Accueil > Accessibilité > Villeurbanne : le portillon se referme sur la liberté de se déplacer d’un résident handicapé

Villeurbanne : le portillon se referme sur la liberté de se déplacer d’un résident handicapé

Jean-Marie Gros, en fauteuil roulant, ne peux plus ouvrir seul le portillon de sa résidence. Les copropriétaires refusent de financer les travaux d’automatisation qui lui permettraient de retrouver son autonomie.

Jean-Marie Gros s'estime discriminé en raison de son handicap puisqu'il ne peut plus sortir seul de sa résidence, à cause d'un portillon défaillant. © DR
Jean-Marie Gros s’estime discriminé en raison de son handicap puisqu’il ne peut plus sortir seul de sa résidence, à cause d’un portillon défaillant. © DR

« Je ne peux plus sortir de chez moi sans être accompagné et ça ne choque personne ! » Jean-Marie Gros, un retraité de 66 ans en fauteuil roulant, propriétaire d’un appartement dans une barre d’immeuble de Villeurbanne, se retrouve prisonnier d’une situation ubuesque. Depuis septembre 2014, il ne peut plus actionner seul le portillon d’accès à la résidence car le ferme-porte s’avère trop résistant. Il doit donc se faire accompagner ou attendre que quelqu’un ouvre.

La motorisation du portillon coûte 12 € par copropriétaire

« Nous ne pouvons pas faire mieux pour ce qui est du réglage du ferme-porte, au risque de perturber le fonctionnement du portillon, explique la société chargée de sa maintenance. La seule solution serait de le motoriser. » En février 2015, Jean-Marie Gros a donc présenté le projet d’automatisation, au conseil syndical, devis à la clé : 3 212 € pour l’installation – soit 12 € par copropriétaire – et 2 157 € de frais annuels d’entretien – 8 € par copropriétaire.

Le conseil syndical rejette cette solution, jugée trop chère

Trop cher et trop contraignant pour le conseil syndical. « Le devis que vous nous avez fait suivre nécessite la souscription d’un contrat de maintenance supplémentaire et renforcé pour ne pas bloquer l’accès principal à l’immeuble en cas de dysfonctionnement, lui a écrit le syndic de copropriété. Or, la mise en place d’un simple ferme-porte sur le portillon est déjà source de multiples interventions de dépannage. » La proposition de Jean-Marie Gros a donc été rejetée.

L’automatisation serait utile à d’autres habitants

Le conseil syndical lui conseille d’utiliser la porte basculante automatique du garage, en sous-sol. « La pente est trop raide pour mon fauteuil manuel, rétorque-t-il. Le portillon est l’unique passage piétonnier de la résidence. Je demande que le ferme-porte soit mieux réglé ou, si ce n’est pas possible, remplacé, voire, en dernier ressort, motorisé. » Cela soulagerait également les personnes revenant du marché, les résidents âgés, les mamans avec une poussette… Et Jean-Marie Gros pourrait circuler librement. Comme tous les autres copropriétaires. Franck Seuret

Mise à jour, le 23 septembre

Message de Jean-Marie Gros : « Je peux enfin utiliser le  portail de ma résidence… après sept mois de démarches, courriers, courriels, appels téléphoniques, une pétition distribuée dans les 250 appartements de la résidence, un blog en ligne, un entretien avec le Défenseur des droits et un appel médiatique ! Ma requête a été prise en compte lors d’un conseil restreint du syndic. Un petit tour de vis a suffi pour modifier le réglage du ferme-porte. Le PDG de la société de maintenance chargée d’assurer l’entretien du portail s’en est chargé lui-même. Votre soutien et vos conseils m’ont aidé à persévérer dans mes démarches. Je vous en remercie vivement.»

A propos de Franck Seuret

Franck Seuret
Journaliste éco-social et documentariste. Spécialiste de la politique sociale du handicap.

Lire aussi

Un concours photo européen désigne des lieux inaccessibles

Le concours photo du Forum européen des personnes handicapées a dévoilé le 30 novembre ses …

9 commentaire

  1. Avatar

    Est-ce qu’on lui a demandé son avis pour installer ce ferme porte ?

  2. Avatar

    Ce nest pas un cas unique!
    Je suis locataire d’un logement social neuf, adapté, et les portes ne sont pas automatisées et je ne peux accéder à la sortie de mon étage (portes coupe_feu) ni franchir celle de la sortie PMR de l’immeuble de l’immeuble.
    Mes réclamations auprès du baileur n’ont pu aboutir au pretexte que ces portes sont  » aux normes »!
    Je precise que je suis en futeuilroulant manuel et que j’ai donc besoin de mes deux bras pour le manoeuvrer et que je n’en dispose pas d’un troisième pour manoeuvrer la porte!

  3. Avatar

    Ce nest pas un cas unique!
    Je suis locataire d’un logement social neuf, adapté, et les portes ne sont pas automatisées et je ne peux accéder à la sortie de mon étage (portes coupe_feu) ni franchir celle de la sortie PMR de l’immeuble de l’immeuble.
    Mes réclamations auprès du baileur n’ont pu aboutir au pretexte que ces portes sont  » aux normes »!
    Je precise que je suis en fauteuil roulant manuel et que j’ai donc besoin de mes deux bras pour le manoeuvrer et que je n’en dispose pas d’un troisième pour manoeuvrer la porte!

  4. Avatar

    C juste honteux !! mais est ce que les autres propriétaires peuvent se regarder dans la glace le matin ? pauvre France
    Et ce sont les mêmes qui râlent parce qu’on limite les vitesse sur les routes et qu’on les empêche de boire pour conduire !!

  5. Avatar

    Passer au fauteuil électrique, si besoin type bulldozer, pour pouvoir ouvrir ces damnées portes.
    En principe la copropriété ou le bailleur social devraient s’assurer que la force nécessaire pour manoeuvrer ces portes ne dépasse pas les 50 Nm et si ce n’est pas le cas il y a sans doute possibilité d’un recours; à explorer et vérifier.

  6. Avatar

    La remarque de ad.litem est exacte non seulement sur la force des 50 Nm mais aussi pour ce qui est de la poignée devant être manipulable par des personnes tétraplégique par exemple. Au-delà de l’article (faits déjà rapportés par d’autres sources), que peut ou désire faire telle ou telle association. Au-delà des paroles, il y a des actes militants. Parfois.

  7. Avatar

    Bonjour
    Juste une petite précision. Il n’appartient pas au Conseil syndical de prendre la décision, mais à l’assemblée générale des copropriétaires. Tout copropriétaire peut tout au long de l’année demander au syndic , l’inscription d’un point à l’ordre du jour (d’une résolution sur laquelle se prononcer).
    Bonne journée

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial