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45 % des patients trisomiques âgés d'au moins 40 ans décèdent lorsqu'ils sont hospitalisés pour cause de Covid-19.

Les personnes atteintes de trisomie 21 décèdent plus souvent du Covid-19

Le risque de Covid-19 sévère augmente nettement chez les personnes atteintes de trisomie 21, femmes et hommes, dès 40 ans. À partir de cet âge, lorsqu’elles sont hospitalisées, elles décèdent aussi souvent que les patients octogénaires. Les médecins leur conseillent de se faire vacciner mais, en France, elles ne pourront pas l’être avant le printemps.

Les personnes atteintes de trisomie 21 doivent-elles être prioritaires pour la vaccination contre le Covid-19 ? Pour Trisomy 21 research society, cela ne fait aucun doute. « En particulier, celles de plus de 40 ans et celles de moins de 40 ans présentant des comorbidités importantes », précise cette association de recherche internationale. Ses membres basent notamment cette recommandation sur les résultats d’une de leurs études  qui apporte des enseignements édifiants sur la survie après hospitalisation.

Un risque de décès accru

L’étude de la T21 RS montre que la part des malades du Covid-19 atteints de trisomie 21 décédant à l’hôpital est supérieure à celle des personnes sans trisomie 21. En rouge, les patients trisomiques, en bleu la population générale, classés par tranche d’âge.

Elle montre que le risque de décès chez les patients hospitalisés à cause du Covid-19 est supérieur chez ceux avec trisomie 21 que sans (voir graphique ci-contre).

Et l’entrée dans la quarantaine marque un basculement. À partir de cet âge, à l’hôpital toujours, « ils présentent un risque de décès similaire à celui des patients sans trisomie 21 âgés de 80 ans et plus ». 45 % succombent.

Davantage de cas d’obésité, de diabète ou de pathologies cardiaques

Une étude anglaise rapporte, elle, en population générale, et pas seulement à l’hôpital, un risque de décès dix fois supérieur chez les personnes trisomiques par rapport à des personnes présentant un profil comparable (âge, sexe, indice de masse corporelle, démence… ).

Une précision importante car davantage de personnes trisomiques présentent des comorbidités favorisant le développement d’une forme sévère de la maladie. Elles sont plus souvent obèses, diabétiques ou atteintes de pathologies cardiaques.

Des pathologies généralement observées chez les seniors

Alors comment expliquer ce sur-risque ? « À partir de 40 ans, c‘est sans doute lié au vieillissement prématuré des adultes trisomiques », avance Renaud Touraine, le chef du service génétique clinique chromosomique et moléculaire, au CHU de Saint-Étienne. Des signes physiques et des pathologies généralement observées chez les seniors surviennent à un âge plus précoce chez les personnes avec trisomie 21.

De plus, chez ces dernières, « le système immunitaire est souvent dysfonctionnant, rappelle Renaud Touraine. Et cela ne s’arrange pas avec l’âge ». Or, les cas graves de Covid-19 sont souvent liés à des perturbations de la réponse immunitaire des malades.

Le docteur Renaud Touraine conseille aux personnes trisomiques de se faire vacciner.

Vaccination conseillée pour tous

« Mais chez des hommes et des femmes trisomiques de moins de 40 ans sans maladie chronique ni comorbidités, le Covid-19 n’a pas l’air d’être, globalement, plus sévère que chez les autres patients, pointe Renaud Touraine. On ne peut toutefois pas exclure une petite surmortalité. »

« Tout ceci justifie de conseiller la vaccination contre le Covid-19 chez toutes les personnes atteintes de trisomie 21. »

Pas prioritaires pour la vaccination, en France  

Selon le Haut conseil de la santé publique (HSCP), les quelque 50 000 Français atteints de trisomie 21 font partie des populations « les plus à risque » de développer une forme grave de Covid-19. Ses experts ont listé la trisomie 21 parmi les situations ou pathologies exposant à un « sur-risque significatif très élevé ».

Pour autant, les personnes trisomiques ne font pas partie des publics cibles de la première phase. Dans une communication du 18 décembre, la Haute autorité de santé préconise simplement que ces patients soient « considérés comme prioritaires pour la vaccination de la même manière que pour les autres patients ayant des comorbidités à risque ».

Si l’on se réfère au calendrier établi par le gouvernement, les Français avec trisomie 21 devraient être vraisemblablement vaccinés lors de la troisième étape. Au printemps, donc. La première, en janvier, concerne les résidents d’Ehpad ; et la seconde, en février et mars, les plus de 75 ans d’abord puis les 65-74 ans atteints de pathologies.

A propos de Franck Seuret

Franck Seuret
Journaliste éco-social et documentariste. Spécialiste de la politique sociale du handicap.

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