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5e baromètre APF de l’accessibilité : 2015, le rendez-vous manqué

5e baromètre APF de l’accessibilité : 2015, le rendez-vous manqué

Publié le 11 février 2014

Se payer un café à Grenoble, visiter un musée nantais et faire ses courses à Caen : voilà le parcours gagnant d’une personne en situation de handicap au regard du 5e baromètre APF de l’accessibilité, dévoilé ce matin. Ces villes s’offrent les trois premières places d’un podium convoité, avec des notes de 18,7, 18 et 17,6/20. Et pour les personnes qui habitent ailleurs ?

La météo de l’accessibilité affiche un radoucissement en 2013 : la moyenne nationale des 96 chefs-lieux de départements auscultés a ainsi gagné un point pour atteindre 14,14/20 contre 13,04 en 2012… Mais, le temps n’est toujours pas au beau fixe à un an de l’échéance de 2015 sur le respect des normes d’accessibilité et la réalité d’une France accessible demeure éloignée. « Pour que la dynamique engagée débouche rapidement, il aurait au moins fallu une moyenne de 16/20 », souligne Nicolas Mérille, conseiller national de l’APF, d’humeur orageuse face à ces mauvais résultats à l’image d’un baromètre qui signale un « avis de tempête ».

Presque 40 ans d’attente et peu d’avancées

Pourtant, la première loi rendant l’accessibilité obligatoire, dans le neuf, date de 1975. En 2005, la réglementation est renforcée, avec l’obligation de mettre aux normes les bâtiments et les moyens de transport existants dans les dix années à venir. Les personnes en situation de handicap s’impatientent -presque 40 ans c’est long (!)- et, avec elles, les associations qui les représentent et défendent leurs droits. « Les collectivités locales, les commerçants, les médecins, les transporteurs ont eu le temps de se préparer. »

À peine une école primaire sur deux accessible et quatre lignes de bus sur dix

Pourquoi un tel retard ? « De trop nombreuses communes n’ont clairement pas pris la mesure des enjeux. Au-delà de l’obligation légale, il est de leur devoir de contribuer à construire une société inclusive, en rendant la ville accessible à tous. Aux personnes handicapées, bien sûr, mais aussi aux seniors dont la part dans la population ne cesse d’augmenter. » Le tiers des villes n’atteint même pas la moyenne pour l’accessibilité des équipements municipaux, l’un des trois critères de notation du baromètre avec l’accessibilité des établissements non municipaux et le volontarisme de la politique municipale. À peine plus d’une école primaire publique sur deux et quatre lignes de bus sur dix sont accessibles.

Pire encore, près de 20 % des mairies n’ont pas encore élaboré le plan de mise en accessibilité de la voirie et des espaces publics, le Pave, obligatoire depuis fin 2009, et 8 % n’ont pas établi le diagnostic de mise en accessibilité de leurs établissements, exigible depuis début 2011. « Comment pourraient-elles respecter l’échéance de 2015 alors que le diagnostic, l’état des lieux et la programmation des travaux ne sont toujours pas finalisés ? Leur irresponsabilité doit être dénoncée. »

Des commerces de proximité soucieux de déroger

Tout comme celle de nombreux commerçants et professionnels de santé qui peinent à atteindre la moyenne. « En dépit des actions de sensibilisation des chambres de commerce et d’industrie (CCI), les commerces de proximité ne se sentent pas concernés. » Disons que, parfois, leurs efforts portent surtout sur la manière de contourner la loi, comme la rédaction de Faire Face avait pu le constater lors d’une réunion d’information à la CCI de Paris, en novembre dernier.

Des libéraux de santé axés sur la visite à domicile

Le 30 janvier, le premier syndicat de médecins généralistes, MG France, s’est, quant à lui, déclaré favorable à une reconnaissance de la visite à domicile comme palliatif à la mise en accessibilité des cabinets médicaux. Suivi par la Fédération des médecins de France. Quant à l’Union nationale des professionnels de santé, elle s’est retirée des travaux de la commission sur la mise en place pratique de la loi de 2005 afin de ne pas cautionner des décisions « irréalistes et insupportables » qui y seront prises. Valérie Di Chiappari et Franck Seuret 

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