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En juin 2015, quelque 468 000 personnes en situation de handicap sont demandeurs d'emploi. Depuis fin 2007, le chômage des personnes handicapées a progressé de 130 % contre 70 % pour l’ensemble de la population active.

Emploi des personnes handicapées : huit ans de naufrage

À quelques jours du lancement de la 19e Semaine pour l’emploi des personnes handicapées, l’Association des Paralysés de France (APF) s’alarme de l’aggravation continue de la situation : près d’un demi-million de chômeurs en situation de handicap pointent à Pôle emploi en cette fin d’année. Un chiffre inédit qui impose, selon l’APF, de « faire autrement ».

« La politique de l’emploi des personnes en situation de handicap est l’un des échecs de la loi du 11 février 2005. » Le bilan « désastreux » dressé ce jeudi 12 novembre par l’APF est attesté par les chiffres : avec 468 000 demandeurs d’emploi en situation de handicap en juin 2015, le chômage des personnes handicapées n’a jamais atteint un tel niveau. Depuis fin 2007, il a progressé de 130 % contre 70 % pour l’ensemble de la population active.

Pourtant, jamais les entreprises en France n’ont accueilli autant de travailleurs handicapés : 572 000 en 2012, soit 123 000 de plus qu’en 2007. Et l’Agefiph, l’organisme chargé de favoriser l’insertion des personnes handicapées dans le privé, affiche des résultats (lire encadré) chaque année meilleurs en termes d’insertion ou de maintien dans l’emploi. 

L'emploi des personnes en situation de handicap 2007-2015

Explosion du nombre de travailleurs handicapés

Hélas, outre les freins bien connus à l’emploi des PSH – niveau de qualification moins élevé, population plus âgée, préjugés des employeurs, etc. –, toutes ses actions positives ne suffisent pas à compenser la progression exponentielle du nombre de travailleurs reconnus handicapées. Selon les dernières estimations de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), 451 000 reconnaissances de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) ont été notifiées en 2012, soit 150 000 de plus qu’en 2007 !

Or, rappelle l’APF, « une déclaration d’inaptitude est synonyme dans 94 % des cas de licenciement et cet arbre cache la forêt des fins de contrats, des démissions ou des ruptures conventionnelles résultant des tensions liées à l’état de santé des salariés au travail ».

Pour un « plan pluriannuel exceptionnel »

Face à cette situation dramatique, l’APF souligne la nécessité de renforcer les actions de prévention de désinsertion professionnelle. Elle appelle les pouvoirs publics à lancer un « plan pluriannuel exceptionnel de lutte contre le chômage des personnes handicapées » comprenant :

  • un programme d’accompagnement renforcé et d’accès à la formation des demandeurs d’emploi ;
  • un plan de développement de l’emploi en entreprise adapté et un pilotage des Ésat avec l’attribution de moyens « sanctuarisés ».

Enfin, l’APF réclame avec force « l’arrêt de la course aux quotas », accélérée par la loi Macron. Celle-ci autorise désormais les entreprises à recourir à des travailleurs handicapés indépendants pour atteindre plus facilement leurs quotas de 6 %. Au détriment de l’emploi direct. Aurélia Sevestre

Les bons résultats de l’Agefiph

En amont de la 19e semaine pour l’emploi des personnes handicapées, l’Agefiph a présenté, lundi 9 novembre, le bilan de ses actions. Tous ses indicateurs sont au vert. Ainsi, au premier semestre 2015 :

  • 31 000 placements ont été réalisés par les Cap emploi (+4 % par rapport à 2014) ;
  • 1 900 créations d’activité ont été soutenues par l’Agefiph (+12 %) ;
  • 10 000 maintiens dans l’emploi ont été réalisés (+11 %).

A propos de Aurélia Sevestre

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4 commentaire

  1. En désaccord total avec votre opinion exprimée au dernier paragraphe concernant la prise en compte dans l’obligation d’emploi des entreprises qui font appel à un travailleur handicapé indépendant pour tel ou tel travail ou prestation. Ces derniers ont eu l’énergie, l’envie de créer ainsi leur propre emploi. Et pas nécessairement faute de mieux.

    • Moi je ne peut parler que de mon vécu après ce n’est que mon opinion , je ne doute en aucun cas que certains patrons aident , embauchent car ils en a , et si je veut retravailler ce n’est pas faute de mieux c’est parce que j’aime travailler c’est clair que tout le monde n’a pas la même opinion sinon ce serais
      monotone . bonne fin de journée

  2. Bonjour , c’est clair qu’être un travailleur handicapé c’est vraiment le parcours du combattant, moi j’ai commencer une reconversion professionnelle en 2010? et aujourd’hui je n’est pas finit ce cursus, en rade complet , on a beau dire que ils faut embaucher des travailleurs handicapés, mais si c’était fait, s’il favoriser aussi les formations et s’ils nous aider plus …. moi je préférerai retravaillé que de rester a me morfondre a la maison sans revenu et moralement j’irai cent fois mieux mais …….

  3. Bonjour,

    Je suis trilingue anglais et allemand. J’ai 2 Master dont 1 en Rh. Et au chômage depuis 2ans. Donc le coup des handicapés non diplômés.. Ma question est à quel type d’handicapé l’entreprise s’attend – t-elle? (Pour celles qui prétendent ne pas en trouver de qualifiés…)

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