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Le 15 février, pour le lancement de la concertation sur la réforme de la politique d'emploi des personnes handicapées aucune association n’était invitée. Elles s'insurgent.

Emploi et handicap : les associations veulent s’assoir à la table de la concertation

Elles souhaitaient y être pleinement associées. Pourtant, les associations de personnes handicapées pourraient bien être les grandes absentes de la concertation sur l’emploi et le handicap lancée le 15 février. Elles demandent à être reçues par le Premier ministre.

Les associations représentatives des personnes handicapées viennent de demander, en urgence, un rendez-vous avec Édouard Philippe. Elles entendent rappeler au Premier ministre que c’est avec elles que se sont construites toutes les politiques handicap. Elles n’apprécient guère en effet de ne pas avoir été conviées à la concertation sur l’emploi et le handicap lancée le 15 février.

 

Sur le fond, tout le monde est d’accord. Avec plus de 500 000 demandeurs d’emploi et un taux de chômage de 19 %, les personnes handicapées peinent toujours à accéder et se maintenir dans l’emploi. Ni dans le privé ni dans le public, elles n’atteignent les taux de 6 % fixés par les lois de 1987 et 2005. Repenser leur politique d’emploi reste donc aussi nécessaire qu’urgent.

Dans ce contexte, le lancement d’une concertation sur le financement de l’insertion professionnelle et l’accompagnement des travailleurs handicapés faisait alors figure de bonne nouvelle. Pourtant, très vite, les associations ont craint d’en être exclues. Apprenant par exemple, l’existence de pré-concertations pour lesquelles elles n’étaient pas sollicitées.

Une demande formelle de participer dès le 5 février

Déjà, le 5 février, huit d’entre elles, membres du conseil d’administration de l’Agefiph et du conseil national du FIPHFP, demandent alors expressément à participer. Dans un communiqué, elles expliquent qu’elles sont concernées au premier chef et se disent prêtes à s’engager activement.

Peine perdue. Le 14 février, veille du lancement de la concertation, la Fnath révèle que les associations resteront dehors. Encourageant les journalistes à interroger les ministres sur les raisons de cette absence.

Une méthode gouvernementale contraire à la convention des Nations-Unies

Dans la foulée, le Comité d’entente, qui réunit une cinquantaine d’associations de personnes handicapées, réclame « une vraie place à la table de la concertation ». Il dénonce une méthode qui ne respecte pas l’article 4 de la convention internationale des Nations-Unies. Article qui prévoit en effet une « participation active des personnes par l’intermédiaire des organisations qui les représentent ».

 

Des divergences sur la représentation du CNCPH

« L’organisme qui est représentatif des personnes handicapées, c’est le CNCPH [Conseil national consultatif des personnes handicapées, NDLR] (…) Il n’y a pas de débat, nous parlons avec les personnes handicapées à travers leur représentation », s’est justifiée Sophie Cluzel.

Les associations ne partagent pas cet avis. « Le CNCPH constitue un espace de dialogue de la société civile sur le handicap, précise Véronique Bustreel, conseillère nationale de l’APF sur le travail, l’emploi, la formation et les ressources. Ce que reflète sa composition puisqu’il compte aussi des syndicats et des personnalités qualifiées. »

Et d’ajouter : « Le CNCPH ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt de la non-représentation et non-participation effective des personnes handicapées. Substituer cette instance aux associations, c’est nier leur travail au quotidien et la parole qu’elles portent. »

Des représentants des personnes handicapées en sous effectif

Outre ce choix contesté du CNCPH, la question du nombre de représentants se pose aussi. Seuls trois de ses membres – sur plus d’une centaine – étaient conviés au lancement de la concertation, contre quatorze partenaires sociaux. La balle est donc maintenant dans le camp du gouvernement. Corinne Manoury

A propos de Corinne Manoury

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3 commentaire

  1. Pour l »emploi des personnes handicapées aussi, la violence de la politique du gouvernement répond aux critères de son grand maître des actions et du pognon. En muselant la voix d »une partie des acteurs œuvrant pour l’insertion des personnes handicapées, le gouvernement viole la démocratie et surtout la genèse de la loi de 2005 qui portait sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Pour promouvoir l’emploi de nos jeunes et de nos moins jeunes avec leur particularité , il est urgent de saisir l’innovation technologique pour les former aux métiers d’aujourd’hui et de demain en évitant les erreurs du passé. Ces erreurs du passé ont fait exploser en grande partie le nombre de bénéficiaires de l’’allocation adulte handicapé complice des pouvoirs successifs.

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