier de presse du projet de loi de finances prévoit « la compensation de l’impact de la hausse de la CSG pour les travailleurs handicapés en Ésat ».

« Garantir la neutralité de la mesure. »

Interrogé par Faire-face.fr, le secrétariat d’État aux personnes handicapés se montre plus précis. « Leur rémunération garantie va augmenter d’un montant équivalent à la hausse d’1,7 point de la CSG pour garantir la neutralité de la mesure », explique le cabinet. À la différence des autres salariés du secteur privé, cette réforme ne leur fera donc pas gagner de pouvoir d’achat. Mais au ils n’en perdront pas.

« Nous n’avons pas d’autres éléments rassurants que les engagements pris par la secrétaire d’État, commente Didier Rambeaux, administrateur d’Andicat, l’association nationale des directeurs et cadres d’Ésat. Nous veillerons à leur application dont nous ne connaissons pas encore les modalités concrètes. » Une revalorisation de l’aide au poste, versée par l’État aux Ésat, a toutefois été intégrée à la dotation de l’année prochaine, dans le projet de loi de finances 2018, pour un coût global de 15 millions d’euros.

+ 90 € grâce à l’AAH fin 2019

Par ailleurs, les travailleurs bénéficieront de la hausse programmée de l’AAH, sauf s’ils sont en couple comme l’a déjà expliqué Faire-face.fr. Son montant à taux plein va passer à 860 € le 1er novembre 2018 et à 900 € le 1er novembre 2019. Un célibataire sans autres ressources que sa rémunération garantie va donc voir son AAH augmenter de presque 50 € par mois dans un premier temps, puis 90 € dans deux ans.

À cela s’ajoute la hausse de la prime d’activité à laquelle ils ont droit depuis janvier 2016 : +20 € par mois à partir d’octobre 2018 et une nouvelle hausse est prévue en 2019. De quoi doper leur pouvoir d’achat. Franck Seuret

Combien gagne un travailleur en Ésat ?

La rémunération garantie du travailleur en Ésat doit être comprise entre 55 et 110% du smic net, soit entre 632 et 1 232 €. Une somme complétée par l’AAH différentielle, s’il y a droit. Dans cet Ésat où Faire-face.fr s’est renseigné, les travailleurs à temps plein touchaient 743 € net par mois et 548 € d’AAH, soit 1291 € par mois. S’y ajoute une prime d’activité de 39 € par mois, selon le simulateur de la Caf. Le 1er novembre 2018, leur AAH devrait augmenter de 50 € et leur prime d’activité de 20 €.

 

5 commentaires

  1. arrêtez de nous prendre pour des imbéciles, on sait qu’on va nous augmenter l’aah mais pas pour les couples, leurs calculs bidons pour ceux ou celles qui travaillent vont se retrouver bien largement en dessous du SMIC puisqu’on nous baisse le plafond de la C.A.F !!!

  2. ou avez vous vu qu’un travailleur d’ un esat gagnait au minimum 632 euros???mon fils est en esat depuis 5 ans, régit par l’ADAPEI a thouaré, il touche au maximum 478 euros et le plus souvent 456 euros, très loin de la somme que vous annoncez, attention a la désinformation!!!!

  3. Quand ma fille qui travaille en esat perçoit 600€ de salaire c’est l’Amérique – vos textes sont juste du tape à l’oeil pour nous endormir – las travailleurs handicapés n’ont pas davantage social et doivent faire comme les autres – ce n’est pas ce gouvernement qui va les aider bien au contraire je suis juste dégoûtée – si en plus la prime d’activité est supprimée la CSG augmente et pourquoi eux ne passeaient pas au SMIC au lieu d’aller au sénat faire une sieste – ça suffit quoi !!!!!!!

  4. Oui, il y a les textes officiels que vous essayez de décrypter et il y la réalité de ce que touchent les salariés, l’écart est toujours là. Comme pour tout ,aide juridictionnelle et en fait non, hlm et en fait non ,le sur mesure qui n’en est pas.La réalité des ea et esat est à des kms des textes que vous décryptés, les témoignages des personnes y travaillant sont beaucoup plus fiables , que des mesures biscornues qui cachent la réalité.

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