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« J’attendais d’United Airlines une vraie solution qui ne m’enlèverait pas mon peu d’autonomie. »
Après que son fauteuil électrique a été endommagé, United Airlines a prêté un fauteuil non adapté au handicap de Valentin Duthion. © DR

« J’attendais d’United Airlines une vraie solution qui ne m’enlèverait pas mon peu d’autonomie. »

Publié le 27 juillet 2017

Le 2 juillet, après un vol Paris-New York sur United Airlines, Valentin Duthion a eu la désagréable surprise de retrouver son fauteuil électrique très endommagé. De retour en France ce jeudi 27 juillet, après vingt-cinq jours et quelque 2 500 kilomètres à travers les États-Unis, le jeune homme de 24 ans, atteint d’une amyotrophie spinale, revient sur son périple et ses désagréments.

Faire Face : Combien de temps vous a pris l’organisation de ce voyage ?
Valentin Duthion : Six mois pour le monter vraiment, réserver les logements accessibles, les billets d’avion et la demande de prise en charge du fauteuil dans l’avion.

FF : Vous en aviez envie depuis longtemps ?
V.D : Plusieurs années. J’avais essayé de partir avec mon université pour mes études mais j’ai été refusé car les matières ne correspondaient pas entre les universités. Cette année, au départ avec mon frère et ma sœur, nous avons décidé de nous lancer et de sauter le pas. Nous avons très vite été rejoints par plusieurs de nos amis ce qui nous a permis de créer l’équipe et le projet Dream Trotter. L’idée ? Récolter des informations sur l’accessibilité et permettre à d’autres personnes via un guide web et papier de tenter l’aventure.

FF : Un tel voyage c’est aussi un gros investissement financier…
V.D : Environ 4 000 € par personne. Nous avons économisé pendant longtemps. Nous avons eu aussi la chance de recevoir un don de 1 000 € du Rotary Club de Lons-le-Saunier (Jura) qui nous a permis de financer les surcouts du van adapté.

Une roue arrachée, une autre désaxée, les vérins endommagés, la manette de conduite tordue, le boîtier d’assistance arraché… : voilà dans quel état Valentin Duthion a retrouvé son fauteuil à sa descente d’avion. © DR

FF : Comment avez-vous été traité par la compagnie aérienne à l’arrivée quand vous avez découvert que votre fauteuil était complètement détruit ?
V.D : Ils nous ont tout de suite dit que c’était de leur faute et qu’ils prendraient en charge les dommages. Cependant, au bout de quelques heures, à l’arrivé du fauteuil électrique de prêt qui n’était pas adapté à mon handicap et notre hésitation à envoyer mon fauteuil chez un mécanicien inconnu sans papier le garantissant, United Airlines nous a clairement posé un ultimatum. Il fallait choisir leur solution ou signer un papier disant que nous refusions leur aide. Au vu de la barrière de la langue et du prix du fauteuil (35 000 €), nous avons été obligés d’accepter leur proposition.

« Nous demandons un dédommagement pour les préjudices subis. »

FF : Qu’attendiez-vous de la compagnie à ce moment-là ?
V.D : Une vraie solution qui ne m’enlèverait pas mon peu d’autonomie et le remboursement total du fauteuil. Après avoir pris conscience de ce que la perte de mon fauteuil engendrait pour moi et pour les autres les premiers jours et du temps que cela nous faisait perdre (échange téléphonique et écrit avec United Airlines – environ deux-trois heures par jour pendant dix jours), nous demandons un dédommagement pour les préjudices subis et les modifications qu’ils ont engendrées pour notre voyage.

FF : La compagnie a dit qu’elle vous dédommagerait. Cela couvrira-t-il le prix du fauteuil cassé ?
V.D : C’est en cours mais normalement oui le fauteuil sera entièrement remboursé ce qui est le minimum. L’engouement derrière notre projet, les réactions engendrées et la pression médiatique ont également accéléré les procédures.

FF : Quel regard portez-vous sur ce qui vous est arrivé ?
V.D : D’abord, je ressens de la colère en réalisant que toutes les démarches téléphoniques, plusieurs mois en amont avec la compagnie, n’ont servi à rien dans la prise en charge du fauteuil. Ensuite, je prends conscience que malgré toutes les prises en charge, une fois sur place nous n’avions aucune solution pour remplacer le fauteuil.

Nous voulions par ce voyage donner quelques clés aux personnes handicapées souhaitant aussi partir aux États-Unis. Nous n’avons donc pas abandonné le projet pour continuer à véhiculer une image positive du handicap et montrer que lorsque l’on est bien entouré, tout est possible.

« Nous n’en avons pas profité aussi pleinement que nous l’imaginions. »

Le groupe des Dream Trotter. © DR

FF : Est-ce que cette mésaventure a gâché votre séjour et celui de vos amis ?
V.D : En relativisant et en étant positif, nous avons eu la chance d’être aux États-Unis. Il est impossible de gâcher totalement un tel voyage. Même si nous n’en avons pas profité aussi pleinement que nous l’imaginions. Heureusement, nous étions nombreux ce qui a permis d’avoir beaucoup de mains et de bras pour se relayer et s’occuper de moi pendant ces vingt-cinq jours.

FF : Avez-vous l’intention de repartir dans un autre pays à plusieurs comme ça ?
V. D : Oui si nos agendas peuvent coïncider et si nos finances suivent aussi. En tout cas, nous aimerions aussi porter notre projet au sein des villes de France en décrivant l’accessibilité, les activités, les améliorations et qualités de chacune, en partageant quelques week-ends ensemble dans l’année. Propos recueillis par Valérie Di Chiappari

2 commentaires

  1. Bonjour,
    Normalement un fauteuil roulant électrique doit être assuré. Cela permet en cas d’accident rendant le fauteuil inutilisable, que les réparations ou le remplacement du fauteuil soit pris en charge par l’assurance. C’est ensuite cette dernière qui se retournera contre la compagnie aérienne dans ce cas. C’est surtout eux qui vous défendront au mieux de vos intérêts.

  2. Décidément cette Compagnie laisse vraiment à désirer ! déjà qu’avoir de gros problèmes de santé et un Handicap moteur ce n’est pas simple, il serait temps de rendre ces « périples » moins contraignants pour la personne qui subit !
    Courage à Mr DUTHION !!!

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