16/11/2011

Selon l'Insee, les prestations sociales contribuent moins à réduire les inégalités qu'il y a vingt ans

Les prestations sociales comme moyens de réduire les écarts de niveau de vie en France ? C'est moins vrai qu'il y a vingt ans, souligne l'Insee, dans son "portrait social", publié aujourd'hui, même si elles restent le premier vecteur de diminution des inégalités sur notre territoire.

L'Institut national de la statistique part du constat que les prestations sociales et les prélèvements réduisent les inégalités de revenus dans la population. Ainsi, « les 20 % des Français qui ont les revenus les plus élevés avant redistribution ont un niveau de vie un peu plus de 7 fois supérieur aux 20 % des ménages les plus modestes », souligne Fabrice Lenglart, directeur des études sociales et démographiques : 53 600 euros par an pour les uns, contre 7 400 euros pour les autres. Et les écarts se révèlent encore plus grands si l'on considère les 10 % des ménages les plus riches, qui reçoivent 69 700 euros par an, soit environ 16 fois plus que les 10 % les moins riches (4 300 euros).

Mais une fois que l'on prend en compte « l'impact redistributif du système fiscal et social », c'est-à-dire des transferts liés aux prestations sociales (allocations familiales, logements, minima sociaux...) et aux prélèvements obligatoires (impôt sur le revenu, cotisations sociales et CSG), l'étude de l'Insee montre que le niveau de vie moyen des 20 % les plus riches n'est plus que 3,9 fois supérieur aux 20 % les moins riches.

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20/10/2011

Pauvreté : les chiffres contestés du gouvernement

Alors que l'Insee annonçait, au mois d'août, que 13,5 % des Français vivaient dans la pauvreté en 2009, un chiffre en progression de 0,4% sur trois ans, un rapport gouvernemental, cité hier par le quotidien Libération, assure au contraire que la pauvreté a baissé en 2009.

« La proportion de pauvres dans la population est passée de 13,1% en 2006 à 11,8% en 2009 », affirme ce rapport au Parlement sur le suivi de l'objectif de baisse d'un tiers de la pauvreté en cinq ans, objectif fixé en 2007 par Nicolas Sarkozy.

Le principal mode de calcul utilisé par le pouvoir - à savoir le « taux de pauvreté monétaire ancré dans le temps », qui consiste à ajuster le seuil de pauvreté passé à l'inflation - ne reflète pas la réalité, estiment des statisticiens dans les colonnes du journal.

L'Insee, qui utilise les règles statistiques en vigueur en Europe, fixe le seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian national, soit 954 euros mensuel pour une personne seule en 2009. Cette année-là, l'Institut national a ainsi compté 8,2 millions de pauvres en France, là où le gouvernement, avec son mode de calcul, n'en trouve "que" 7,1 millions. Pour aller plus loin : Faire Face a consacré son dossier d'octobre à la pauvreté en France. A.S.

05/10/2011

Liberté, égalité, précarité : le dossier de Faire Face d'octobre

OK pour blog Sébastien Le Clézio 243_APF_24mars2009.JPGÀ quelques jours de la journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre, Faire Face a décidé de consacrer son dossier du mois à la question de la précarité, avec de nombreux témoignages à l'appui.

La France, 5e nation la plus riche du monde, compte aujourd'hui plus de huit millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, selon les derniers chiffres de l'Insee. Soit 954 € par mois pour une personne seule, 2 194 € pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans.

Une pauvreté qui, en 30 ans, a progressivement changé de visage. Ainsi à côté des sans domicile fixe ou des populations marginalisées qui vivent dans des quasi-bidonvilles ou un habitat de fortune, la plupart des pauvres d'aujourd'hui ont un toit et mangent à leur faim, mais n'accèdent qu'aux miettes de la société de consommation et des loisirs. Pourtant, des pistes d'actions existent. Mais elles demandent la volonté politique de les mettre en œuvre.

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