Waheed Khan : « C’est uniquement dans la relation forte à autrui que l’individu se reconstruit. »

Publié le 7 juillet 2015 par Valérie Dichiappari
Première Lueur a obtenu, en 2016, le prix de la meilleure réalisation au festival Entr'2 Marches, dédié à des courts métrages sur le handicap. @ Ankii Production

Waheed KhanAncien ingénieur du son sur la scène hip-hop, le réalisateur Waheed Khan, 35 ans, vient de tourner son premier court métrage de 38 minutes : Première Lueur. Dans ce film d’amour, la survenue du handicap vient bousculer les équilibres et confronter les personnages à l’idée que tout est toujours en chantier.

Faire Face : Quel est le postulat de votre film ?
Waheed Kahn : Je voulais parler de l’amour à partir d’une épreuve. Le confronter à des réalités fragiles comme le chômage ou la mort d’un enfant et creuser cette question : « L’être aimé sera-t-il toujours là en cas de coup dur de la vie ? » J’aime bien les histoires montrant les oppositions ou les réconciliations.

FF : Pourquoi avoir choisi le handicap comme « coup dur » ?
W.K : C’est l’acteur principal de Première Lueur, Walid Ben Mabrouk, qui me l’a suggéré. Moi, je cherchais à mettre en lumière la tension dans le couple mais je pensais que l’imprévu prendrait la forme du chômage ou de l’adultère. Lui, il avait des amis ayant vécu la survenue violente du handicap.

FF : Que souhaitez-vous montrer ?
W.K : Que c’est uniquement dans la relation forte à autrui que l’individu se reconstruit.

FF : Qu’avez-vous appris sur le handicap ?
W.K : Le sentiment de pitié, de tristesse qui m’habitait face aux personnes handicapées m’a quitté. Pour écrire le film, j’ai dû beaucoup me documenter. J’ai passé ainsi beaucoup de temps au sein du Service de rééducation fonctionnelle de Valenton, dans les Val-de-Marne et j’ai beaucoup échangé avec les patients et le personnel. J’ai aussi un ami handicapé qui m’a beaucoup conseillé. Je suis allé à la rencontre d’un monde que je croyais connaître mais c’était faux.

FF : Ce format de trente minutes n’est-il pas frustrant ?
W.K : Il convient à mon projet de ne pas raconter un cheminement complet mais les débuts. Bien sûr, cela oblige à élaguer énormément, à laisser des personnages de côté, comme celui de la jeune femme responsable de l’accident, mais cela donne aussi une densité, une intensité au film.

FF : Quand pourra-t-on voir Première Lueur ?
W.K : Je suis actuellement en pleine négociation avec des chaînes de télévision dont Arte et Canal+ sans oublier des festivals de courts-métrages. C’est un long processus et la concurrence est rude. Mais je suis déterminé. Propos recueillis par Valérie Di Chiappari

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