Handicap : quand l’AAH stagne, la pauvreté bondit

Publié le 25 septembre 2020 par Franck Seuret

Fin 2018, 45 % des allocataires de l’AAH étaient pauvres en conditions de vie, révèle une récente étude de la Drees. C’est six points de plus qu’en 2012. Pourquoi ? Sans aucun doute parce que, pendant cette même période, l’AAH a augmenté à peine plus vite que l’inflation. 

Possédez-vous deux paires de chaussures ? Avez-vous un peu d’épargne à disposition ? Ou bien êtes-vous très souvent à découvert ? Ces questions, et bien d’autres, l’Insee les pose régulièrement aux Français.

En effet, la pauvreté ne se mesure pas uniquement avec des indicateurs monétaires (voir encadré ci-dessous). Elle s’appréhende aussi à l’aune des difficultés rencontrées dans la vie quotidienne ou des privations d’éléments du bien-être standard. Ce que les statisticiens appellent la pauvreté en conditions de vie.

Une semaine de vacances par an ?

Les questions de l’Insee portent sur quatre grands domaines. D’abord, les restrictions de consommation : avez-vous les moyens de maintenir votre logement à bonne température, de payer une semaine de vacances une fois par an… ?  Puis les contraintes budgétaires : est-il difficile de couvrir les dépenses avec vos revenus ? Consacrez-vous plus d’un tiers d’entre eux au remboursement de vos crédits… ?

Également concernés, les retards de paiement : n’avez-vous pas pu payer à temps vos factures d’électricité ou d’eau à plusieurs reprises ces 12 derniers mois ? Et votre loyer ? Et enfin, les difficultés de logement : est-il surpeuplé ? Équipé d’un système de chauffage ?

11 % des Français pauvres en conditions de vie, 45 % des bénéficiaires de l’AAH

Un ménage est considéré comme pauvre s’il cumule au moins huit privations ou difficultés parmi les 27 sur lesquelles ils sont interrogés. Et c’était le cas de près d’un bénéficiaire de l’AAH sur deux (45 %) fin 2018, selon une étude de la Drees parue cet été. Quatre fois plus que dans l’ensemble de la population française (11 %). Six ans plus tôt, ils étaient moins nombreux : 39 %.

43 € seulement de plus en six ans

De 2012 à 2018, la pauvreté a donc gagné beaucoup de terrain parmi les allocataires de l’AAH. Ce qui n’a rien d’étonnant. L’Insee a questionné les ménages au dernier trimestre 2018. Soit juste avant que la première revalorisation de l’allocation, décidée par Emmanuel Macron, n’intervienne (le versement des 860 € n’a été effectif qu’en décembre 2018).

Entre fin 2012 (AAH à 776,5 €) et le moment de l’enquête (AAH à 819 €), l’AAH n’avait donc augmenté que de 43 € (+5 %). C’est à peine plus que l’inflation. Et bien moins que l’augmentation de la richesse produite en France (+ 12 %) sur cette même période.

L’AAH à la diète durant le quinquennat de Hollande

À cette explication s’en ajoute une autre, liée à l’évolution de la population des bénéficiaires de l’AAH. En 2018, la part de ceux ayant un taux d’incapacité compris entre 50 % et 79 % était plus importante qu’en 2012. Or ils sont plus pauvres que ceux dont le taux d’incapacité est d’au moins 80 % ou plus. Cela impacte, mécaniquement, le taux de pauvreté des allocataires, pris dans leur ensemble.

Mais ce facteur ne joue qu’à la marge. La principale raison de l’aggravation de la situation, c’est bien que le quinquennat de François Hollande (2012-2017) aura été particulièrement douloureux pour le portefeuille des titulaires de l’AAH, puisque leur allocation n’a que très faiblement augmenté durant son mandat.

Un coup de pouce pour l’AAH

Depuis, Emmanuel Macron a revalorisé cette allocation, ce qui va dans le bon sens. Il a porté son montant à 860 € en novembre 2018, puis à 900 €, en novembre 2019.

Mais ce coup de pouce n’a pas profité à tout le monde en raison du changement des paramètres de calcul pour les couples. De plus, la suppression du complément de ressources a également impacté certains bénéficiaires, comme Faire-face.fr l’a expliqué. Il faudra attendre la prochaine enquête de l’Insee pour faire le bilan pauvreté du quinquennat Macron.

Un autre indicateur, la pauvreté monétaire

L’Insee mesure la pauvreté de deux manières différentes. Il y a la pauvreté en conditions de vie. Mais aussi la pauvreté monétaire : un individu est considéré comme pauvre lorsqu’il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Ce dernier était égal, en 2018, à 60 % du niveau de vie médian, soit 1 063 € par mois en France. Mais, pas de comparaison possible sur la même année avec les allocataires de l’AAH, les derniers calculs portant sur leur pauvreté monétaire, remontant à… 2012.

Comment 13 commentaires

Et si on parlait des bénéficiaires de la pension d’invalidité qui eux, pour la plupart on travaillé durement, cotisé et qui se font rattrapés voir dépassés par l’AAH?

oui c’est vrai cette fin d’année qui vient bien bien besoin de la prime de noël , mais comme pour la prime covid d’après le confinement nous serons encore les grands oublies

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Et le projet de loi qui doit passer au Sénat, sur les revenus du conjoint ??? Plus personne n’en parle… Oubliettes ???
Il serait peut-être temps que les associations remuent un peu le cocotier, non ? Il n’y a pas que le Covid qui compte…
Cluzel doit bien se frotter les main ! :-((
Copello
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La vraie question est : Pourquoi les associations ne montent pas au créneau pour exiger que la procédure parlementaire suive son cours ?????
Et autre problème qui devrait également être soulevé avec vigueur par les associations : L’injustice de l’arrêt de l’AAH à l’âge de la retraite pour les handicapé inférieurs à 80% !!!
Sans compter que du fait de cette ignoble discrimination, bon nombre de handicapés vont être comme par hasard rétrogradés à moins de 80% à l’approche de la retraite… Pas d’argent magique, n’est-ce pas ! sauf peut-être pour les copains milliardaires… :-(((

Il serait peut-être temps que les associations se mobilisent enfin sur les fondamentaux !

Copello
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Urgence …faut que tout le monde bouge car nous handicapés vivons dans le désarroi complet…il faut que cette loi passe vite pour l AAH en couple..nous ne pouvons pas vivre dans de telles conditions…pourquoi personne ne fait rien vis à vis de cette discrimination…pourquoi nous malades nous sommes autant pénalisés , qu avons nous fait´pour mériter cela ? Une chose est sure avec ce gouvernement actuel et Cluzel a l handicap rien ne se fera car elle est anti malade…elle ne fait rien du tout à part nous voler notre pognon..

Cette loi d’individualisation des ressources d’AAH du conjoint est indispensable car cette situation conduit à des drames humains. SVP les associations, et Mesdames et Messieurs les députes, (re)montez au créneau pour qu’elle passe….

j’AI l AAH Egalement et je trouve inadmissible avec ce que l on a cotisé que l on se retrouve en dessous du smic

nous payons nos mutuels..

Nous n avons meme pas la prime de noel

meme pas cetteprime du codid car seule et sans enfants a charges..
J en ai vu des RSA dejas qui se regalent car avec cette prime allez hop on changent une tv ou autre

Monsieur Macron devrait mettredes primes de noel et autre prime comme pour les RSA

bonjour macron a augmenté l’aah de 90 euros mais il a repris de la main gauche ce qu’il a donné de la main droite en faisant payé la complémentaire santé 60 euros et en plafonnant l’apl 26 euros et 5 euros en moins faite le calcul.c’est un sournois.

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